L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger
"Une sélection de livres et de DVD sur l’art pour en savoir plus"
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Les livres

En couleurs et en lumière.

La couleur est entrée tardivement dans la pratique photographique. Il a fallu pour cela attendre l’invention du procédé autochrome. En 1903, Les frères Lumière déposent le brevet de l’Autochrome, diapositive en couleurs sur plaque de verre qui constituera le premier procédé photographique couleurs accessible au grand public. Cette invention est accueillie avec grand retentissement, tant, depuis la divulgation du daguerréotype en 1839, la couleur apparaissait comme l’élément manquant, l’objet de toutes les quêtes. À partir de 1907, la production industrielle d’autochromes et sa commercialisation vont impulser une nouvelle manière de représenter le monde et de composer les images. Les liens avec la peinture, notamment l’impressionnisme, se tissent à nouveau, à travers le rendu de la lumière et des variations atmosphériques mais aussi des choix iconographiques. La Normandie, terre rêvée des artistes pour sa lumière et ses ciels changeants, fut une région largement explorée par les photographes professionnels et amateurs. L’exposition En couleurs et en lumière (du 27 avril au 29 septembre 2013 au musée de Normandie de Caen) présente une sélection inédite de plaques autochromes, issues de collections publiques et privées prestigieuses (Musée d’Orsay, Société Française de Photographie, Cinémathèque Robert Lynen, Musée Albert-Kahn, Archives départementales de la Manche). Paysages, monuments, portraits et scènes de genre, photographiés pour la première fois en couleurs, illustrent les liens ténus entre photographie couleur, impressionnisme et néo-impressionnisme. Ce très bel album les réunit, accompagnés de textes explicatifs.

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Ouvrage collectif. Sous la direction de Céline Ernaelsteen et Alice Gandin
Catalogue de l’exposition du Musée de Normandie à Caen, du 27 avril au 29 septembre 2013
Skira Flammarion, 2013
176 p., 29 €
ISBN : 9782081300323


Sur les barques de Braque

Les barques ne sont généralement pas considérées comme l’un des thèmes majeurs de l’œuvre de Georges Braque (1882-1963). Pourtant, l’artiste a peint plus de 70 tableaux sur ce motif, essentiellement en Normandie, à Varengeville où il s’est installé en 1928. Des barques vides d’occupants, qui ne voguent pas, mais sont échouées au pied des falaises, sur les plages, le plus souvent sous de gros nuages noirs, dans un style d’une extrême simplicité et dans une palette plutôt sobre, voire sombre. Braque a gardé le cubisme, mais a définitivement abandonné le fauvisme pratiqué sur les bords de la Méditerranée. Ce petit livre d’art d’Edouard Dor interroge cette étonnante série de barques, posant la question de son message, notamment celui d’une évocation de l’ultime traversée. Pour Edouard Dor, les barques de Braque relèveraient donc autant de l’introspection que de l’observation de la réalité. Au fil d’une vingtaine d’œuvres, il nous embarque dans chacune, scrutant chaque mise en scène pour en déceler le sens caché, la référence à l’histoire de l’art (on y croise Courbet, Chardin et Cézanne notamment), guettant ici les angoisses du peintre, là sa créativité conquérante. Une analyse inédite et captivante, publiée à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Braque.

C.R

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Par Edouard Dor
Editions Michel de Maule
Format 160x210
90 pages
ISBN : 2-87623-460-4
20€


Extramuros. Chroniques d’un globe-painter

De Paris à Bombay, Pékin, Hong Kong, Santa Cruz, Hô-Chi-Minh-Ville, Dakar ou Bethléem, Seth (Julien Seth Malland) peint sur les murs, généralement en collaboration avec des street-artistes locaux, voire même avec la participation des habitants. Chaque peinture parle du lieu dans lequel elle est réalisée, s’y intègre après avoir été lentement pensée, partagée, pour que l’artiste soit certain qu’elle soit acceptée et plaise à ceux qui vivront avec. Il s’agit souvent de petits personnages, colorés, simples, inspirés par la vie du quartier comme cette femme en sari rose portant un poisson, qui illumine ce mur lépreux d’un quartier commerçant de Bombay. À Pangukrejo (Indonésie), village dévasté par une récente éruption du volcan Merapi, avec l’aide de jeunes filles à qui il apprend à dessiner, Seth met de la couleur sur les murs pour casser la grisaille ; les gens des villages voisins affluent pour demander que leurs maisons soient pareillement décorées. Ce livre retrace ses deux premières années de périples et des centaines de créations. Emportant toujours avec lui matériel de peinture, appareil photographique et stylo, ce quadra diplômé des Arts Déco Paris, qui se veut autant artiste que reporter en quête de partage, ne montre pas seulement les œuvres réalisées, mais l’environnement autour, ce qu’on ne voit généralement pas et ceux qui vivent là. Comme un carnet de voyage, il raconte, au fil des jours, le contexte de chaque peinture, les rencontres, des tranches de vies, des anecdotes.

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Par Julien Seth Malland
Ed. Alternatives - 2012
256 pages (dont un cahier de 16 pages de croquis)
29,7 x 21cm / Cartonné
32€


Frida Kahlo. 1907-1954. Portrait d’une identité

Cet ouvrage révèle le portrait d’une artiste dont l’histoire personnelle a rencontré l’Histoire et dont l’œuvre transcende les époques et les frontières.

