L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger
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La galerie de l'Agora des arts

Sébastien Kito

À cheval entre deux cultures et deux philosophies, l’Orient du Japon et l’Occident du Dauphiné, sans cesse en questionnement sur son œuvre, Sébastien Kito cherche sa voie, prend toutes les directions, ne s’interdit rien. Du zen bouddhiste il a ce goût pour une esthétique simple, dépouillée, graphique qui l’a fait adopter le verre noir après avoir tenté la couleur. Pour une interrogation sur le vide et le plein, le ma japonais qui désigne cet intervalle spatial ou temporel entre deux choses et qui habite toutes ses œuvres. Pour la sculpture épurée qui tend à devenir un trait architectural. Pour la recherche du cosmos car ses traits se courbent comme la terre est ronde. Du Dauphiné, l’homme Kito garde les pieds enracinés dans cette terre, celle du vin et des agapes, du rire gourmand, des jeux de mots, de la fête et des rêves de gloire. Né en 1963 à Paris, Sébastien Kito suit d’abord les traces de son père Akira Kito, qui fut l’un des plus importants artistes japonais du Paris d’après 1945, en étudiant la peinture. Il est admis en 1985 à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Espérant retrouver l’esprit du groupe Cobra auquel son père avait participé dans les années cinquante, il fréquente l’atelier de Pierre Alechinsky. Dans le même temps, il travaille pour des artistes du Nouveau-Réalisme, notamment Raymond Hains dont il devient l’assistant dès 1983 et qu’il considère comme son père adoptif. Enrichi de ces fructueuses rencontres, il trouve sa propre voie, ce sera la sculpture après avoir découvert le plaisir du volume en créant des paravents, sa tentation orientale. Il se confronte au métal, puis au verre, dans des formes qu’il découpe et assemble en Couple cosmique, Famille, Nuages, Prismes ou ces nombreux Arbres dont les branches se déploient autour d’un pivot central. Libres de tourner au gré du vent ou des mains, elles transforment chaque œuvre en structure recomposable. Qu’elles soient porteuses de réminiscences anthropomorphiques (Phallus), animalières (Ganesh), cosmiques (Nuages) ou végétales (Cactus), les sculptures de Kito sont chargées d’émotion et puissantes, malgré leur finesse, leur simplicité et leur économie de moyens, confirmant l’ambition de l’artiste de « faire quelque chose de grand avec rien ».

Catherine Rigollet (mars 2011)