Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > Bohèmes > Bohèmes

Bohèmes

vendredi 28 septembre 2012

Du 26 septembre 2012 au 14 janvier 2013
Grand Palais - Entrée Clemenceau
Tous les jours, sauf mardi, de 10h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h
Plein tarif : 12€
www.rmn.fr

 

 

- L’expo sera présentée à la fondation Mapfre à Madrid, du 6 février au 5 mai 2013

Des bohémiens...à la bohème, l’exposition Bohèmes retrace un long voyage de cinq siècles à travers une quinzaine de thèmes et plus de 200 œuvres d’une centaine d’artistes, de Léonard de Vinci à Picasso. Elle rappelle d’emblée l’origine de ce mot d’abord utilisé pour désigner une population errante, avant d’être employé par extension vers 1830 pour qualifier les jeunes artistes tentant de se faire un nom en dehors des sentiers académiques. Dans la très réussie scénographie de Robert Carsen - auteur de celle sur l’Impressionnisme et la mode au musée d’Orsay – le parcours ouvre donc, dans un large couloir bordé de toile sépia, sur une évocation de ces bohémiens qui exercèrent sur les artistes une intense fascination, suggérant à Baudelaire ses Bohémiens en voyage -l’un des plus beaux poèmes des "Fleurs du Mal"- et Ma bohème, à Georges de La Tour sa fameuse Diseuse de bonne aventure (MoMa - New-York), à Frans Hals sa Bohémienne (Louvre), à Corot sa Zingara au tambour de basque (Louvre) ou à Vincent van Gogh Les roulottes, campement de bohémiens aux environs d’Arles (musée d’Orsay). Changement complet d’ambiance au deuxième étage. Dans un décor de chevalets, de cheminée sans feu, de mansarde au papier peint jauni et sur fond d’opéra de Puccini, on entre dans l’atmosphère des ateliers et des cafés de la Nouvelle bohème, celle de cette tribu de jeunes talents, parfois dandys, souvent rapins, vivant d’espoir, de mélancolie, de désillusions, de romantisme et de privations. Certains peintres ne cachent plus leur précarité grandissante et en tirent des sujets comme Art, misère, désespoir, folie !, de Jules Blin (1880), une toile conservée au musée des Beaux-arts de Dijon où le Suicide (vers 1836) d’Alexandre-Gabriel Decamps (Baltimore, The Walters Art Museum). Mais la Bohème fait aussi académie comme à Montmartre où l’impressionnisme –pas encore nommé- prend racine avec le groupe des Batignolles. Et si la vie est chiche, elle est souvent joyeuse, musicale et bien arrosée. Toujours à Montmartre, on se divertit dans le cabaret artistique Le Chat noir où Erik Satie officie au piano. Une décennie plus tard, Le Lapin agile poursuit cette tradition et les cafés sont le point de ralliement de la bohème. André Gill, Steinlen, Albert Harlingue, Toulouse-Lautrec, Edgar Degas et Picasso en ont laissé quelques œuvres célèbres réunies dans cette exposition qui à côté de prêts exceptionnels a aussi pioché dans les musées de France (et du monde) des tableaux, dessins et gravures peu connus. Une belle exposition pleine de fantaisie et de gravité, notamment avec sa sortie brutale sur une série de lithographies de tsiganes du peintre allemand Otto Mueller, dont les tableaux furent exposés à l’exposition Art dégénéré de Munich, en 1937, prélude aux vagues de déportations de quelques 600 000 Rom.

Catherine Rigollet

Visuel page d’accueil : Chaussures, Vincent Van Gogh. Amsterdam, Musée Van Gogh © Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)
Visuel page expo : La Bohémienne, Frans Hals l’Ancien. Paris, Musée du Louvre, département des peintures