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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Anselm Kiefer. Rétrospective 2015-2016

mardi 22 décembre 2015

Du 16 décembre 2015 au 18 avril 2016
Centre Pompidou
Tous les jours, sauf mardi, de 11h à 21h
Tarif plein : 14€
www.centrepompidou.fr

 

- À voir aussi au Centre Pompidou jusqu’au 15 février 2016 : Wifredo Lam.

Sublime violence

Terre meurtrie, brûlée ou labourée par les bombes, livres calcinés, forêts peuplées de serpents, chemins glaiseux, ruines et même autoportraits au bras levé parodiant le salut hitlérien et traités avec une dérision presque chaplinesque dans les gestes…l’œuvre d’Anselm Kiefer bouscule, interroge et fascine par sa brutale et subtile beauté amplifiée par la monumentalité des tableaux dans lesquels le plomb, le fer, la paille, les végétaux, le bois, le verre et l’écriture se mêlent à la peinture. L’artiste (né en 1945 à Donaueschingen dans le Bade-Wurtemberg et qui vit en France) ne cesse de prendre à bras le corps l’histoire allemande pour lutter contre l’amnésie ainsi que sa propre histoire, depuis qu’il a fait irruption en 1969 sur la scène artistique allemande.

Pour ce fils d’un professeur d’art qui fut aussi officier de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale, le monde est sombre et l’homme cherche son chemin vers la mort, ou la résurrection.
En 13 salles, avec des œuvres emblématiques comme heroisches Sinnbild I [Symbole héroïque I], 1969-1970, Resurrexit (1973), Quaternität [Quaternité], (1973), Varus (1976), la série des Wege der Weltweisheit [Chemins de la sagesse du monde] (1976-77), Margarethe (1981) et Sulamith (1983), Die Orden der Nacht [les Ordres de la nuit] (1996), Für Paul Celan : Aschenblume [Pour Paul Celan : Fleur de cendre] (2006), ou encore Mme de Staël – De l’Allemagne (2015), immense installation- hommage au romantisme qui clôt le parcours, cette exceptionnelle rétrospective parcourt plus de quarante-cinq années de création. Et tous les thèmes d’inspiration de Kiefer sont là : la mémoire, les savoirs perdus, la guerre, les mythes germaniques, la poésie de Paul Celan, Ingeborg Bachmann ou encore Jean Genet, la culture yiddish, l’alchimie et la Kabbale, la nature en péril, la question de comment être artiste après la barbarie, mais aussi –et c’est beaucoup plus surprenant- des œuvres plus intimistes, érotiques et colorées (Extases féminines, 2010), et des champs qui refleurissent, tranchant avec la matière sombre et les paysages stériles et hivernaux qui hantent la quasi-totalité de son œuvre. Signe que la nature reprend ses droits ?

« Je ne suis pas un peintre de l’art pour l’art, confie Anselm Kiefer dans un entretien avec Jean-Michel Bouhours, conservateur, chef de service des collections modernes au musée national d’art moderne et commissaire de l’exposition. Je ne fais pas de la peinture pour faire un tableau. La peinture, pour moi, c’est une réflexion, une recherche […] et pas une recherche sur la peinture ». C’est une évidence, l’œuvre d’Anselm Kiefer va bien au-delà de la peinture.

N’oubliez pas de pénétrer dans l’installation monumentale d’Anselm Kiefer, installée dans le vaste espace d’accueil du Centre Pompidou (Steigend, steigend, sinke nieder [en montant, en montant vers les hauteurs, enfonce-toi dans l’abîme], 2012-2015. À l’intérieur de cette maison tour en tôles ondulées, le visiteur découvre une grande cabine de projection avec ses bandes, ses rubans d’images...un univers fait de plomb -matière de prédilection de l’artiste-, et de milliers de photographies prises par l’artiste au cours de sa carrière et qui constituent une archive de données biographiques. Une sorte d’introspection.

Catherine Rigollet

- À voir aussi à la BNF-François Mitterrand « Anselm Kiefer – L’Alchimie du Livre », une exposition consacrée aux livres d’artiste que Kiefer a réalisés de 1968 à aujourd’hui. Jusqu’au 7 février 2016. Lire l’article d’Elisabeth Hopkins.

Visuels page expo : Resurrexit, Huile, acrylique et fusain sur toile de jute, 290 x 180 cm. Sanders Collection, Amsterdam © Atelier Anselm Kiefer.
Die Orden der Nacht [Les Ordres de la nuit], 1996. Acrylique, émulsion et shellac sur toile, 356 x 463 cm. Seattle Art Museum. Photo : © Atelier Anselm Kiefer.
Margarethe, 1981. Huile, acrylique, émulsion et paille sur toile 280 x 400 cm. The Doris and Donald Fisher Collection at the San Francisco Museum of Modern Art © Anselm Kiefer / Photo : Ian Reeves.
Portrait Anselm Kiefer, 2014 © Anselm Kiefer / Photo : Charles Duprat
Visuel page d’accueil : Mann im Wald [Homme dans la forêt], 1971. 174 x 189 cm. Acrylique sur toile de coton. Collection particulière, San Francisco © Ian Reeves.
Siegfried vergißt Brünhilde [Siegfried oublie Brunehilde], 1975. Huile sur toile, 130 x 150 cm. MKM Museum Küppersmühle für Moderne Kunst, Duisbourg, Ströher Collection. Photo : © Olaf Bergmann Witten.