Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos en Europe > Archives expo en Europe > Delacroix et l’essor de l’art moderne > A Londres. Delacroix et l’essor de l’art moderne

A Londres. Delacroix et l’essor de l’art moderne

lundi 4 avril 2016

Du 17 février au 22 mai 2016
National Gallery, Sainsbury Wing
Trafalgar Square, London WC2N 5DN
Tous les jours de 10h à 18h,
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Plein tarif : £ 16
www.nationalgallery.org.uk

 

- Catalogue par Patrick Noon et Christopher Riopelle, 272 pages, 160 illustrations en couleur, 280 x 230mm. Relié £35, broché £19,95. Éditions : National Gallery Company, en association avec le Minneapolis Institute of Art.

Il était beau comme le prouve Autoportrait, 1837 du Louvre. Il était talentueux et très controversé. Chacune de ses œuvres était décortiquée et critiquée par ses contemporains mais, après sa mort, elles surent influencer les artistes de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. De l’aveu même de Cézanne, « nous peignons tous en lui. » Mais comment ? La réponse est à trouver dans une bonne vingtaine d’œuvres d’Eugène Delacroix (1798-1863) côtoyant celles de peintres qui s’en sont inspirés. Que ce soient, de son vivant, Chassériau qui, une quinzaine d’années après le maître, se rendit en Algérie et met en scènes femmes d’Alger et cavaliers du désert, et Manet ou, après sa mort et la vente des œuvres de son studio, Odilon Redon, Van Gogh, Matisse, Renoir et Cézanne.

Delacroix, anglophile convaincu, attiré par l’exotisme, théoricien de l’art dans son Journal, était bien le formidable peintre qu’avait reconnu Baudelaire (même si le peintre n’avait porté en retour que peu d’attention au poète) de par la variété de ses thèmes – scènes religieuses ou mythologiques imaginatives, portraits, sujets exotiques, fleurs –, sa palette mettant à l’honneur rouges (“lac de sang”, dirait Baudelaire) et verts pour des compositions tourmentées, servies par un coup de pinceau vigoureux.

Son travail suscita d’abord les critiques aux Salons de 1822 puis de 1827-28 où il exposa La Mort de Sardanapale. « Je devenais l’abomination de la peinture », dit-il. Quelques années plus tard pourtant, l’État français se portait acquéreur et Delacroix obtenait sa consécration à l’Exposition Universelle de 1855. Une réplique de 1847 de la provocante Barque de Dante, 1822 si décriée au premier Salon figure dans l’exposition avec la copie du même sujet par Manet. Pietà, d’après Delacroix, 1889 de Van Gogh, L’apothéose de Delacroix, 1890-4 de Cézanne et Noce juive au Maroc, d’après Delacroix, c. 1875 de Renoir illustrent comment chaque artiste trouva chez le peintre rebelle de quoi nourrir sa propre esthétique : soit ses thèmes, ou sa technique picturale –fractionnement de la touche, couleurs hardies et utilisation dramatique de leurs complémentarités (le “flochetage” inventé par l’artiste) –, soit son expressivité, ou encore la théâtralisation de ses compositions, l’exotisme ou la violence de ses sujets. Oui, décidément, Delacroix n’aimait pas “la peinture raisonnable” !

Un artiste rebelle, en rupture de ban avec les consignes académiques, et dont l’influence permit l’éclosion de l’art moderne. Une approche passionnante pour découvrir ou revoir ses œuvres.

Elisabeth Hopkins

Eugène Delacroix, Autoportrait, vers 1837. Huile sur toile, 65 x 54.5 cm. Musée du Louvre, Paris (RF 25). © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi.
Eugène Delacroix, A Moroccan mounting his Horse, 1854. Oil on canvas, 56 x 46 cm. Private collection © Photo courtesy of the owner.