Dans la plupart des ouvrages consacrés à l’artiste mexicaine Frida Kahlo (1907-1954), ses tableaux sont essentiellement analysés sous l’angle biographique. Il est vrai que la place importante des autoportraits y a largement contribué, tout comme l’histoire de sa vie, faite d’atroces souffrances physiques et psychologiques liées à la poliomyélite, puis à un terrible accident dans sa jeunesse qui hante toute son œuvre. Pour autant, Frida Kahlo fut témoin d’un des événements majeurs de l’histoire du Mexique contemporain : la Révolution de 1910-1920. C’est dans ce contexte spécifique que débute, en 1926, sa carrière artistique. En 1928, c’est déjà bien intégrée parmi les artistes et intellectuels communistes de Mexico, qu’elle rencontre Diego Rivera, lors d’une réunion politique ; devenant sa troisième épouse en 1929. Pressée par Breton de rejoindre le mouvement Surréaliste, elle refusera d’être assimilée, déclarant ne pas peindre ses rêves, mais sa propre réalité et détester ce qu’elle juge comme une « manifestation décadente de l’art bourgeois ». Elle s’interroge alors sur sa peinture, se demandant comment la transmettre pour qu’elle devienne utile au mouvement révolutionnaire. Diego Rivera la convainc que la dimension politique et sociale de sa production réside justement dans son caractère intime. D’ailleurs, à l’époque où ses contemporains s’interrogent sur les fondements de la nation mexicaine, ses autoportraits mettent en évidence son métissage issu du double héritage culturel, fusion des apports indigènes et espagnols. Décédée le mardi 13 juillet 1954, à 47 ans, Frida Kahlo laisse 173 œuvres, dont 75 autoportraits. Cet essai a pour objet de démontrer que, si sa démarche artistique est soumise à des motivations personnelles et témoigne des événements marquants de sa vie, elle contribue de manière originale à la construction et la diffusion d’un imaginaire national postrévolutionnaire. Ouvrant sur une biographie de l’artiste et une analyse des caractéristiques générales de son œuvre, le livre de Rachel Viné-Krupa s’appuie sur un corpus iconographique de quinze autoportraits qui embrassent l’ensemble de sa production.

C.R

- Le musée de l’Orangerie, en collaboration avec le musée Dolorès Olmedo de Mexico, consacrera du 9 octobre 2013 au 13 janvier 2014 une grande exposition au couple d’artistes mexicains Frida Kahlo/Diego Riviera : l’art en fusion.

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De Rachel Viné-Krupa
Ed. Hermann
Collection « Savoir arts »
dirigée par Arthur Cohen
174 pages – 14 x 21 cm – 2013
ISBN : 978 2 7056 8443
Prix : 19,90€


Les galeries d’art contemporain à Paris

Les marchands d’art ont joué un rôle croissant dans la découverte, la valorisation et la consécration des artistes contemporains à partir du milieu du XIXe siècle, au côté des critiques, des historiens et des collectionneurs. Daniel-Henry Kahnweiler disait que « les grands artistes font les grands marchands », Picasso inversait le propos en soulignant : « que serions-nous devenus si Kahnweiler n’avait pas eu le sens des affaires ? » Julie Verlaine, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a consacré une thèse de doctorat sur ces marchands, en s’intéressant plus particulièrement à l’histoire culturelle du marché de l’art, de 1944 à 1970. Cette version remaniée, publiée en décembre 2012 et abondamment documentée retrace l’histoire sociale et culturelle du commerce d’art parisien après la Libération, en centrant le propos sur les intermédiaires que sont les marchands d’art. Peu de travaux, parmi la multitude de ceux qui traitent de la vie artistique des années d’après-guerre (tel le remarquable ouvrage de Raymonde Moulin publié en 1967, Le Marché de la peinture en France, Ed. de Minuit) ont pris comme unique objet d’analyse les galeries d’art. Expliquant la perte d’influence des récompenses académiques et le rôle croissant pris par les galeristes, Julie Verlaine raconte le bouillonnement artistique des années 1944-1952, la querelle entre abstraction et figuration, les oppositions rive droite rive gauche, les prises de risque des galeries parisiennes (on dénombre 168 galeries d’art moderne et contemporain en 1951 concentrées dans les 6è et 8è arrondissements, et 296 en 1971). Elle dissèque la crise du marché de l’art entre 1962 et 1965, le rétrécissement de l’influence internationale de l’art parisien et de ses galeries face à la montée en puissance de l’hégémonie newyorkaise. Elle brosse surtout avec précision le portrait des marchands d’art : qui le devient ? Comment le devient-on ? Elle nous fait pénétrer à l’intérieur des galeries d’art contemporain, révélant des itinéraires, montrant sur quel deal fonctionne le couple marchand-artiste, dévoilant les méthodes des marchands pour accompagner la toile de l’atelier de l’artiste aux murs des amateurs ou des musées, pour promouvoir une création contemporaine en une œuvre reconnue, autrement dit pour lui attacher une valeur économique, et esthétique. La contestation exprimée autour de 1968 contre le système marchand révèlera le désir d’autres acteurs du monde de l’art de se passer des galeries et les limites de leur efficacité. Du marchand d’art au galeriste, un autre métier a-t-il alors émergé ?

C.R

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Par Julie Verlaine
Publications de la Sorbonne
Déc. 2012
16 x 24, 585p.
25 €
ISBN 978-2-85944-723-6


Chacun sa maison : Paul Chemetov

Dans ce livre édité à l’occasion de l’exposition Chacun sa maison à la Cité de l’architecture et du patrimoine, du 13 septembre au 11 novembre 2012, l’architecte raconte la saga d’une quinzaine de projets de maisons qu’il a conçus entre 1962 et 2012.

