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A voir dans les galeries du Marais en juillet 2017

dimanche 2 juillet 2017

- Neal Fox : Angels with dirty faces
Du 24 juin au 28 juillet 2017. Suzanne Tarasieve Paris, 7 rue Pastourelle, 75003 Paris. Du mardi au samedi, de 11h à 19h. Entrée libre.

- Chiaru Shiota : Destination
Du 20 mai au 22 juillet 2017, Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, Paris 3e. Du lundi au samedi, 10h à 17h. Entrée libre.

- Matière Grise
Du 10 juin au 20 juillet 2017, Galerie Max Hetzler, 57 rue du Temple, Paris 4e. Du mardi au samedi, 11h à 19h. Entrée libre.

- Daniel Richter : Le Freak
Du 22 juin au 29 juillet 2017, Galerie Thaddaeus Ropac, 7 rue Debeelleyme, Paris 3e. Du mardi au samedi, 10h à 19h. Entrée libre.

- Lucio Fontana : Crosses
Du 20 mai au 29 juillet 2017. Galerie Karsten Greve, 5 rue Debelleyme, Paris 3e. Du mardi au samedi, 10h à 19h. Entrée libre.

- Cerith Wyn Evans
Du 6 juin au 28 juillet 2017. Galerie Marian Goodman, 79 rue du Temple, 75003 Paris. Du mardi au samedi, de 11h à 19h. Entrée libre.

L’Agora des Arts vous propose sa sélection d’expositions dans quelques galeries du Marais.

Neal Fox : Angels with dirty faces – Galerie Suzanne Tarasieve
Une formidable découverte ! Comment a-t-on pu manquer ce jeune artiste anglais (né en 1981), son exceptionnel talent de dessinateur, sa vaste culture, son humour ? Sur les cimaises, des œuvres à l’encre de Chine sur papier, inspirées par les people qui firent la une, avant-hier (Rimbaud), hier (Picasso), ou aujourd’hui (Bob Dylan). Une farandole de célébrités emmenée par le grand-père de l’artiste, qui vécut une vie mouvementée allant de pilote de guerre anglais à pilier de bar à Londres, et dont la silhouette minuscule est récurrente. Avec les narrations de Fox, théâtralisées dans des mises en scène extravagantes, on est confronté, sans moyen de s’échapper, aux outrances et aux talents des êtres humains, aux sales coups de l’histoire ou de la vie, à la fragmentation du temps vécu ou imaginé, à une géographie sans frontières, et à un corpus de références culturelles qui fait pâlir le peu que nous croyions savoir. On n’est pas près d’oublier ce travail !

Chiaru Shiota : Destination - Galerie Daniel Templon
Pas d’année récente sans que l’artiste japonaise (née en 1972, vit à Berlin) ne nous étonne à Paris par un nouveau travail. En introduction ici, l’une de ses sculptures de fil noir emprisonnant une chaise et du papier soulevé par un vent imaginaire, puis une magistrale installation d’un enchevêtrement de fil rouge (qui remplace de plus en plus le fil noir dans son œuvre) occupant toute la pièce et retenant une barque (Destination, 2017), objet de tous les espoirs pour certains, ou métaphore de notre navigation sur l’océan de la vie. Sur les cimaises d’autres enchevêtrements de laine en deux dimensions, sur une toile. Fil rouge sur fonds blanc (Endless Line I, II, III, 2017) ou fil blanc sur fonds gris (Night Sky I, II, III, 2017). Le microcosme humain irrigué par le réseau sanguin pour ceux-là, le macrocosme illuminé par une voie lactée, pour ceux-ci. Une interrogation sur l’homme et sa place dans le grand projet de la création ?

