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La galerie de l'Agora des arts

Natalie Ayala

Les oubliés de l’Amazonie

Cette photographe franco équatorienne indépendante, qui collabore à des journaux équatoriens et français (La Vie, VSD, Libération…), a entamé en 2005 un reportage photographique sur les ethnies en Équateur, leurs conditions de vie, leurs difficultés, leurs traditions et leur territoire. Dans le nord de l’Amazonie équatorienne, il est saccagé par 42 ans d´exploitation pétrolière. Un désastre écologique qui se double d’une violation des droits économiques et sociaux et d’un péril sanitaire et que cette reporter-photographe souhaite dénoncer en donnant visibilité et parole aux sans voix oubliés, notamment celles des Kichwa dans ce reportage réalisé entre 2006 et 2008. Face à ses photographies à la fois belles et terrifiantes, Natalie Ayala raconte : « Lidya vit à Rumipamba, en Équateur, son bébé à vécu trois jours. Elle récupère de l’eau de pluie pour cuisiner qui est souvent grise avec un goût de fumée. La lagune de son village est un poison lent : un puit de pétrole a été ouvert en 2004, 500 mètres plus haut. L´Amazonie Équatorienne était encore vierge en 1960. Aujourd´hui, elle est traversée par de nombreuses routes, des oléoducs parfois brûlants surgissent du sol. La région a une importance planétaire vitale : elle est la principale réserve d´eau douce au monde. L’eau, l’air, la terre sont contaminés par les conséquences de l’exploitation pétrolière intensive. Dans cet enfer, les ethnies ont développé des maladies inconnues jusqu´alors : cancer, leucémie, infections respiratoires…Selon de nombreux scientifiques internationaux « il n’existe aucun montant d’argent qui compensera le peuple pour la perte de l’écosystème, qui ne pourra jamais retrouver son état originel. » Rien ne remplacera le mal qui a été fait, les vies perdues, les cultures traditionnelles disparues. Des routes ont été ouvertes, et, avec elles, est entrée en Amazonie la perte identitaire pour de nombreuses ethnies isolées. » Elle repart dans quelques mois en Equateur poursuivre son enquête pour tirer la sonnette d’alarme et sensibiliser l’opinion publique internationale.

Catherine Rigollet (Septembre 2009)