Edité par le Père Castor au début des années 30, Chacun sa maison, album illustré par Alexandre Chem a peut-être influencé la carrière de son fils, le célèbre architecte de Bercy, « paquebot » du Ministère des finances amarré sur la Seine, il lui a en tout cas soufflé le nom de l’exposition qui présente des maisons qu’il a construites entre 1962 et 2012, en dehors du flux des modes. Non pas des « maisons d’architectes », comme il tient à le souligner, mais des maisons, extensions ou réhabilitations de maisons, ateliers faits par un architecte pour des amis ou des clients devenus souvent des amis. Chacune est unique, construite en fonction des contraintes du terrain et du climat, des façons de vivre de chacun et de leurs moyens. Ainsi les Smith lui demandèrent que leur maison d’Arles soit en rez-de-chaussée, moderne, avec une très bonne isolation compte tenu du mistral et une salle à manger au nord-ouest car la vue est belle. Pour un mazet ardéchois (une ruine antique en pierres sèches), le souhait fut de préserver le volume du mazet dans son état d’origine, les maçonneries ne non rejointoyées. Pour respecter ce choix, une boîte fut construite dans cette enceinte : panneaux de contreplaqué de peuplier isolés construits en atelier et assemblés – sans toucher les murs dans le mazet. Chacun des projets exposés est ainsi l’occasion de raconter une histoire, préciser les défis techniques, rappeler qu’il fut un laboratoire d’idées, un « filet à papillons capturant d’autres références », un dessein nourrissant les suivants, petits et grands. Trois des projets exposés sont un peu exceptionnels, il s’agit de la maison Sterckeman (inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2001), un genre de mobile-home conçu en 1972 et qui doit beaucoup au travail de Jean Prouvé pour l’abbé Pierre ; la maison pour Phénix en 1992-93, exposée au grand public devant la gare Saint-Lazare, il y a vingt ans et que le constructeur n’éditera qu’à 12 exemplaires, malgré 2 500 demandes de clients et un immeuble de 11 logements, surprenante surélévation d’un immeuble de 1904, et sur la terrasse duquel Chemetov installa son propre logement en 1967, un duplex de 140m².

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Skira Flammarion - 2012
192 pages
35,5€


Renaissance

Pour sa première exposition temporaire, le nouveau Louvre-Lens a choisi de mettre en lumière le foisonnement artistique de la Renaissance, époque déterminante dans les arts, et de le faire connaître à un très large public. « Le sujet est vaste » convient Xavier Dectot, directeur du musée Louvre-Lens. Parti a donc été pris d’aborder de manière très générale le phénomène de la Renaissance au XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle, en Italie et dans le Nord de l’Europe, sans aller jusqu’au maniérisme dont le développement justifierait une exposition spécifique.
L’exposition s’intéresse principalement à ce moment d’ouverture vers le monde, d’échanges, d’influences réciproques entre les pays, de mutation intellectuelle que constitue la Renaissance. Elle le fait déjà en montrant la place des artistes dans la société, leurs voyages, leur conscience d’être artiste (avec la multiplication des autoportraits), leurs mécènes. Puis elle aborde les nouvelles représentations du corps, du visage et de l’espace à la Renaissance, le modèle antique, les techniques nouvelles dans la gravure, l’horlogerie et les arts du feu, terminant sur l’art de vivre et François 1er, prince collectionneur et mécène. Tous les plus grands artistes sont représentés, au premier rand Léonard de Vinci avec la Sainte-Anne (récemment présentée au Louvre) et Albrecht Dürer avec l’Arc de triomphe de l’Empereur Maximilien Ier (ensemble considérable de gravures sur bois inspirées de l’esthétique antique) ou encore ce beau Portrait de l’artiste tenant un chardon. Sont également exposés La Décollation de Saint Jean-Baptiste et le banquet d’Hérode de Fra Angelico, le célèbre Portrait d’Érasme écrivant d’Holbein, Vénus et trois putti de Botticelli, œuvre sur bois spécialement restaurée pendant trois ans pour l’exposition, la superbe Vénus debout dans un paysage de Cranach, le portrait de François Ier par Titien, Apollon et le berger Daphni, rare création profane de Pérugin (détail en couverture du catalogue) ou encore l’Autoportrait de Tintoret. Au total, 270 œuvres (peintures, sculptures, gravures, médailles, livres, objets d’art et d’ameublement…), en provenance principalement du musée du Louvre à Paris, ont été choisies pour illustrer la Renaissance, sélectionnées davantage pour leur valeur artistique qu’historique et « sans dégarnir trop largement les cimaises du musée parisien » précise Geneviève Bresc-Bautier, commissaire générale de l’exposition. Un défi sachant que le Louvre-Lens a déjà puisé dans lesdites collections pour garnir sa Galerie du Temps d’œuvres qui y seront présentées de un à cinq ans avant de regagner leur place dans les départements du Louvre.

Catherine Rigollet

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Catalogue de l’exposition "Renaissance. Révolutions dans les arts en Europe, 1400-1530". Du 4 décembre 2012 au 11 mars 2013 au Louvre-Lens.

- Ouvrage collectif sous la direction de Geneviève Bresc-Bautier
Broché 23 x 29 cm, 352 pages, 300 illustrations

- Co-édition Somogy Editions d’art/Louvre Lens
39,00 €


Les patrimoines de France

La somme est impressionnante dans l’esprit de la collection des guides qui ont fait la réputation des éditions Gallimard. Partenaire de l’Association nationale des villes et pays d’art et d’histoire et des villes à secteurs sauvegardés et protégés, l’éditeur n’a eu qu’à piocher dans le réservoir inépuisable du très riche patrimoine français. D’Aragon (Aude), et ses 453 habitants, à Paris, chacun des 126 villes et pays de cette encyclopédie est traité sur le même pied d’égalité puisque le guide leur consacre deux pages, l’une pour la présentation topographique et historique, l’autre pour un gros plan sur une action particulière dans le domaine de l’évolution patrimoniale. Une introduction de 100 pages aborde à la fois l’histoire de la préservation du patrimoine, les différents labels de protection, les acteurs et les métiers du patrimoine. Des annexes pratiques complètent cette somme qui fera date dans l’histoire de l’édition et du patrimoine, fer de lance de l’économie touristique d’aujourd’hui.

