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Expo à Paris

Daniel Arsham détourne des chefs d’œuvre du Louvre

Ah, ces statues antiques...On pense à Damien Hirst et ses statues antiques prétendument repêchées au fond de l’océan où elles auraient échoué il y a 2000 ans et que l’on avait vues à Venise en 2017. Mystification devenue exposition, on s’était bien amusé !
Le propos de Daniel Arsham est différent : des statues antiques, on en trouve ici, créées en 2019. L’artiste, américain, né en 1980, imagine pour elles non pas un séjour aquatique de 2000 ans, mais leur survie dans 1000 ans, et l’état dans lequel elles pourraient donc se trouver en 3020. Pour ce faire, il a utilisé les moules de sculptures de divers musées européens détenus par les ateliers de moulage de la RMN, et son équipe a collaboré avec les mouleurs pour fabriquer les bustes, les statues et les bas-reliefs en ciment de gypse teinté qui sont exposés ici comme dans un musée traditionnel. Des érosions ont été pratiquées et l’artiste y a incrusté des cristaux, marques d’une temporalité de longue haleine, pour simuler l’œuvre destructrice du temps. C’est ainsi que le Moïse de Michel-Ange est rongé au cœur, au front et à la cuisse par un champignon cristallin bleuté, et la Vénus de Milo creusée dans le dos par un champignon rose...Quelques dessins explicitent le propos.
Daniel Arsham travaille à New York sur gouaches, sculptures, films et dessins. Faisant de l’archéologie une fiction, il transforme des objets contemporains (appareil photo, une basket) en objets pétrifiés, fossilisés, comme à Pompéi, ou, comme ici, crée une statuaire utopique mais d’une éblouissante beauté. Une incitation à réfléchir sur la beauté et la conservation des œuvres antiques, et implicitement, des œuvres contemporaines ?

Elisabeth Hopkins

Daniel Arsham, Blue Calcite Eroded Moses, 2019. Blue calcite, hydrostone. 260 x 119 x 125 cm. © D.R

Archives des expos à Paris
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Du 11 janvier au 21 mars 2020
Galerie Perrotin
76 rue de Turenne 75003
Entrée libre
Du mardi au samedi, de 11h à 19h
www.perrotin.com