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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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BENTU, des artistes chinois dans la turbulence des mutations

mercredi 3 février 2016, par cath

- BENTU, des artistes chinois dans la turbulence des mutations
Du 27 janvier au 2 mai 2016
- Choix d’œuvres chinoises de la Collection Vuitton
Du 27 janvier au 29 août 2016

 

Fondation Louis Vuitton
8, avenue du Mahatma Gandhi,
Bois de Boulogne, 75116 Paris
Tel : +33 (0)1 40 69 96 00
Entrée : 14€
Ouvert le lundi, mercredi et jeudi de 12h à 19h, le vendredi de 12h à 20h
Le samedi et dimanche, de 11h à 20h.
Fermé le mardi
Horaires prolongés pendant les vacances scolaires.
www.fondationlouisvuitton.fr

 

- Navette de la Fondation : départ toutes les 15 minutes de la place Charles-de-Gaulle Etoile, en haut de l’avenue de Friedland.

À l’orée d’une année qui sera coréenne, la Fondation Vuitton s’intéresse à la Chine et lui consacre toutes ses cimaises. Une première exposition, Bentu, des artistes chinois dans la turbulence des mutations, organisée avec le Ullens Center for Contemporary Art de Beijing, est dédiée au vaste concept de « terre natale ». Douze artistes de différentes générations et vivant en Chine tentent de définir leur identité et comment, individuellement ou collectivement, elle absorbe ou résiste aux technologies envahissantes venues d’ailleurs. Utilisant peinture, sculpture, œuvres sur papier, vidéos et installations, les artistes offrent un panorama d’une société changeant au rythme des évolutions sociales, culturelles et économiques. Un site de rencontres devient œuvre d’art sous la main de Cao Fei. Avec Strangers : City (2015), sur écrans multiples, l’artiste biaise les résultats espérés par ceux qui consultent ces sites : pas de contact affriolant, mais une statue de Bouddha ou un horizon urbain lointain. Le contraste campagne/ville, élément essentiel de l’histoire chinoise récente, est illustré ici par les toiles figuratives, réalistes, au coup de pinceau presque brutal, de campagnards (Liu Xiaodong) et une grande toile d’un panorama urbain devenu un assemblage abstrait de rectangles plats et colorés (Liu Wei).

Avec la collection déployée dans les étages, on se trouve en terrain mieux connu avec les œuvres, de tous médias, de onze artistes, dont trois habitent l’Europe et deux sont déjà présents dans Bentu, Cao Fei et Xu Zhen. Société, histoire, travail, spiritualité, avenir sont les thèmes que portent la plupart des œuvres. Citons Tree (2010) d’Ai Weiwei (dont on peut voir en ce moment une installation au cœur du Bon Marché de Paris), ou Les cinquante bras de Bouddha, (1997-2013) de Huang Yong Ping, qui sera à l’honneur à Monumenta 2016, et mêle, à son habitude, influences orientales et occidentales : sur un gigantesque porte-bouteilles (clin d’œil à Marcel Duchamp ?), s’empalent 50 bras de Bouddha tenant des objets sacrés ou non. On retrouvera deux fresques monumentales en cendre d’encens des temples par Zhang Huan. La fascinante Cao Fei nous entraine, en vidéo, dans un monde virtuel (RMB City) ou au contraire bien matériel mais rédimé par l’onirisme (Whose Utopia, 2006). Zhang Xiaogang, dans un diptyque peinture/sculpture, My ideal, nous offre un survol, en cinq personnages raides et alignés, de la société chinoise, et fait écho aux alignements prétendument enthousiastes des employés d’entreprise dans une vidéo presque humoristique de Zhou Tao, One, Two, Three, Four (2008).

Il faut suivre les plans de cette exposition labyrinthique pour être sûr d’avoir bien vu toutes les œuvres. Stars ou non, les artistes font preuve d’un fourmillement d’idées tout en expérimentant de nouveaux media ; leurs expériences et acquis culturels nourrissent alors une créativité qui n’est plus inféodée à un système politique mais enrichie par la confrontation avec les cultures occidentales. Créativité qui a besoin de volume, de surface, voire de monumentalisme, bien à l’échelle de leur pays et superbement mise en valeur par les espaces spacieux de la Fondation. On sort, sinon ému, du moins impressionné.

Elisabeth Hopkins

Liu Wei, Untitled, 2015. Miroir, bois, métal, plastique pvc, verre, peinture. Dimensions variables.
Liu Xiaodong, Bent Rib, 2010. Huile sur toile, 150 × 140 cm.