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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Art brut. Collection ABCD/ Bruno Decharme

jeudi 13 novembre 2014, par cath

Du 18 octobre 2014 au 18 janvier 2015
La Maison rouge, fondation Antoine de Galbert
10 bd de la bastille - 75 012 Paris
Du mercredi au dimanche, 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Plein tarif : 9 €
Tél. 01 40 01 08 81

www.lamaisonrouge.org

 

- À voir aussi : Christian Berst, qui vient d’ouvrir une nouvelle galerie à New York également consacrée à l’art brut, a donné carte blanche à Bruno Decharme pour rassembler des œuvres que des collectionneurs accepteraient de mettre sur le marché. Y sont présentées des œuvres de créateurs reconnus (Aloïse, Wölfli, Scottie Wilson) ou contemporains (Lubos Plny, Kunizo Matsumoto, Zdenek Kosek). (Galerie Christian Berst art brut, 3-5, passage des Gravilliers, Paris 3e, jusqu’au 29 novembre 2014)

 

Et les passionnés d’art brut ne manqueront pas "Sous le vent de l’Art brut 2 : la collection De Stadshof", présentée à la Halle St Pierre, jusqu’au 4 janvier 2015.

C’est la douzième collection particulière à laquelle Antoine de Galbert, fondateur de La Maison Rouge et passionné d’art brut, consacre ses cimaises. Le cinéaste Bruno Decharme a une collection de quelques 3 500 œuvres d’art brut qu’il est heureux de partager avec un public déjà connaisseur ou tout juste découvreur. Car l’art brut est à la mode. Il a fait son entrée dans les musées, à la Biennale de Venise, dans les galeries. Il est coté, vendu, acheté. Risque-t-il d’y perdre son âme ? La définition du terme “art brut”, dû à Jean Dubuffet en 1945, est toujours fluctuante des décennies plus tard : on admet que ce sont des œuvres créées par des individus autodidactes, éloignés des milieux artistiques et culturels, qui se soucient peu de faire carrière dans le monde de l’art. Maintes œuvres ont été créées au sein d’institutions psychiatriques, mais on voit aussi des œuvres créées dans des ateliers dont le but n’est pas d’offrir une thérapie par l’art mais de stimuler la création de personnes atteintes de troubles mentaux.

Bruno Decharme a choisi 400 dessins, peintures, sculptures, photographies et assemblages par 200 artistes, certains bien connus tels Aloïse Corbaz, Henry Darger, Alexandre Lobanov, et les deux artistes médiumniques Augustin Lesage et Fleury-Joseph Crépin, ou plus récemment découverts comme le Colombien Pepe Gaitan, un anonyme angolais, ou Zdenek Kosek. Tous mettent le doigt sur ce qui nous échappe, tant dans l’enfance que dans l’histoire du monde. Regroupées en douze catégories thématiques, ces œuvres créées minutieusement pour répondre à une nécessité intérieure, mais nullement pour nous séduire ou rapporter de l’argent, systématisent le monde tel que le conçoivent ces artistes. Ils en ordonnent le chaos, le peuplant d’humains, de plantes et d’animaux, créatures parfois composites ; ils le symbolisent par des textes-énigmes rédigés dans des graphies pointilleuses, indéchiffrables ; ils en explorent les avancées technologiques et scientifiques dans des diagrammes, graphiques, formules mathématiques tirés de leur imagination et détaillées à l’infini. Bruno Decharme commente chaque thème dans des panneaux explicatifs, mais fait l’impasse sur la vie des artistes. Pour que notre regard ne soit pas biaisé, pour que nous puissions confronter ces représentations de mondes intérieurs au nôtre, à nos rêves, à nos fantasmes, à nos obsessions.
On citera une seule œuvre, l’installation spectaculaire d’une flotte d’avions en carton, modèles traditionnels ou imaginaires (de vraies villes volantes pour le jour où notre planète sera devenue invivable), par un artiste lourdement handicapé, Hans-Jörg Georgi. Une utopie de l’espoir.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Scottie Wilson ©Collection abcd, Bruno Decharme