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"Des portraits et des interviews d’artistes contemporains et de personnalités du monde de l’art."
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La galerie d'Agora

Emmanuelle Renard. Fictions rabelaisiennes

Emma Renard dans son atelier
E. Renard dans son atelier
E. Renard dans son atelier
E. Renard dans son atelier
Vue de la palette d'E. Renard
série À Sauts et à gambades, 2015
Lisbonne, diptyque, 2016
L'Iguane de Kottakuppam
Série La Cuisine des nécessités
Restes festifs II, 2010
Nature vivante, 2016
Série À Sauts et à gambades
Série À Sauts et à gambades
Sitges II
Atelier Emma Renard
Emmanuelle Renard

Entrer dans l’univers d’Emmanuelle Renard, c’est un peu suivre le lapin blanc et pénétrer, comme Alice, dans un monde extraordinaire de prodiges et de menaces. Un monde tout droit sorti de sa mémoire, de ses rêves, de ses pérégrinations de Vallauris à Pondichéry, de Moscou à Lisbonne…et où l’on croise l’histoire de l’art au fil des toiles.

Un univers fantastique, constitué de fictions, badines, érotiques, cruelles…comme chez Ovide. Elles mettent en scène des êtres aux masques grimaçants, qui se contorsionnent, nus, en proie à leurs fantasmes, à leurs angoisses, à leur vanité. On y voit des Don Quichotte en guerre sempiternelle, des personnages truculents croquant la vie et de pauvres hères en plein questionnement, entourés d’un fabuleux bestiaire (âne, taureau, cheval, serpent, homard, poulet, oursin, iguane), de quelques chimères et de chevaux-jupons issus des arts folkloriques. On se regarde dans un miroir comme chez Goya. On se balance sur des escarpolettes comme chez Fragonard. On s’y embrasse à pleine bouche, on y festoie, on y éructe et on y boit en renversant les verres de vin comme chez Rabelais, avec la puissance tout en fluidité d’un Paul Rebeyrolle. Il y a souvent un homard caché comme chez Dali. Les villages et les ânes volent comme chez Chagall, on croirait même entendre les violons de la musique Klezmer…Il est vrai qu’une discrète musique emplit l’atelier d’Emmanuelle Renard ; elle lui est nécessaire pour créer sa peinture pantagruélique et chaotique, onirique et baroque. Une peinture sérielle, avec son vocabulaire de motifs récurrents : poireaux, tomates, bouquets de fleurs écarlates, théière (elle boit beaucoup de thé), damiers (comme chez Garouste), oursins, qui dévoile les obsessions de l’artiste et révèle –peut-être ses angoisses enfouies, comme en chacun de nous.

Fille du peintre, céramiste, sculpteur et graveur James Coignard (1925-2008), Emmanuelle Renard a d’abord abordé la peinture par l’abstraction au sortir de ses études à la Villa Arson à Nice, avant de se tourner assez vite vers une peinture figurative et expressionniste, "inspirée par le surréalisme", souligne-t-elle. Ses toiles, souvent martyrisées après avoir séjourné au sol et « recueilli toute la vie de l’atelier », sont composées, toujours au sol, avec des couleurs franches, tranchées, mélange d’huile, d’acrylique et d’encre, souvent rehaussées de traits noirs tracés avec poigne et vivacité. Les dessins sur papier sont réalisés à l’encre avec des calames, comme pour la calligraphie. L’artiste travaille toujours sur plusieurs toiles à la fois, certaines mettront des années à « mûrir » avant de sortir de l’atelier, certaines n’en sortiront jamais.

Une œuvre qui bouscule notre regard et nous balade joyeusement dans une mosaïque de passions humaines et d’épopées faites de réalisme piquant et de petits bonheurs. Car s’il y a souvent des oursins dans la peinture d’Emmanuelle Renard, il y a toujours des bouquets de fleurs et les natures ne sont pas « mortes », mais « vivantes » dit-elle.

Texte : Catherine Rigollet (février-mars 2017)
Portraits : photos Lionel Pagès

Visuels : De 1 à 5, 15 et 16 : photos dans l’atelier d’E. Renard : Lionel Pagès ©L’Agora des Arts.
Photos des œuvres : Emmanuelle Renard, sauf photos 7 et 8 : Lionel Pagès.
Photo 6 : série À Sauts et à gambades, 2015.
Photo 7 : Lisbonne, diptyque, 2016. Huile sur toile.
Photo 8 : L’Iguane de Kottakuppam, Inde 2016. Encre de chine et technique mixte sur papier.
Photo 9 : Série La Cuisine des nécessités. 2009-2011.
Photo 10 : Restes festifs II, 2010. Huile sur toile, 175 x 140 cm.
Photo 11 : Nature vivante, 2016. Huile sur toile. 100 x 100 cm.
Photo 12 et 13 : Série À Sauts et à gambades, 2014-15. Encre de chine et technique mixte sur papier, 65 x 50 cm.
Photo 14 : Sitges II, (série Héroïque fantaisie), technique mixte sur toile. 160 x 120 cm, 2014.

Emma Renard dans son atelier Agrandir l'image (pop up)

E. Renard dans son atelier Agrandir l'image (pop up)

E. Renard dans son atelier Agrandir l'image (pop up)

E. Renard dans son atelier Agrandir l'image (pop up)

Vue de la palette d'E. Renard Agrandir l'image (pop up)

série À Sauts et à gambades, 2015 Agrandir l'image (pop up)

Lisbonne, diptyque, 2016 Agrandir l'image (pop up)

L'Iguane de Kottakuppam Agrandir l'image (pop up)

Série La Cuisine des nécessités Agrandir l'image (pop up)

Restes festifs II, 2010 Agrandir l'image (pop up)

Nature vivante, 2016 Agrandir l'image (pop up)

Série À Sauts et à gambades Agrandir l'image (pop up)

Série À Sauts et à gambades Agrandir l'image (pop up)

Sitges II Agrandir l'image (pop up)

Atelier Emma Renard Agrandir l'image (pop up)

Emmanuelle Renard Agrandir l'image (pop up)


Emmanuelle Renard (née en 1963) expose depuis 1985. Elle vit et travaille entre Paris et Pondichéry. Elle a fait des études d’art à la Villa d’Arson à Nice, a signé sa première exposition personnelle en 1985 à Vallauris, où elle a grandi. Depuis, elle expose régulièrement à Paris (galeries Vidal Saint-Phalle, Suzanne Tarasiève, Polad-Hardouin, Univer, Schwab), en Europe et aux États-Unis.

Contact :


emma.renard1 gmail.com
www.emma-renard.fr

Actualité :


- Exposition collective :
Art Karlsruhe
Galerie Christophe Tailleur (Strasbourg)
Du 16 au 19 février 2017
www.galeriechristophetailleur.fr
www.art-karlsruhe.de
- Exposition personnelle :
Galerie Schwab
Du 1er mars au 22 avril 2017
35, rue Quincampoix – 75004 Paris
www.galerieschwabbeaubourg.com