Source
Une immersion photographique voluptueuse et symbolique dans les sources chaudes du Japon où l’eau ressource le corps et l’esprit.
Depuis sa jeunesse passée au Mali et au Sénégal où elle s’est initiée à la photographie, Lucille Reyboz se passionne pour le lien secret et étroit entre l’homme et la nature. Partageant sa vie entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, la jeune femme s’est installée depuis un an au Japon attirée par ce pays où cohabite modernité, culte des ancêtres et croyance dans les dieux de la nature. Dans sa dernière série consacrée aux sources, ces vasques emplies d’eaux chaudes jaillies de la terre, elle a su saisir toute la sérénité, la poésie et la beauté de ces femmes venues se ressourcer le corps et l’esprit. Si l’esthétisme d’une construction extrêmement travaillée des images s’impose d’emblée, le spectateur se sent vite enveloppé par un doux sentiment de solitude et la quiétude émanant de ces corps lisses et des chevelures noires baignant voluptueusement dans ces eaux bleutées et amniotiques évoquant la matrice originelle. Toujours à la recherche de ce sentiment animiste étroitement lié à la nature et aux saisons, Lucille Reyboz poursuit aujourd’hui son errance photographique à travers le Japon. Parallèlement, elle continue son travail de portraitiste de musiciens, notamment dans les milieux du jazz pour les labels « Blue Note », « Verve » et la musique africaine. Elle publie régulièrement des reportages dans divers magazines et des livres, tel « Source » paru aux éditions de la Martinière en 2007 et qui a pour décor les sources chaudes (on-sen) au Japon et les bains dont la conception actuelle est encore très liée à un animisme de l’eau. Elle expose régulièrement (Visa pour l’image à Perpignan en 2001, musée Barbier-Muller à Genève en 2003-2004, chez Phillips de Pury & Cie à New York en 2007). Une artiste pleine de sensibilité et de richesse intérieure.
Catherine Rigollet (Janvier 2008)
Copyright : photographies de Lucille Reyboz. Portrait de Lucille Reyboz © Karine Laval.