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Les patrimoines de France
126 villes et pays d’art et d’histoire, villes à secteur sauvegardés et protégés.
Collectif
Ed. Gallimard, Les Encyclopédies du voyage
696 p. 1000 ill.
35 €


Célébration du bijou

Ce livre en coffret, véritable objet d’art qui s’adresse aux amoureux des pierres précieuses, ne réunit pas seulement les photographies des bijoux les plus exceptionnels des XIXe et XXe siècles, c’est aussi un livre d’histoire de la joaillerie sur les deux derniers siècles. Les plus grands créateurs y sont présents, Boucheron, Bulgari, Chaumet, Lalique, Schlumberger, Van Cleef & Arpels ou Cartier avec l’une de ses célèbres panthères en diamants, émeraudes et onyx dont raffola la duchesse de Windsor. Tous les bijoux reproduits pleine page dans cet ouvrage sont accompagnés de légendes détaillées sur leur histoire et leur composition, de cet étonnant pendentif Bacchus en or, inspiré de l’art étrusque et attribué à Castellani vers 1870, à ce spectaculaire collier en diamants, perles, émeraudes et rubis Van Cleef & Arpels créé dans les années 1960 et inspiré des thâlis hindous traditionnels, en passant par un superbe étui à cigarettes de Raymond Templier, aux formes architecturales et industrielles des années 1920-1930.

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Par David Bennett et Daniela Mascetti
Editions La Bibliothèque des Arts, 2012
304 pages
250 illustr. couleurs
Relié sous étui
85€


Lumière et architecture

La lumière est le premier des quatre éléments de base de l’architecture que Le Corbusier énumère dans son traité Vers une architecture, écrit en 1923. Avant lui, la prise en compte de la lumière dans l’architecture s’impose depuis la pyramide du Soleil de Teotihuacán. Composante fonctionnelle et esthétique majeure des cathédrales du Moyen Age, des châteaux Renaissance et aujourd’hui de toutes les architectures, elle est indispensable à la mise en valeur d’un édifice ou d’un intérieur. Ces dernières années, son utilisation est devenue plus créative et plus vivante que jamais, grâce entre autres à des innovations technologiques révolutionnaires. Non seulement ces progrès ont permis une approche plus artistique du domaine, mais le design de l’éclairage est devenu partie prenante des concepts d’économie d’énergie. Ce livre présente 123 projets d’architectes et de designers dans lesquels l’emploi de la lumière tant naturelle qu’artificielle joue le premier rôle. Du showroom C42 de Citroën à Paris à la tour de contrôle aérien de Vienne, en passant par le Conga Room à Los Angeles , l’hôtel W à Londres, le Zebar à Shanghai ou la joaillerie Koukjian à Beyrouth, etc. toutes les réalisations possibles et imaginables en matière de création d’éclairage sont ici abordées.

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De Chris van Uffelen
Ed. Citadelles & Mazenod
440 p. 550 ill. coul.
69€


Festins de la Renaissance

L’art de bien manger en France –et de se mettre à table- remonte au moins à l’époque médiévale si l’on s’en réfère aux plus anciens manuscrits en la matière : Le Viandier de Taillevent, dont les premières versions remontent à 1320 et le Ménagier de Paris, rédigé vers 1390 par un bourgeois parisien. La Renaissance va ériger la gastronomie au rang des beaux arts et les arts de la table en art de vivre (dans l’aristocratie et la grande bourgeoisie cela va sans dire). Tandis que le festin, synonyme d’abondance et de diversité de mets apparaît comme un moyen d’exprimer et de manifester le pouvoir, les habitudes de la table évoluent, le « couvert » moderne fait son entrée, le raffinement des manières de table va de paire avec la mise en scène des plats, les livres de recettes de cuisine se diffusent largement, l’alimentation se modifie avec l’introduction des légumes, du beurre et du sucre. L’iconographie en matière de festins est abondante et donne lieu à un festin d’images comme le Banquet du couronnement d’Anne de Bretagne (1504) où chaque convive dispose d’un poulet entier dans son assiette, cette appétissante et très réaliste Nature morte avec du pain, des tourtes et des olives de Clara Peeters (vers 1611, musée du Prado), ce Festin très galant attribué au peintre Hieronymus II Francken (vers 1610-1620) ou ces très jouisseurs Mangeurs de ricotta de Vincenzo Campi (vers 1580, musée des Beaux-arts de Lyon). À noter aussi un rare dessin évoquant un banquet organisé lors du Tournois de Sandricourt en 1493 (musée du Louvre), une illustration postérieure à l’événement mais qui montre un spectaculaire buffet à gradins et donne une bonne idée de l’ambiance de ces festins princiers. Une large place est faite à la cuisine et à son arsenal d’engins dont les fameux tournebroches actionnés par de savantes mécaniques, mais aussi par des hommes ou des chiens ! La deuxième partie du catalogue permet d’apprécier l’esthétique et l’usage de nombreux objets de cuisine et de table, de la cuillère, cet objet personnel qu’on emporte avec soi, au cure-dent escamotable en passant par ses somptueuses nefs de table, vaisselle ostentatoire marquant la place d’honneur à table.

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Somogy éditions d’art - 2012
318 pages illustrées
39€


Histoire de l’architecture

Cette encyclopédie de l’architecture qui s’étend des premiers abris préhistoriques aux bâtiments les plus étonnants du XXIème siècle, s’adresse tout autant aux amateurs d’art et de tourisme urbain qu’au grand public. Concise et claire, elle lève le mystère sur les plus grandes prouesses techniques et offre une analyse des différents styles en présentant l’évolution du design architectural à travers les époques et les cultures, les édifices célèbres réalisés par des artistes du monde entier.

