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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Ben. Tout est art ?

mardi 15 novembre 2016, par cath

Du 14 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Musée Maillol
61 rue de Grenelle, 75007 Paris
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h30
Plein tarif : 12 €
Tél : +33(0) 01 42 22 57 25
www.museemaillol.com

Sur un couvercle noir de cuvette de WC est inscrit le mot “autoportrait”, dans la graphie si aisément identifiable de Ben. Coup de patte à son propre ego, par un artiste aux idées saines, bien ancrées, qu’il exprime avec conviction. Benjamin Vautier (né en 1935), alias Ben, vit et crée en se regardant et en regardant le monde autour de lui. Pour ce faire, il use de deux “matières”, les mots et les “objets dans le monde”. L’exposition compte deux cents œuvres, en deux parties : le parcours historique de Ben depuis 1950 (ses actions de rue, ses appropriations, ses écritures d’abord au pinceau puis au tube d’acrylique) et la “partie vivante”, organisée par l’artiste.

Dès 1959, Ben se lance dans les actions de rue et fait de son “Magasin” de Nice le quartier général des artistes de Fluxus, un mouvement qui s’interroge sur l’art en pratiquant humour et dérision. Sa quête d’une forme d’abstraction l’amène aux écritures, sa marque de fabrique actuelle, que l’on retrouve sur les cimaises muséales aussi bien que sur les objets les plus commerciaux. Dans chaque phrase ou segment de phrase, de l’introspection ou un questionnement sur l’art et sur le rôle de l’artiste et de sa création dans le monde. À partir de ces questions et de ces assertions, non dénuées d’humour, Ben forge ses opinions et convictions, et incite le spectateur à trouver ses propres réponses (Qui a raison ? Duchamp ou Matisse ?).
« Ils vont se croire à Saint-Ouen, les gens, quand ils vont venir ici », s’amuse-t-il, en organisant une suite d’installations qui font la part belle à certains thèmes : le miroir, le temps, les portraits, le collectionneur du pauvre, les “stupid ideas”, et même Ben, maniaque du sexe.

Il faut y flâner, lire, toucher des yeux sa poussette pleine de babioles (Je ne jette rien, 1975-95), relever les fautes d’orthographe (Bienvenue à la société de consomation), s’attarder sur les photos des suicidés de l’art (ils sont plus nombreux que les suicidés de la finance, prétend Ben), bref, accepter comme cet artiste iconoclaste, provocateur et qui ne se prend pas trop au sérieux, que l’art moderne « surprend, étonne, fait rire, sourire, penser, remettre en question, douter, choquer. » En réalité, du profondément pensé sous des apparences futiles et superficielles.

Elisabeth Hopkins

Visuel page expo : Ben, Je ne jette rien, 1975 – 1995, 130 x 100 x 53 cm, accumulation d’objets divers sur une poussette © Collection de l’artiste.
Visuel page d’accueil : Ben, Art = Ben, 1963. Acrylique sur toile, 21,3 x 29,6 cm. Collection Jon et Joanne Hendricks ©Collection de l’artiste.