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Courbet et la nature. Regards croisés

jeudi 16 juin 2016

Du 5 juin au 25 septembre 2016
Centre d’art contemporain
Abbaye d’Auberive (Haute-Marne)
Entre Châtillon-sur-Seine et Langres
Mardi, de 14h à 18h30
Mercredi au dimanche, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30
Plein tarif : 8€
Tél. 03 25 84 20 20
www.abbaye-auberive.com

Traversée par l’Aube qui coule ici tel un torrent, l’Abbaye d’Auberive en Haute-Marne a accueilli tour à tour depuis sa fondation en 1135 : des moines cisterciens, une filature de coton, une prison pour femmes (Louise Michel y séjourna) et une colonie de vacances, avant de devenir un Centre d’art contemporain il y a dix ans. Entrepreneur, mais aussi défenseur et collectionneur d’art brut ou singulier et d’expressionnisme contemporain figuratif, Jean-Claude Volot (né en 1949) n’a pas hésité à s’acheter l’abbaye pour y installer sa collection, soit quelque 2 500 œuvres de Chaissac, Dado, Rebeyrolle, Rustin, Nitkowski, Bettencourt, Maryan, Music, Bellmer ou Deux…des œuvres qui racontent l’humain, acquises pour le plaisir et avec intuition depuis trente ans. Une collection remarquable par son importance et sa qualité et dont la Halle Saint-Pierre à Paris expose une sélection, dans L’Esprit Singulier, jusqu’au 26 août 2016.

Pour fêter les dix ans du Centre d’art contemporain ouvert au public en 2006, Jean-Claude Volot et sa fille Alexia qui gère avec le même enthousiasme que son père la collection ont souhaité faire tomber les barrières du temps et des mouvements dans l’art, montrer l’importance des liens et des filiations, mettre en regard un maître avec des artistes contemporains se réclamant de son héritage. C’est Courbet qu’ils ont choisi et plus particulièrement ses paysages de rivières et de forêts semblables à ceux entourant l’abbaye (un espace unique choisi pour accueillir prochainement le onzième Parc national).

Autour de dix-huit tableaux, dont : La Roche Pourrie, étude géologique (1864), Remise de chevreuils (1866) ou La source de la Loue, (vers 1864), et de quatre dessins, issus de l’Institut Courbet, de musées et de collections privées, Alexia Volot a convoqué des artistes ayant travaillé dans l’atelier de Courbet, dont Cherubino Pata, et neuf artistes contemporains qui chacun d’une manière ou d’une autre est en filiation avec le peintre d’Ornans, sa gestuelle fougueuse, son réalisme et à la fois son idéalisation du paysage, son amour sensuel pour la nature, sa matière sombre et la lumière qui en émane…

Il y a là Ronan Barrot, cet ogre de peinture qui se frotte avec la matière picturale, nous invite à se perdre dans un tableau (La Pioche, 2010), chez qui rien n’est calme, qui peint des crânes comme des paysages, et qui rappelle Courbet par sa barbe noire et son imposante stature. Paul Rebeyrolle bien sûr, par la réalité fulgurante qui jaillit de ses tableaux organiques mêlant pigments et matériaux collés, la vigueur de ses engagements politiques qu’il couche sur ses toiles, les affrontant comme un idéaliste prêt à en découdre avec la matière. Eva Jospin qui a fait de la forêt le sujet de son œuvre qu’elle construit, avec une incroyable persévérance, sous forme d’immenses hauts-reliefs en carton.
Belle découverte du travail de Jacques Perconte qui utilise la vidéo numérique comme medium pour explorer le paysage, nous faisant pénétrer dans de mystérieuses et scintillantes frondaisons. Et de l’œuvre d’Evi Keller dont les photographies argentiques proches du pictorialisme nous invitent à la contemplation. Un état, somme toute, assez en harmonie avec l’Abbaye d’Auberive, ce haut lieu de patrimoine qui marie l’histoire, les pierres, l’eau et une nature féconde.

Catherine Rigollet

Visuels : Gustave Courbet, La Roche Pourrie, étude géologique, 1864. Huile sur toile, 60 x 73 cm. Musée Max Claudet, Salins-les-Bains.
Paul Rebeyrolle, La barrière, 2000. Technique mixte sur toile, 250 x 270 cm. Courtesy Jeanne Bucher Jaeger, Paris.
Eva Jospin, Forêt 1, 2015. Bois et carton, 310 x 332 x 39 cm. Galerie Suzanne Tarasiève, Paris.
Vignette : Gustave Courbet, autoportrait (détail), circa 1846-1848. Huile sur toile, 46 x 38 cm. Collection particulière.