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Art aux jardins à Chaumont-sur-Loire - édition 2015

lundi 6 avril 2015

Du 4 avril au 1er novembre 2015
Centre d’Arts et de Nature
Domaine de Chaumont-sur-Loire
41150 - Chaumont-sur-Loire
Tél. 02 54 20 99 22
Ouvert tous les jours à 10h (horaires de fermeture variables selon les saisons)
Plein tarif : 17€ (Ce billet vous permet de visiter la totalité du Domaine : Festival des Jardins, Château, Ecuries et Parcs)
www.domaine-chaumont.fr

Chantal Colleu-Dumond revendique et assume ses choix ! La directrice des trois volets qui donnent vie au domaine de Chaumont-sur-Loire – le château, le Festival international des jardins, et la programmation d’art contemporain – a convié, seule, une petite quinzaine d’artistes des quatre coins du monde à installer une ou plusieurs œuvres dans le parc, le château et ses dépendances. Et sa passion de commissaire de l’exposition est communicative !
Alors que la France se prépare à accueillir la conférence mondiale sur le dérèglement climatique, les artistes ont été invités à célébrer le thème de la nature, celle qui s’offre dans toute sa beauté, celle qui est détruite sans état d’âme par la main de l’homme, celle que nous idéalisons dans nos rêves les plus fous.

Gabriel Orozco revient pour la seconde année dans les appartements du château avec d’autres Fleurs fantômes poétiques, œuvres hybrides mi-peintures, mi-photos, créées par jet d’huile sur la toile et inspirées par les papiers peints qui décorèrent les chambres abandonnées depuis presque 80 ans. Une parfaite adéquation entre l’œuvre et l’esprit du lieu. Dans le manège des écuries, le Brésilien Tunga offre une installation – arbre fossilisé, flacons de verre, miroirs – qui allie la « minéralisation du vivant » dans les éléments qui la composent, et « l’énergie des conjonctions », c’est à dire l’amour, dans le concept qui la sous-tend. Dans le parc, les immenses troncs humanisés de Christian Lapie se sont regroupés, hiératiques protecteurs de la nature qui les entoure. Non loin, on a mal pour L’arbre chevalier du finlandais Antti Laitinen, prisonnier dans sa cuirasse de métal. Faut-il que l’arbre ait si peur de l’homme qu’il s’emprisonne ainsi dans une gangue de métal ?

La photographie est à l’honneur cette année, à l’intérieur du château ou dans les dépendances. Tour à tour, les artistes célèbrent la beauté de la nature, celle du brin d’herbe ou de la feuille que nous côtoyons tous les jours et que nous ne voyons plus (Xavier Zimmermann), celle qui s’imprègne de spiritualité devant l’objectif (Jean-Christophe Ballot), ou celle qui subit la violence d’explosions dans la série narrative de Naoya Hatakeyama, superbement accrochée dans un étroit passage voûté. Un hymne à la terre dont le viol se transforme en poésie.

On s’en veut de ne pas pouvoir mentionner tous les artistes. Mais on gardera longtemps en mémoire l’installation de Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger, dans la chapelle du château. Un assemblage arachnéen et onirique de branches légères, sur lesquelles fleurissent de petits objets peut-être tirés d’un coffre à jouets, qui pousse entre les bancs et danse devant les vitraux. Et la gigantesque installation murale d’El Anatsui dans le fenil : des millions de capsules de bouteilles d’alcool nigérianes aplaties et agrafées en de gigantesques tentures chatoyantes et frémissantes. « L’alcool, lien pérenne entre l’Afrique et l’Europe », dit l’artiste qui vit au Nigeria.
Une belle convergence de l’art, de l’histoire et de la nature à ne pas manquer aux beaux jours.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger, Les pierres et le printemps, 2015. © G. Steiner et J. Lenzlinger.
El Anatsui, tenture créée à partir de matériaux de récupération, 2015. Photo : E.H.
Christian Lapie, La constellation du fleuve, 2015. © Christian Lapie