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Editions National geographic
118 x 163 mm
512 p. en couleur - 1000 ill.
N° ISBN : 978-284582-266-5
15,75€


Guide de l’architecture moderne à Paris

Cette 5ème édition présente le meilleur de l’architecture moderne parisienne depuis 1900 à travers dix-sept itinéraires, illustrés chacun par une carte. 60 nouveaux bâtiments et une cartographie originale sont à découvrir. Des céramiques blanches de Sauvage à la Canopée des Halles, chaque bâtiment est commenté par l’architecte qui l’a construit. Des promenades originales pour l’amateur souhaitant « apprendre à lire l’architecture ». Et, pour le professionnel, un outil de travail qui recense 1 500 constructions et 1 000 architectes. Ce guide est illustré de plus de 400 photos, plans et cartes, et complété par deux index (par nom d’architecte et par rue). Le plus : un chapitre présente une cinquantaine de constructions importantes du XXe siècle, détruites au fil des années.

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De Hervé Martin
Ed. Alternatives
Juin 2010 (5ème édition)
Bilingue français-anglais
13x27 cm, 384 p.
32,50€
Isbn : 978-286227-614-4


Le dessin hors papier

Ce que nous appelons ici "dessin hors papier" correspond à toutes les pratiques graphiques contemporaines qui suspendent l’usage du papier comme support d’un dessin. Ces pratiques qui ne sont pas nouvelles, suscitent de nos jours un incontestable regain d’intérêt. Ainsi, tout ou presque peut servir de support aux créations des artistes : la peau des hommes et des animaux, un parking de supermarché, un rouleau de film super-huit, etc.. Et l’on pense à des artistes comme Wim Delvoye et ses peintures sur des cochons, aux œuvres et films de Matthew Barney…Mais s’émanciper du papier n’est souvent qu’un moment de rupture dans la création d’une oeuvre qui n’interdit nullement le carnet de croquis, le tirage d’une photo ou la confection d’un livre d’artiste. C’est donc moins l’abandon (d’ailleurs illusoire) du papier qui intéresse ici les auteurs, que la pertinence d’un phénomène de la création actuelle.

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Collectif. Dir. Richard Conte
Publications de la Sorbonne
Ouvrage broché. 240p illustrées
ISBN 978-2-85944-612-3
35€


L’Art numérique

Qu’il soit outil ou médium, le numérique inspire les artistes d’aujourd’hui même s’il laisse encore incrédule nombre d’amateurs peu familiarisés avec cette forme artistique très récente. La réédition du livre de Christine Paul, agrémenté de 323 illustrations, permet de se repérer dans les arcanes de cet art numérique, un foisonnement critique, poétique et fantasmatique. Les thématiques essentielles de cet art y sont exposées. Une entrée savante dans notre monde virtuel.

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Ed. Thames & Hudson
256 pages
14, 95 €


René Gimpel. Journal d’un collectionneur, marchand de tableaux

René Gimpel (1881-1945) fait partie des grands marchands de tableaux de l’Entre-deux-guerres. Héritier des galeries que son père a créées à Paris en 1889, il est devenu dès 1902, l’un des premiers marchands européens à New York. De 1918 à septembre 1939, il a consigné ses réflexions sur l’art et son métier de marchand, rapportant aussi avec esprit et parfois une pointe de férocité, les faits et gestes des artistes et personnalités qu’il a rencontrées entre le Royaume-Uni, les États-Unis et Paris. Monet dans son immense atelier de Giverny peignant inlassablement ses paysages d’eau, toile après toile. Soutine, « étoile qui se lève dans le firmament de la peinture moderne ». Mais aussi Mary Cassatt, Braque, Picasso, John D. Rockefeller, J.-P. Pierpont Morgan, sans oublier ses amis, Marie Laurencin et surtout Marcel Proust, rencontré en 1907 à Cabourg et qui comme lui aimait Vermeer. Publié pour la première fois en 1963 par les éditions Calmann-Lévy, Le Journal d’un collectionneur fait l’objet d’une nouvelle édition française revue et augmentée par les petits-enfants de René Gimpel,qui se sont plongés dans les vingt-deux carnets manuscrits de son journal de l’Entre-deux-guerres.

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Par René Gimpel
Ed. Hermann
ISBN :978 27056 80169
754 pages (format 17x24 cm)
35€


Zaha Hadid

Architecte très controversée (certains sont allés jusqu’à dire que ses projets étaient impossibles à réaliser) elle a mené à terme ces dix dernières années de nombreux bâtiments importants, dont le Centre d’art contemporain Rosenthal de Cincinnati (que le New York Times considère comme "le nouvel immeuble le plus important aux États-Unis depuis la Guerre froide") le Centre des Sciences Phaeno de Wolfsburg, en Allemagne et le siège de BMW de la nouvelle usine de Leipzig. Aujourd’hui, grâce à ses audacieux dessins futuristes qui l’ont propulsée au premier plan de l’architecture mondiale, Hadid a enfin acquis une reconnaissance internationale. Ce volume XL couvre l’intégralité de son travail jusqu’à aujourd’hui, dont ses projets les plus récents, de Dubaï à Guangzhou.

