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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Edouard Pignon. Femmes en Méditerranée. Catalanes à Collioure, étés 1945-1946

mercredi 5 juin 2013

Du 1er juin au 13 octobre 2013
Musée d’art moderne
Villa Pams - Route de Port Vendres
66190 - Collioure
Tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h
Plein tarif : 6 € – Tarif réduit : 4 €
Gratuit jusqu’à 12 ans
Tél. 04 68 82 10 19
www.collioure.net/museedartmoderne

 

À lire :
Catalogue de l’exposition : « Edouard Pignon. Femmes en
Méditerranée : Catalanes à Collioure. Etés 1945-1946 », Somogy-Editions d’art. Textes de Joséphine Matamoros, Philippe Bouchet, Herbert Read, Natalie Adamson, et interview de Michel Ragon. Biographie détaillée et reproductions de photos et coupures de presse rares. 22 x 28 cm, 152 pages, 173 illustrations, relié. Prix : 27 €

Édouard Pignon (1905-1993) revient à Collioure, là où la montagne se glisse sous la mer et où une oliveraie vient lécher les murs du si joli musée... Près de soixante-dix ans après avoir passé deux étés parmi les plus déterminants de son évolution créatrice dans la cité catalane, lovée au creux de sa célèbre baie, le musée d’art moderne rend hommage, grâce à la détermination des fervents spécialistes de Pignon que sont Joséphine Matamoros et Philippe Bouchet les deux co-commissaires de l’exposition, à une période méconnue et rarement montrée de l’œuvre du peintre, une période courte et pourtant charnière de celui que l’on a pu qualifier de « peintre de la réalité moderne ». Déjà sous contrat avec la Galerie de France depuis peu, Pignon, communiste un peu vite rangé dans la mythologie ouvrière et minière (il est né dans le Pas-de-Calais d’un père mineur de fond) est déjà un peintre reconnu au sortir de la guerre. Invité à Collioure deux étés d’affilée par le peintre Willy Mucha, Pignon va y vivre une intense métamorphose, le magnifique village de pêcheurs jouant un rôle de lieu révélateur à l’instar de ce qu’il fut pour d’autres artistes (Derain, Matisse, Survage...). Contrairement à la plupart d’entre eux, Pignon ne s’intéresse pas aux paysages envoûtants du village, même si, en pensant à ces deux séjours estivaux, il écrira avoir « remis du soleil dans ma palette » ou encore « se souvenir de la violence colorée de Collioure ». En revanche, et inaugurant là un travail en séries qui deviendra aussi sa marque, il s’inspire du quotidien de cette civilisation méditerranéenne finissante en faisant poser ces Catalanes à l’allure fière et sculpturale, parfois pleureuses ou remailleuses de filet, gardiennes d’une époque qui s’achève, d’une impressionnante beauté primitive forgée tant par l’épaisseur des siècles que par l’histoire de l’art. « En immortalisant ces femmes du peuple, écrit Joséphine Matamoros dans le passionnant catalogue consacré à l’exposition, Pignon leur donne une visibilité et leur fait une place à tout jamais dans le concert de la mythologie. » On retrouvera quelques années plus tard ces Catalanes dans les céramiques (dont certaines sont présentées dans l’exposition) qu’il réalise entre 1951 et 1954 à Vallauris près de Picasso, devenu son ami. À Collioure se posent aussi, ces étés-là, les questions essentielles, auxquelles Pignon a déjà réfléchi comme érudit et théoricien, de la construction de l’espace, de la couleur, de l’abstraction et de la figuration. Il en réussit alors sa synthèse personnelle, avec la belle liberté d’esprit qui l’anime face aux modes et courants artistiques divers, si foisonnants à la Libération. « La jeune peinture, écrit Pignon en 1944, ne veut pas un divorce entre ses créations et le réel, entre l’artiste et le monde, mais au contraire leur communion et l’exaltation de la réalité dont elle aspire à condenser le drame. » À partir de ces séjours fondateurs de Collioure, ce peintre du réel a continué à tracer sa voie pendant des décennies sans subir l’ostracisme ni des zélateurs de l’abstraction ni de ceux de la figuration. À « Contre-Courant » pour reprendre le titre de son livre de 1974...

Jean-Michel Masqué

Visuel page expo : Edouard Pignon, Remmailleuses de filets, 1946. 170 x 200 cm. Collection particulière en dépôt au Musée D’Art Moderne de Céret.
Visuel page d’accueil : Edouard Pignon, Catalane, 1946. Huile sur toile 81 x 65 cm. Collection particulière