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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > Cy Twombly. Rétrospective Centre Pompidou 2017 > Cy Twombly réinvente la peinture d’Histoire

Cy Twombly réinvente la peinture d’Histoire

samedi 3 décembre 2016

Du 30 novembre 2016 au 24 avril 2017
Centre Pompidou
Tous les jours, sauf mardi
De 11h à 21h
Nocturne le jeudi jusqu’à 23h
Tarif plein : 14€ (musée et expos)
Tél. 01 44 78 12 33
www.centrepompidou.fr

Déroutante, voire agaçante au premier abord avec ces « gribouillis » primitivistes et indéchiffrables couvrant d’immenses toiles, la peinture de l’américain Cy Twombly (1928-2011) s’avère à y regarder de plus près : complexe, savante et même sensuelle. La rétrospective qui lui est consacrée au Centre Pompidou et qui retrace, en cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies, soixante ans de carrière, permet d’en juger.

Au fil du parcours chronologique, les immenses toiles minimalistes (qui font resurgir de notre mémoire l’affaire du baiser au rouge à lèvre posé par une "admiratrice" sur une de ses toiles immaculées, lors d’une exposition à Avignon en 2007), se densifient en signes (références à Éros, Thanatos, Bacchus), en écritures (Venus, Pan, Apollo), se couvrent de coulures, de taches de couleurs, le tout tracé, frotté ou barbouillé avec une gestuelle fébrile, un enivrement pour le rouge, mais un sens indéniable de la composition. D’abord réalisée à l’économie avec un mélange de peinture industrielle blanche et de mine de plomb, puis avec de la peinture à l’huile en tubes, ou de l’acrylique.

Construite autour de trois grands cycles monumentaux -Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000)- l’exposition révèle la grande culture de Twombly, notamment ses solides références littéraires et son goût pour la « peinture d’Histoire ». Ce qui évidemment ne saute pas aux yeux. Prenons notamment Nine Discourses on Commodus (1963). Créé fin 1963, alors que John F. Kennedy est assassiné à Dallas, ce cycle de neuf peintures évoque l’empereur romain Commode (161-192), décrit comme cruel et sanguinaire et entend traduire, par de sanguinolentes dégoulinades, la violence de son règne marqué par la terreur et les exécutions. Ou encore Achilles Mourning the Death of Patroclus (1962), représentant donc Achille pleurant la mort de Patrocle...(visuel ci-contre).

Héritier de l’expressionnisme abstrait américain, Cy Twombly, qui séjourne très régulièrement à Rome à partir des années 1950, s’est imbibé de la culture méditerranéenne, de ses maîtres et de ses mythes du passé. Son cycle Fifty Days at Iliam (1978) est inspiré par la lecture de l’Iliade du poète Homère. Coronation of Sesostris (Partie I à X, 2000) évoque le roi légendaire de l’Égypte ancienne Sésostris 1er au travers d’une toile dans laquelle on imagine voir deux barques et leurs avirons, l’une solaire avec son jaune lumineux et l’autre funéraire, sombre et voilée.

Une salle est dédiée aux sculptures que Cy Twombly élaborait à partir d’objets trouvés (morceaux de bois, cartons, fragments de métal) ; des combinaisons de formes brutes unifiées par un mince revêtement de plâtre et badigeonnées de blanc, leur conférant un aspect spectral. L’exposition évoque aussi la photographie pratiquée activement par Twombly depuis sa jeunesse, avec son goût pour le flou, les fleurs et les végétaux. Une œuvre photographique assez contemplative et poétique, qui à l’instar de la peinture inclassable de Cy Twombly exprime une évidente jubilation sensuelle. À défaut de toujours nous livrer du sens, elle s’adresse à nos sens et à nos émotions. L’essence de l’art en somme.

Catherine Rigollet

Visuels page expo : Achilles Mourning the Death of Patroclus, 1962. 259 x 302 cm. Huile, mine de plomb sur toile. Collection Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou / P.Migeat / Dist.
RMN-GP.
Vue de la série Quattro Stagioni, 1993 – 1995. Acrylique, huile, crayon de couleur et mine graphite sur toile, 313,2 x 189,5. Tate, Londres © Tate, London 2016.
Vue de la salle des sculptures.
Vue de Blooming, 2001-2008. Acrylique, crayon à la cire sur panneaux de bois, 250 x 500. Collection particulière. © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio. Photos : L’Agora des Arts.