Matière Grise - Galerie Max Hetzler
On imagine bien Michel Pastoureau s’attaquant à cette couleur dans un prochain opus. Il est d’ailleurs cité en exergue de cette exposition collective d’œuvres offrant un camaïeu de gris, du perle à l’anthracite, en deux ou trois dimensions, où l’on voit que la couleur n’est pas aussi terne, neutre et triste que les définitions du dictionnaire. Glenn Brown s’approprie le pied d’Adolph von Menzel pour en faire une grisaille baroque ; l’affichiste Raymond Hains a collé quelques lacérations sur une tôle grise et présente sa version en duralumin d’un fer de gondole, ou plus exactement de son reflet sur l’eau du Grand Canal. Edmund de Waal s’inspire d’un épisode de la Bible pour une œuvre minimaliste, et Navid Nuur fait éclore deux fleurs de limaille de fer au cœur d’une roche blanche. À voir.

Daniel Richter : Le Freak - Galerie Thaddaeus Ropac
Difficile de résister à l’assaut des couleurs et des formes, à l’énergie du mouvement, dans les peintures toutes récentes du peintre allemand (né en 1962) exposées chez Thaddaeus Ropac Marais. Corps aux membres esquissés, dilués, ou soulignés au crayon gras, visages sortis du Cri de Munch ou de E.T., mains cherchant des croupes, poses érotiques, palette audacieuse jouant sur les clashes chromatiques, le tout assagi par les arrière-fonds s’éclaircissant comme des ciels. On ne reconnait pas la théâtralité des œuvres de Richter du début du siècle, on cherche ses sources d’inspiration, et on finit par se laisser happer par ces ambigüités. Aime-t-on ou non ? Difficile à dire. On est captivé, mais pas forcément séduit.

Lucio Fontana : Crosses - Galerie Karsten Greve
C’est dans les années 50 que Fontana (1899-1968) réalise un ensemble de sujets religieux en céramique (il les appelle des sculptures), alors que parallèlement il enrichit son concept de spatialisme. Ses motifs – Crucifixion, Déposition, Madone avec enfant – sont traités avec la liberté d’un créateur qui ne croit pas. Ses Crucifixions sont tout en finesse, mouvement, énergie, rehaussées de bleu ou d’or. Elles ne sont pas aussi abstraites qu’on le croit au premier regard, on y découvre le corps torturé du Christ, les membres tétanisés, la cage thoracique creusée, le visage douloureux incliné sur l’épaule auquel l’iconographie religieuse nous a habitués, et même le périzonium, qui dans un mouvement d’envol semble accompagner la vie qui s’échappe… C’est magnifique et émouvant.

Cerith Wyn Evans - Galerie Marian Goodman
De la transparence, de la lumière déclenchée par une musique discrète, du verre soufflé, du néon, les trois installations de l’artiste gallois (né en 1958) jouent avec leur lieu d’exposition comme avec les perceptions des visiteurs. En haut, dans la salle baignée de lumière du jour, deux lustres dansent un ballet immobile ponctué d’illuminations et d’extinctions, sur fond de piano joué par l’artiste. En bas, dans une grande salle close, des panneaux de verre pendus au plafond forment un labyrinthe reflétant, à l’endroit, à l’envers, des fragments d’une longue phrase en néon déployée sur les quatre murs et inspirée de Michel Foucault. Désorientation assurée. Enfin, dans la salle voûtée, sombre, une œuvre aérienne : des flûtes de cristal sont reliées à des tubes de plastique aboutissant à une “unité de respiration”. L’œuvre vit ! Un moment d’élégance, de calme et de sérénité.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Neal Fox, Illumination, 2017, encre de Chine et acrylique sur papier, 152 x 122 cm. Courtesy Galerie Tarasieve.
Daniel Richter, Algier – morgens, 2017, Oil on canvas, 230,4 x 170,3 cm, © Daniel Richter / Adagp-Paris 2017, Photo : Jochen Littkemann, Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London/Paris/Salzburg.
Vue de l’expo "Matière grise", Raymond Hains, “Fer de Gondole, 1968” et à gauche, “Untitled, 1960” (détail), galerie Max Hetzler. Photo : E.H.
Lucio Fontana, Crocifisso. Céramique polychrome — 43 × 35,5 × 11 cm. Courtesy Galerie Karsten Greve Cologne, Paris, St Moritz (photo E.H)