L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger
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La galerie de l'Agora des arts

Montier

En virtuose du dessin et de la perspective, ce jeune artiste revisite l’univers urbain en peignant des vues panoramiques d’architectures étrangement déformées et dans un style qui flirte avec la BD américaine.

« L’architecture, le plus noble des arts ». Fasciné à extrême, Montier, jeune artiste figuratif de 31 ans, ne mâche pas ses mots pour ce que peut produire l’architecture : « un art antique, monumental, populaire et toujours aussi vivant », surtout sous sa plume. Les lignes dansent, les architectures se déforment, se contorsionnent, et nous renvoient d’elles une image mystérieuse. Vivre dans la petite station balnéaire de Luc-sur-Mer en Normandie n’en fait pas moins un inlassable promeneur urbain. Cet admirateur de villes à l’architecture imposante, du style le Havre et New York, s’amuse à les revisiter à sa manière, de manière panoramique. Dans un style hérité des BD américaines et un format quasi cinématographique, variant les ambiances entre sombres années 1930 ou joyeuses seventies, il peint des scènes de nuit ou de jour, sans âmes qui vives (c’est là qu’il est le plus convaincant), ou étrangement hantées par quelques bombes sexuelles façon Lara Croft, le phénomène de Tomb Raider en version bande dessinée. Des intrusions de vies qu’il envisage aujourd’hui d’abandonner. On pourrait trouver à mon travail des références artistiques à Utrillo, Léon Météyer, ou encore sans comparaison Edward Hooper et plus prés de nous Tardi, qui causa le choc de ma vie lorsque je découvris son livre en noir et blanc sur La Banlieue des années 1950 », souligne Montier. Issu de l’école d’arts graphiques de Lisieux, Montier peint exclusivement à la gouache sur d’épais contrecollés qu’il vernit, une technique qui convient bien à la précision de ses détails. Dans Promenade dans la ville oubliée, sa première grande expo à Caen en 2005, il rapprochait les architectures de la cité caennaise d’avant-guerre et celles d’après la reconstruction. L’année suivante, il livrait un autre gros projet, le plus passionnant à ses yeux : Le Havre, ville-monde, comparant la cité d’Auguste Perret, désormais patrimoine de l’humanité, à d’autres villes du monde. Ainsi ce diptyque Le Havre et son Volcan, salle de spectacles conçue par Oscar Niemeyer et Brasilia dessiné par le même architecte. Actuellement, Montier prépare une exposition avec de grandes pièces panoramiques sur Le Havre et New York, afin de rappeler la connexion entre les deux villes et la mémoire des transatlantiques et projette déjà de s’attaquer à la banlieue parisienne et à son urbanisme aussi riche qu’anarchique.

Catherine Rigollet (Octobre 2008)

Photographies : ©Montier