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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Daido Moriyama et Fernell Franco

samedi 6 février 2016

Du 6 février au 5 juin 2016
Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail – 75014 Paris
Tous les jours, sauf le lundi, 11h-20h
Nocturne le mardi jusqu’à 22h
Plein tarif : 10,50€
www.fondation.cartier.co

Daido Tokyo & Cali Clair-Obscur

Deux villes du monde sont à l’affiche de la Fondation Cartier pour l’art contemporain : Tokyo photographiée en couleur, entre 2008 et 2015 par le Japonais Daido Moriyama et Cali (Colombie), photographiée en noir et blanc par le Colombien Fernell Franco, entre 1970 et 1996. Loin des clichés touristiques, ce sont les contrastes urbains et la vie populaire que ces artistes ont cherché à montrer.

Né en 1938, le Japonais Daido Moriyama s’intéresse aux mutations d’une société nippone qui oscille entre tradition et modernité, photographiant des profils de Tokyoïtes saisis sur le vif, notamment la population du quartier de Shinjuku où il vit, cette « boite de Pandore débordant de mythes contemporains ». Il a aussi une prédilection pour les panneaux publicitaires défraîchis, les vitrines de mode, les publicités sensuelles. Même des tuyaux aux formes insolites ou une chaussure dans un caniveau captent son regard. Des images prises sur le vif, en déambulant, avec un appareil numérique compact, sans recherche de cadrage, témoignant de l’esthétique de l’instantané chère à cette figure de la photographie japonaise. Tirées en très grands formats, exposées sur des panneaux agencés en labyrinthe, ses photographies nous projettent brutalement au cœur de la ville. Elles sont complétées par un diaporama de photographies en noir et blanc (Dogs and Mesh Tights) ; la part plus émotive et personnelle de l’artiste qui avoue préférer le noir et blanc, jusqu’à convertir ses clichés pris d’abord en couleur !

Violent contraste au sous-sol de la Fondation Cartier face à l’œuvre du Colombien Fernell Franco (1942-2006), figure majeure et pourtant méconnue de la photographie latino-américaine. Photojournaliste de profession, Fernell Franco a réalisé en parallèle un travail personnel dédié à la précarité et aux contrastes urbains souvent violents de Cali, ville où il a vécu et travaillé presque toute sa vie. Une œuvre expressive, tout en clair-obscur à la façon des films noirs américains, souvent très picturale du fait des rehauts au crayon ou à l’aérographe et du grain des tirages. L’exposition réunit plus de 140 photographies issues de 10 séries différentes. On y voit d’étranges et angoissants étals et ballots ficelés de bâches (Amarrados), des jeunes prostituées allongées sur des lits dans une maison close (Prostitutas), des intérieurs de vieilles bâtisses autrefois majestueuses (Interiores), des maisons décrépites (Demoliciones), des joueurs de billard (Billares) ou cette série Bicicletas, montrant combien les vélos peuvent être un trésor dont ne se sépare même pas pour dormir les coursiers dont c’est l’instrument de travail. L’exposition de cette œuvre singulière met aussi en lumière le Groupe de Cali, qui émerge au début des années 1970 avec des artistes tels Oscar Muñoz et Ever Mayolo, partageant un même intérêt pour la culture populaire et la ville.

Catherine Rigollet

Visuels : Daido Moriyama, Tokyo Color, 2008-2015. Tirage chromogène, 111,5 x 149 cm. Courtesy of the artist / Daido Moriyama Photo Foundation.
Fernell Franco, Série Amarrados, 1976. Tirage gélatino-argentique, 24,6 x 36 cm. Tirage d’époque, rehaussé par l’artiste. Collection privée, Paris © Fernell Franco Courtesy Fundación Fernell Franco Cali / Toluca Fine Art, Paris.
Fernell Franco, Série Bicicletas, 1975.Tirage gélatino-argentique, 16,4 × 21,4 cm. Tirage d’époque rehaussé par l’artiste. Collection Leticia et Stanislas Poniatowski.