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"Une sélection des meilleures expositions à Paris et en Ile de France"

Expo à Paris

Isadora Duncan (1877 - 1927) "Une sculpture vivante"

Au début dès années 1900, introduite dans les fêtes extraordinaires imaginées par le monde artistique parisien, accompagnée au piano par un certain Maurice Ravel une jeune femme danse pieds nus, telle une bacchante couverte de légers voiles. C’est Isadora Duncan. En rupture avec le ballet classique, la jeune américaine charme par sa « manière grecque » d’exprimer le mystère et captive Paris par sa manière nouvelle d’interpréter la musique de Bach, Chopin, Liszt, Wagner … Lorsque Antoine Bourdelle (1861-1929), la vit en 1909 interpréter Iphigénie en Tauride de Gluck, il ne peut réprimer un délicieux frisson ; il sait que se trouve là sur scène une des plus prodigieuses égéries. Dès le lendemain, à l’encre violette ou à l’encre brune, d’un trait nerveux aquarellé ou rehaussé de gouache, Bourdelle dessine « celle qui danserait jusqu’à mourir, sur ses pieds nus, merveilleusement muets » comme l’écrivit Colette. Ce sont les attitudes gestuelles d’Isadora qui inspirent aussi Bourdelle quand il exécute les hauts-reliefs en marbre du Théâtre des Champs- Elysées (1910-1913), œuvre majeure du sculpteur. Au cours de ces mêmes années où Isadora Duncan cherche, s’aventure, invente et triomphe au Théâtre des Champs Elysées, Diaghilev renouvelle ses Ballets qui, au Châtelet, bouleversent le monde artistique par les décors fastueux et les couleurs ardentes des costumes. L’exposition s’articule en cinq volets, restituant le contexte intellectuel et artistique d’une époque, et célébrant la danseuse à travers le regard de nombreux artistes peintres, sculpteurs et photographes (Jacques-Emile Blanche, Giovanni Boldini, Eugène Carrière, Rodin, Edward Steichen…). Le parcours présente environ 35 sculptures, 25 peintures, 150 dessins, 100 photographies, 5 pièces de costumes, une cinquantaine de documents, des extraits de films et s’achève sur les relations nouées par Antoine Bourdelle et Isadora Duncan. Sa mort accidentelle à Nice en 1927, étranglée par son écharpe qui se prend dans la roue d’une décapotable, scellera dramatiquement un destin hors du commun.

Chantal Thévenot

Visuel : Antoine Bourdelle (1861-1929). Isadora, 1909. Plume et encre violette sur papier vélin, 21,9 x 14 cm. Daté en bas à droite à l’encre brune : 1909. Paris, musée Bourdelle. Inv. MB D 3918. © Musée Bourdelle / Roger-Viollet

Archives des expos à Paris
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Du 20 novembre au 15 mars 2010
Musée Bourdelle
Rue Antoine Bourdelle, 75015
Tél. 01 49 54 73 73
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
Fermé le lundi et les jours fériés
www.bourdelle.paris.fr

 Un catalogue abondamment illustré accompagne cette exposition.