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Hadid. Complete Works 1979–2009
par Philip Jodidio
Editions Taschen, 2009
Relié, format XL : 30,8 x 39 cm
600 pages
€ 100


Trésors insolites des musées de France

Les auteurs, à qui l’on doit déjà une Histoire de l’art pour les nuls et une Histoire de la peinture pour les nuls (éditions First), ont choisi ici de s’intéresser à des œuvres inhabituelles et étonnantes, abritées dans les musées français et hors des sentiers battus des visites. Par exemple des œuvres ignorées d’artistes célèbres pour un seul aspect de leur création, comme ce grand tableau Les Saltimbanques de Gustave Doré (musée Roger-Quilliot à Clermont-Ferrand), artiste associé presque exclusivement à ses éditions illustrées. Des œuvres méconnues de grands peintres tel Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans, première œuvre de Degas entrée dans les collections publiques françaises (musée de Pau) et rarement vue. Ou encore des œuvres d’artistes totalement oubliés ou attendant que l’évolution du goût les révèle au grand public, comme ce fut le cas pour une Séraphine de Senlis. Si la peinture est majoritaire, tous les domaines de l’art sont abordés et le livre balaie toute l’histoire de l’art. Il nous raconte aussi quelques fabuleux destins comme le Coriolan de Poussin au musée des Andelys.

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Jean-Jacques Breton et Dominique Williatte
Ed. Flammarion 2011
320 p.
195 x 255 mm
35€


Le design européen depuis 1985 : quelles formes pour le XXIe siècle ?

Depuis 1985, le design est entré dans l’ère de la consommation de masse et du culte de l’objet. Une bonne date de départ pour survoler vingt-cinq années de créativité en Europe. Ecrit par trois historiens du design de renommée internationale au terme de plusieurs années d’investigation, cet ouvrage de référence nous propose la première grande rétrospective critique sur le design européen en la replaçant dans le cadre social, économique, culturel et politique qui ont nourri le design européen depuis l’après-guerre. Un travail clair et vivant qui décrit les nombreux mouvements conceptuels et esthétiques apparus dans les années 1980 : le néopop, le biomorphique, le conceptuel, le néo-dada-surréaliste, le néodécoratif, etc. Il met en lumière les têtes d’affiche d’un design européen qui domine le monde, de Philippe Starck aux frères Bouroullec, en passant par Matali Crasset, Garouste & Bonetti, James Dyson, De Lucchi, Marcel Wanders…Et est enrichi de centaines de photographies en couleur illustrant les objets les plus emblématiques de cette période. Un ouvrage de référence.

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De R. Craig Miller, Penny Sparke et Catherine McDermott.
Éditions Citadelles & Mazenod.
271 p., 59 €.


La photographie, du daguerréotype au numérique

Longtemps considéré comme une technique de reproduction, la photographie, cet « art diabolique » écrit Thomas Bernhardt en 1986, a acquis ses lettres de noblesse au cours du XXème siècle. Cet ouvrage de Quentin Bajac (historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou), est une synthèse de l’histoire de cet « art nouveau », né il y a presque deux siècles avec l’invention du daguerréotype en 1839. Des origines aux plus récents développements du numérique en passant par la maturité technique des années 1880, il brosse l’histoire (occidentale) de la photographie. Au-delà de la technique, il interroge la place de la photo dans l’histoire de l’art et l’avenir de ce médium.

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Quentin Bajac
Hors-série réunissant les 3 volumes (n : 414, 473 et 559) parus dans la collection Découvertes.
Ed. Gallimard
384 pages - 21€


Le musée philosophique

Et si Bacon, Bruegel, Goya, Kahlo, Munch, Soulages nous apprenaient à philosopher ? Un tableau donne à voir et à penser, c’est même dans ce cas qu’il prend tout son intérêt. Martine Laffon, philosophe et passionnée par le monde de l’art, a conçu ce livre comme une grande exposition imaginaire propice autant à la découverte d’artistes et de leurs œuvres qu’aux émotions qu’ils ont voulu transmettre. Elle a choisi vingt-deux thèmes et tout autant de chefs-d’œuvre pour les illustrer. On s’interrogera ainsi sur le choix du noir chez Soulages pour représenter l’éblouissement, sur le sens des coulures chez Pollock, sur l’interprétation du cri chez Munch… Une façon de prendre du recul, d’apprendre à regarder les tableaux autrement, entre le sensible immédiat et la pensée pure. L’œuvre artistique se situant au milieu, expliquait Hegel.

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De Martine Laffon
A partir de 15 ans
Editions Milan
Format 15x21cm
200 pages
24€


La fabrique du patrimoine, de la cathédrale à la petite cuillère

Nathalie Heinich, sociologue, directeur de recherches au CNRS nous révèle les étapes et l’organisation de la chaîne patrimoniale qui conduit à « l’éventuel statut juridique de monument historique » Elle nous détaille par le menu les critères mis en œuvre par les chercheurs de l’Inventaire pour décider que tel château, telle ferme, tel tableau d’église possède ou non une valeur patrimoniale ? Très lisible, parfois drôle, ce regard extérieur permet de comprendre le rôle des différentes instances publiques dans ce domaine. Il fait réfléchir sur les spécificités françaises en matière de préservation du Patrimoine et sur les valeurs fondamentales qui sous-tendent la notion même de patrimoine. A partir d’une enquête attentive, au plus près du terrain, l’auteure s’est aussi intéressée aux émotions qui animent les mobilisations des profanes en faveur des biens à préserver et aux efforts des élus ou des citoyens pour faire classer telle ou telle construction.

