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Henry van de Velde et l’Art nouveau

Bruxelles ne se résume pas seulement à la Grand-Place, au Manneken Pis et aux moules frites. L’architecture locale offre une variété subtile de bâtiments Art nouveau -et Art déco ; des trésors bruxellois signés de grands architectes tels Victor Horta, Joseph Hoffmann, Paul Hankar ou Henry van de Velde. La biennale Art nouveau-Art déco, qui se déroule durant les quatre week-ends d’octobre 2013, offre une belle opportunité de pénétrer dans quelques hôtels particuliers rarement ouverts au public, tel l’étonnant hôtel Ciamberlani construit par Paul Hankar en 1897 avec sa façade en pierres, briques et métal , richement décorée, ses deux immenses baies rondes et son jardin japonais. Et bien évidemment la maison d’Horta qui abrite aujourd’hui le musée éponyme et a conservé ses vitraux, mosaïques, peintures murales et mobilier. Comptant parmi les initiateurs du mouvement Art nouveau, le Belge Henry van de Velde (1863-1957) est particulièrement à l’honneur à l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance, avec une rétrospective de 463 œuvres réunies dans un hall du musée du Cinquantenaire. Peintre de formation, van de Velde a vite orienté sa carrière vers l’architecture et le design. Il a bien fait. Car si ses peintures d’inspiration pointilliste manquent de souffle, son mobilier aux angles arrondis, ses lampes, ses couvertures de livres, ses bijoux et son argenterie aux formes souples et organiques ont l’élégance de la simplicité et la force de la ligne qui a toujours guidé cet artiste talentueux et polyvalent, partisan du concept innovant « d’art total » adopté par le courant artistique belge d’avant-garde, La Libre Esthétique. L’un des chefs-d’œuvre de van de Velde, qui s’est affirmé comme l’un des acteurs majeurs du mouvement moderniste européen et qu’Herta avait vite repéré comme son principal rival, est sans nul doute cette paire de chandeliers à six branches en bronze argenté (1898-1899) qui ouvre l’exposition. Autre pièce phare le grand bureau réalisé en 1934-35 pour le roi Léopold III, récemment acquis par un collectionneur. Une œuvre rare et qui n’était pas exposée à Weimar où l’exposition fut présentée en avant-première. Weimar où van de Velde a créé et bâti en 1905 l’École des arts décoratifs, devenue le Bauhaus en 1919 sous la houlette de Walter Gropius. Une ville qui évoque aussi la vie d’errance de van de Velde, naviguant entre la Belgique, l’Allemagne, la France et la Suisse, toujours en quête de projets et de reconnaissance, doutant souvent, malmené par la critique parfois. Le parcours chronologique de l’exposition lève une partie du voile sur sa vie, ses engagements pédagogiques, ses détracteurs, les artistes de son époque, ses amis comme Kirchner qui a fait de lui un formidable portrait dans la veine expressionniste qui le caractérise. Dans une scénographie « entrepôt » qui permet au regard d’embrasser quasiment l’ensemble des œuvres de van de Velde (mais qui manque d’un bel éclairage et de lisibilité des cartels), l’exposition met en évidence sa production artistique très diversifiée, des meubles aux couvertures de livres en passant par les vases, les tissus, la vaisselle, la décoration d’intérieurs (exceptionnel salon de coiffure créé à Berlin pour François Haby, coiffeur de la cour de l’empereur allemand, Guillaume II) et l’architecture. Une salle à part est consacrée à ses réalisations architecturales : la célèbre villa « Bloemenwerf » à Uccle, plusieurs maisons Art Nouveau à Weimar, le Kröller-Müller Museum à Otterlo, la « Boekentoren » de l’Université de Gand. Des architectures fonctionnelles qui évoluent au cours de sa longue vie, d’un classicisme agrémenté de quelques fantaisies Art nouveau comme la Maison Springmann à Hagen (1909-11)à des formes plus résolument Arts déco, comme la Villa construite à la fin des années 1920 à Wassenaar, pour le couple Kröller-Müller.
Catherine Rigollet
Visuel page expo : Henry van de Velde, Paire de chandeliers à six branches, 1898-1899. Bronze argenté. Exposés à La Libre Esthétique en 1900. Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, inv. 6868-6869. Dimensions : 58,5 x 51,4 x 51,4 cm © Sabam, Belgium, 2013-2014.
Henry van de Velde, Bibliothèque universitaire de Gand et l’Institute for History of Art and Archaeology, vers 1935 © Sabam, Belgium, 2013-2014.

Henry van de Velde. Passion, fonction, beauté
Du 13 septembre 2013 au 12 janvier 2014
Musée du Cinquantenaire
Parc du Cinquantenaire 10 - B - 1000 Bruxelles
Mardi - vendredi : 9h30 - 17h
Samedi et dimanche : 10h - 17h
Fermé les lundis
Tarif expo : 10€
www.mrah.be
 
- Exposition organisée par les Musées royaux d’Art et d’Histoire, en collaboration avec la Klassik Stiftung Weimar.
- Publié à l’occasion de la rétrospective, le livre "Henry van de Velde (1863-1957). Passion/Fonction/Beauté" en constitue le catalogue. 304 pages illustrées. Éditions Lannoo. 45€
- Bruxelles est à 1h22 de Paris avec le Thalys qui propose 25 liaisons quotidiennes entre les 2 villes. À partir de 22€. www.thalys.com
- À voir aussi à Bruxelles :
Le nouveau Musée Fin-de-Siècle.

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