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La Collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir

Ils avaient l’œil ! Sterling et Francine Clark ont réuni entre 1910 et 1950, peintures, dessins, sculptures, argenterie et porcelaines en se fiant à leur goût et aux conseils de marchands d’art comme Durand-Ruel et Wildenstein. En peinture, les Clark aiment tous les artistes « s’ils sont bons dans leur genre ». Leur préférence va aux paysages ensoleillés, aux portraits, aux scènes de genre, surtout si elles comportent de belles jeunes femmes. Commencée à Paris où Sterling et Francine (alors actrice à la Comédie-Française) se sont rencontrés au début des années 1910, la collection s’étoffe très vite grâce aux revenus de Sterling Clark, héritier de la fortune des machines à coudre Singer. Après les maîtres anciens (dont une Madone à l’enfant de Bellini et l’extraordinaire Vierge à l’enfant avec des anges de Piero della Francesca), ils se tournent vers les modernes en commençant par les américains comme John Singer Sargent, puis vers les artistes français. Alors même que la guerre fait rage en Europe, les Clark achètent leur premier Renoir, Jeune Femme au crochet, en 1916. Ils achèteront plus de trente tableaux de l’impressionniste, avec une préférence (judicieuse) pour ses œuvres des années 1870 et du début des années 1880, avant les vilaines « saucisses » de Renoir de la période tardive, ironisa Sterling Clark. Si c’est bien lui qui décide des achats, il accorde une grande valeur à l’opinion de sa femme, lui demande souvent d’approuver son choix, la qualifiant d’ « experte dans l’évaluation des œuvres ». Ensemble, depuis les Etats-Unis où lors de leurs séjours en France (ils possèderont des résidences à Paris et en Normandie), ils vont acquérir des œuvres pré-impressionnistes (Ecole de Barbizon), des peintures de style académique (Bouguereau, Gérôme), mais surtout une grande quantité d’impressionnistes : Edgar Degas, Édouard Manet, Claude Monet, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Alfred Sisley. Dans un testament rédigé en 1946, Clark envisage déjà la création d’un institut pour montrer sa collection. Il prévoit qu’elle pourra acquérir d’autres œuvres d’art, mais seulement d’artistes morts depuis plus d’un quart de siècle. Une décision visant alors à exclure les peintres de l’école de Paris dont Clark pense qu’ils sont surévalués. De nouvelles œuvres ont fait leur entrée dans les collections depuis la disparition des Clark (Sterling en 1956 et Francine en 1960). Les auraient-ils achetées ?
Actuellement en cours de travaux de rénovation et d’extension, le Clark Art Institute ouvert à Williamstown aux Etats-Unis en 1955, fait tourner dans le monde une exceptionnelle sélection de ses œuvres de la peinture française. Seule étape française, le musée des impressionnismes à Giverny accueille soixante-douze tableaux, dont plusieurs pièces majeures de Degas, Manet, Monet, Morisot, Pissarro, Sisley et surtout Renoir, le point fort de la collection Clark.
Catherine Rigollet

Du 12 juillet au 31 octobre 2011
Musée des Impressionnismes
27 620 Giverny
Tous les jours, de 10h à 18h
Tél. 33 (0) 232 51 94 65
www.mdig.fr
- Le catalogue de l’exposition est consacré à l’ensemble de peintures françaises (des paysages de l’école de Barbizon aux expérimentations du post-impressionnisme), extrait de la remarquable collection de tableaux européens du Sterling and Francine Clark Art Institute. (Edition Skira, 240 pages, 39€)

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