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Par Nathalie Heinich
Editions de la Maison des sciences de l’homme, 2009
Collection : Ethnologie de la France
286 pages ; (23 x 16 cm)
21€


Le Cubisme : une révolution esthétique, sa naissance et son rayonnement

« Plus d’un siècle après l’événement, il est toujours aussi difficile de définir et de circonscrire le cubisme avec précision, faute d’un manifeste (…) » écrit en introduction Serge Fauchereau. Lancé par les Demoiselles d’Avignon de Picasso en 1906-1907, le cubisme peut être considéré comme la plus importante des révolutions à l’origine de l’art moderne. Le mouvement sera soutenu par des marchands avisés (Vollard, Kahnweiler…). Si l’on en connaît les débuts, sa fin est plus floue et comme toute innovation esthétique, il a longtemps été considéré comme une escroquerie ou une erreur. Commissaire de grandes expositions au Centre Pompidou, auteur de Avant-gardes du XXe siècle chez Flammarion (2010), Fauchereau propose dans cet ouvrage illustré de plus de deux cents reproductions en couleurs, une synthèse de toutes les études sur le cubisme. Il explore ses différentes formes au travers des œuvres phares et des protagonistes les plus connus (Picasso, Braque, Gris, Gleizes, Metzinger), montre ses influences au-delà de la peinture et de la sculpture : en architecture, typographie, cinéma, musique, ballet, littérature et poésie…

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Par Serge Fauchereau
Ed. Flammarion (coll. Histoire de l’art)
256p. 45€


Au fil du livre. Bibliophilie, art et passion

Ce beau livre est aussi rare et confidentiel que son sujet et sa maison d’édition. Les Heures Claires, qui possèdent l’exclusivité des droits de La Divine Comédie de Dante illustré par Dali, éditent peu, exclusivement des livres de bibliophilie. Depuis 1960, elle a publié des livres d’auteurs modernes ou contemporains (Céline, Colette, Giono, Queffelec…) ou classiques (Dante, Dickens, Lafontaine, Shakespeare, Verlaine…) illustrés par Yves Brayer, Hans Bellmer-Carzou, Dali, Marc Dautry, Chapelain Midy, Henry Lemarié…des livres luxueux à tirages courts réalisés selon des méthodes artisanales séculaires que de véritables artistes continuent à perpétuer. C’est pour leur rendre hommage et faire connaître leur travail que Daniel David, directeur des Heures Claires a souhaité réaliser ce beau livre, enrichi d’un portfolio et de nombreux portraits dont il a confié l’enquête, l’écriture et les reportages photographiques à Jean-Michel Masqué et Lionel Pagès, deux collaborateurs de l’Agora des arts.

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Au fil du livre. Bibliophilie, art et passion
De Jean-Michel Masqué et Lionel Pagès
110 pages illustrées - 45€
Editions Les Heures Claires (mars 2011)
79 bis, Bd de Picpus - 75012 Paris
Tél : 01 43 44 57 61
www.lesheuresclaires.com


Elie Fabius, marchand d’art

Dans la famille Fabius, on connaît bien Laurent, mais moins son grand-père Elie Fabius (1864-1942). Ce brocanteur devenu antiquaire puis fondateur d’une galerie d’art, 152 boulevard Haussmann à Paris, fut l’un des principaux acteurs du marché de l’art, de 1894 jusqu’à sa mort en 1942, après avoir assisté à la liquidation de son entreprise, et à l’œuvre d’une vie anéantie par la spoliation et l’aryanisation. Redécouvrant et défendant un style XIXème alors encore largement méprisé, Elie Fabius l’avait remis à la mode et les pièces qui sont passées par ses mains sont maintenant dans les collections des musées les plus importants de France et des États-Unis. Il s’illustra notamment à la vente Farnborough en 1927, dispersant les biens de l’impératrice Eugénie et devenant dès lors incontournable dans le domaine des deux Empires. Barye, Carpeaux, Winterhalter sont quelques-uns des noms dont il se fera une spécialité, à côté des souvenirs de Napoléon ou de La Fayette.

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Un marchand entre deux empires.
Elie Fabius et le monde de l’art.
Olivier Gabet.
Editions Skira Flammarion – juin 2011.
160 pages.
35€


Rébus d’art

Un bol et 16 ânes donnent Paul Cézanne, une canne et un étau donnent Canaletto, un sac et un calot Jacques Callot, etc. À travers des rébus aussi simples que farfelus, genre blague de l’Assiette au beurre, l’artiste Pierre Garcette (1940-2003), s’est amusé à rendre hommage à son panthéon d’artistes : Fra Angelico, Thomas Gainsborough, Jean-Baptiste Chardin, Edgar Degas, Vincent Van Gogh, Pablo Picasso, Marcel Duchamp, Christian Boltanski, Niki de Saint-Phalle, Pierre Alechinsky, Francis Bacon…. Un livre, préfacé par Paul Fournel, président de l’Oulipo, regroupe 130 rébus de cet artiste difficilement classable qui se raconte ainsi : « Après la guerre (d’Algérie) et la prison (militaire), découvre tout à la fois : Paris, l’architecture, les beaux-arts, le théâtre, la littérature et la politique ; se plonge dedans, ne cherche pas à choisir, n’en ressort pas ». Nourri d’art tant classique que surréaliste, Garcette aimait l’art, en jouer, en créer, avec une certaine dose de poésie et surtout un humour acéré, car il méprisait les formes d’art sans esprit.

