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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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De Watteau à Fragonard. Les Fêtes galantes. Le temps de l’insouciance

jeudi 13 mars 2014

Du 14 mars au 21 juillet 2014
Musée Jacquemart-André, propriété de l’Institut de France
158, boulevard Haussmann 75008 Paris
Horaires : ouvert 7 jours sur 7 de 10h à 18h
Nocturne les lundis et samedis jusqu’à 20h30
Tarif plein : 12€
Tél : 01 45 62 11 59
www.musee-jacquemart-andre.com

Au début du XVIIIe siècle, pendant la Régence (1715-1723), dans un contexte de paix retrouvée en France et de libération des mœurs tranchant avec l’austérité et la rigueur morale de la fin du règne de Louis XIV, Jean-Antoine Watteau (1684-1721) excellent dessinateur et subtil coloriste va mettre à la mode la fête galante. Un genre pictural nouveau qui ne dit pas encore son nom, inspiré par les représentations de fêtes champêtres initiées par les artistes flamands.

Il sera vite suivi par des artistes tels Nicolas Lancret (1690-1743) et Jean-Baptiste Pater (1695-1725), qui font évoluer les codes de la fête galante, ancrant ces scènes imaginaires dans la réalité en y reproduisant des lieux ou des œuvres d’art aisément reconnaissables par leurs contemporains. Pierre-Antoine Quillard (vers 1704-1733) ira même jusqu’à pasticher Watteau qui lui-même se recopia, produisant deux célèbres tableaux très proches dans leur composition (Pélerinage à l’île de Cythère et Embarquement pour Cythère) autour de cette fameuse île dédiée à Aphrodite -selon la mythologie grecque- et symbole des plaisirs amoureux.

Dans des décors à la végétation luxuriante, paisible et printanière, tous mettent en scène le sentiment amoureux avec des danseurs et belles dames s’adonnant à des divertissements de société propices aux poursuites et jeux de mains, à des confidences ou à des intrigues libertines derrière les bosquets. La poésie et l’insouciance qui se dégagent de ces œuvres s’accompagnent d’une recherche d’élégance et de raffinement propres à l’esprit rococo qui s’épanouit au siècle des Lumières. Les artistes excellent dans le rendu de la souplesse des tissus, des plissés de robe, des couleurs claires et acidulées. Le potentiel érotique de ces scènes de plein air est exploité avec l’introduction de baigneuses girondes et de femmes alanguies dans l’herbe. Des artistes comme François Boucher (1703-1770) et Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), vont donner encore plus de fantaisie aux plaisirs de la fête galante initiés par Watteau, remplaçant les parisiennes par de sensuelles bergères.

Riche d’une soixantaine d’œuvres, essentiellement des peintures provenant de grandes collections, le plus souvent publiques, françaises et internationales, l’exposition De Watteau à Fragonard. Les Fêtes galantes -très à propos au Musée Jacquemart-André dont la collection de peintures françaises du XVIIIe siècle est l’un des joyaux-, propose de redécouvrir l’œuvre précurseur de Watteau et celle d’un genre qui a occupé une place majeure dans l’art français tout au long du XVIIIe siècle, trop souvent rétrogradé en illustration pour boite de chocolat.

Catherine Rigollet

Visuel : Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). Le Jeu de la Main chaude. Vers 1775-1780. Huile sur toile, 115,5 x 91,5 cm. Washington, D.C., National Gallery of art, Washington, Samuel H. Kress collection © Courtesy National Gallery of Art, Washington