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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Degas, un peintre impressionniste ?

lundi 30 mars 2015

Du 27 mars au 19 juillet 2015
Musée des impressionnistes
99, rue Claude Monet – 27 620 Giverny
Tous les jours, de 10h à 18h
Tarif plein : 7€
Gratuit le 1er dimanche du mois
Tél. 02 32 51 94 65
www.mdig.fr

 

- On lira avec intérêt le catalogue de l’exposition (co-édité par Gallimard), qui reproduit toutes les œuvres exposées en pleine page. Sont abordés avec sincérité le parcours de Degas, sa personnalité de solitaire un peu amer, sa façon de peindre les femmes (avec mépris diront certains critiques qui comparent ses nus à ceux de Renoir), sa relation aigre-douce avec Monet, ses sujets de prédilection : nus, chevaux de course, danseuses et la question du paysage chez Degas, l’aspect le moins connu de son œuvre.

S’interroger sur l’appartenance d’Edgar Degas (1834-1917) au mouvement impressionniste surprend. L’histoire de l’art a toujours intégré Degas parmi les impressionnistes et il fut le promoteur de la plupart des huit manifestations qui ont rythmé la naissance puis l’évolution du mouvement, de 1874 à 1886. Pour autant, Degas resta hostile au terme « impressionniste » dans lequel il ne se reconnaissait pas, disant toutefois que « tout artiste sincère a toujours traduit ses impressions », relève Xavier Rey, directeur des collections au musée d’Orsay, co-commissaire avec Marina Ferreti de cette passionnante exposition Degas, un peintre impressionniste ?, présentée à Giverny, en partenariat avec le musée d’Orsay. Réunissant quatre-vingt peintures, sculptures, pastels, monotypes et dessins, elle évoque sa formation et son parcours, présente toutes les facettes de son travail et aborde la question du paysage chez Degas, l’aspect le moins connu de son œuvre.

Grand admirateur d’Ingres, Degas reste avant tout un dessinateur, contrairement aux impressionnistes qui s’écartent du dessin. Surtout, il ne peint pas en plein air, ni sur le motif, préférant restituer de mémoire, dans l’atelier, avec une attention nouvelles aux lumières artificielles, des scènes de la vie moderne qui ont captivé son attention. Comme ces Femmes à la terrasse d’un café le soir, une repasseuse baillant de fatigue ou son fameux Bureau de coton à la Nouvelle-Orléans, peint en 1873, à la suite d’un séjour dans sa famille aux États-Unis. Capable aussi de transcrire avec sa mémoire photographique (il a beaucoup aimé photographier aussi) et sous des angles inattendus, le mouvement d’un cheval ou d’une danseuse, deux thèmes très personnels qui ont fait sa renommée.

Peu connu pour ses paysages, son sujet de prédilection étant la figure humaine, Degas en a pourtant peint un grand nombre lors de ses séjours à Saint-Valéry-sur-Somme ou en Normandie, peut-être aidé par les impressions qu’il a notées dans son carnet au cours de ses promenades. Ainsi, l’été 1869, il écrit : « coucher de soleil, orange rosé froid et sourd, neutre, mer dos de sardine, et plus clair que le ciel ». Des œuvres plus proches des artistes symbolistes que des impressionnistes, le plus souvent jaillies là encore de son imagination ou de ses souvenirs. D’audacieuses compositions de villages, de sous-bois (étrange Renard mort), ou de bords de mer à l’atmosphère mystérieuse, tels ces lumineux pastels exposés en fin de parcours et dans lesquels la mer se dilue dans le ciel, le dessin dans la couleur.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Edgar Degas, Femme vue de dos (La Visite au musée), v. 1877-1880. Huile sur toile, 81,3 x 75,- cm. Washington, National Gallery of Art, collection de M. et Mme Mellon, 1985. © Washington, National Gallery of Art.