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Editions de la Martinière
Dessins de Pierre Garcette
Préface de Paul Fournel
125 x 185 mm - 144 pages
3 janvier 2013
ISBN : 9782732455945
12 €


Robert Doisneau. Pêcheur d’images

Il se considérait malicieusement comme un « pêcheur d’images » par opposition aux photographes « chasseurs ». Surtout connu pour ses photographies gaies, spontanées, poétiques de Paris et de sa banlieue, comme le fameux baiser à l’Hôtel de Ville, Robert Doisneau (1912-1994) a laissé quelque 450 000 négatifs constituant une œuvre d’une diversité et d’une richesse qui la rendent finalement inclassable. Son regard sur les Halles est unique et précieux, constitué de tendresse et d’humour comme en témoigne l’exposition Doisneau, Paris-Les Halles qui se tient du 2 février au 28 avril 2012 à l’Hôtel de Ville de Paris. Doisneau qui a pris sa première photo dans le quartier des Halles en 1933, restera fidèle au quartier pendant quarante ans, revenant sans cesse visiter ce lieu, fixer sur le négatif les évolutions et les nouveautés. Dans les années 1960, les Halles sont menacées, et Robert Doisneau, inquiet et en colère, entreprend de tout voir, tout photographier. Son regard de reporter est à la fois esthétique, sociologique et patrimonial. Dans son ouvrage Robert Doisneau « Pêcheur d’images », Quentin Bajac, historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou, en charge du département de la photographie, raconte la vie et la légende de Doisneau. L’enfance « grisâtre » d’un gosse de la banlieue sud qui préfère le dessin et les vadrouilles le long des « fortifs » que l’école, l’expérience ouvrière, l’apprentissage d’un regard, la recherche d’une certaine simplicité, d’une économie de moyens avec son Rolleiflex 6 x6 (longtemps son préféré), son goût pour les mots qu’on retrouve dans les titres poétiques de ses photos. Bajac décrit avec beaucoup d’illustrations et de témoignages, le style inimitable du plus parisien des photographes, toujours en alerte, léger, à l’affût du monde. Un photographe qui eut aussi sa traversée du désert à la fin des années 1950 avant de bénéficier d’un formidable renouveau d’intérêt à partir de la fin des années 1970.

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Robert Doisneau. « Pêcheur d’images »
Par Quentin Bajac
Coll. Découvertes Gallimard (No 581), série Arts
Février 2012 - 128 pages, ill.
ISBN 9782070445813.
13,20€


Jean Prouvé

À la fois catalogue des différentes expositions temporaires organisées à Nancy, à l’occasion de l’ouverture des deux galeries permanentes et du parcours Jean Prouvé (1901-1984), ce livre constitue aussi une biographie en images et témoignages de ce ferronnier d’art et grand dessinateur devenu un créateur moderne qui avait la joie de construire. Bien qu’une importante littérature lui soit consacrée, Jean Prouvé demeure un personnage énigmatique et inclassable par la complexité de son parcours atypique, la diversité de sa production et sa position entre tradition et modernité. Cet ouvrage « permet de mesurer son apport à une architecture qui ne fut ni nostalgique ni utopique, mais résolument contemporaine » souligne Hubert Damisch, l’un des coauteurs de l’ouvrage. Attachant par sa créativité débordante de constructeur et de designer, associée à un grand pragmatisme, par ses convictions humanistes, sa quête d’un meilleur « vivre ensemble », son sens inné de la pédagogie, Jean Prouvé nous laisse des objets d’art en ferronnerie (portes, escaliers, luminaires, socle de vase pour son ami Émile Gallé…) des habitations (maisons pour sinistrés pendant la guerre, maisons d’urgence et La Maison des jours meilleurs réalisée pour l’association Emmaüs, présidée par l’abbé Pierre, constructions préfabriquées métalliques, maisons de week-end, mais aussi sa propre maison ouverte à la visite…), de nombreux meubles comme la « Chaise tout bois » (1941) témoignant de la pénurie de matériaux due à la guerre, la chaise « Métropole » (1950) en tôle d’acier pliée et tôle d’aluminium, ce bureau « Compas » de 1953 en tôle d’acier pliée et bois, des tabourets en aluminium, des pupitres d’écoliers ou de très élégants et astucieux fauteuils de repos basculant. Un homme qui se définissait « sans style », mais à l’héritage inestimable auquel ce livre rend hommage.

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Somogy éditions d’art, 2012
406 pages illustrées
49€
Catalogue publié à l’occasion de l’événement « Jean Prouvé, Nancy, Grand Nancy 2012 ». En savoir plus.


Design en Afrique, s’asseoir, se coucher et rêver

Cheick Diallo fait partie de ces artistes-designers contemporains dont la créativité n’est pas dissociable de la culture des nomades peuls. Travaillant en France et au Mali, ses sièges à la fois sobres, élégants, d’une facture soignée et résolument contemporains sont en bois massif, mais aussi en métal, cuir, papier, fil de nylon tissé ou encore canettes de boissons écrasées, patinées ou teintées de couleurs vives. Son but est de créer les meilleures productions à partir de matériaux réputés pauvres. Iviart Izamba joue quant à lui la carte de la dérision avec son fauteuil Mobutu, une simple brouette capitonnée de peau de léopard, comme la toque du tyran sanguinaire. Kossi Assou se distingue par son attachement à des valeurs traditionnelles comme la simplicité, mais la forme épurée de son lit composé d’une grande plaque de métal légèrement incurvée et d’un simple rondin faisant office d’appuie-tête s’avère aussi extrêmement contemporaine. Une dizaine d’autres designers sont présents dans l’exposition Design en Afrique, s’asseoir, se coucher et rêver, présentée du 10 octobre 2012 au 14 juillet 2013 au musée Dapper avec leurs sièges, appuie-tête, lits et lampes s’inspirant des formes traditionnelles. Ils côtoient quelques très beaux objets traditionnels, issus essentiellement des collections du musée, du musée royal de l’Afrique centrale et de collections particulières. Ce livre-catalogue met en valeur cette créativité d’hier et d’aujourd’hui, tout en retraçant les liens étroits des sièges avec les pouvoirs politiques et/ou religieux.

C.R

- Exposition Design en Afrique. S’asseoir, se coucher et rêver. Du 10 octobre 2012 au 14 juillet 2013. De 11h à 19h. Fermé le mardi et le jeudi. Plein tarif 6€. www.dapper.fr

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Collectif, sous la direction de Christiane Falgayrettes-Leveau
Edition musée Dapper
184 pages illustrées
27€