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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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El Bosco. La exposición del V centenario

mercredi 8 juin 2016

Du 31 mai au 11 septembre 2016
PROLONGATION JUSQU’AU 25 SEPTEMBRE 2016
Museo Nacional del Prado
Paseo del Prado
28014 Madrid
Du lundi au jeudi, de 10h à 20h
Vendredi et samedi, de 10h à 22h
Dimanche, de 10h à 21h
Entrée : 16€
www.museodelprado.es

 

Catalogue : Bosch, The 5th Centenary exhibition. Ed. Museo Nacional del Prado, 2016. 400 pages. Textes par les commissaires des musées détenant une œuvre de Bosch.

Après Bois-le-Duc, ville natale de Jheronimus van Aken, connu sous le nom de Jérôme Bosch (vers 1450-1516), qui ne détient aucune œuvre de son illustre ressortissant, l’exposition des œuvres du peintre flamand est maintenant sur les cimaises du Prado, propriétaire de six œuvres grâce aux acquisitions de Philippe II (1527-1598). Les 28 toiles, dont sept attribuées à son atelier, et les huit dessins ont été prêtées par Paris, Washington, Bruxelles, Vienne et Londres. L’Espagne, qui compte huit toiles, est le plus important détenteur des œuvres de Bosch. Un record, puisqu’on le crédite de 25 toiles tout au plus.

Bosch était déjà célèbre à son époque pour l’originalité de son style ; ses élèves et ses suiveurs n’hésitèrent pas à le copier, voire même peindre sous sa signature, ce qui rend les attributions parfois difficiles. Même s’il s’inspire du bestiaire médiéval des églises et des livres pieux et même s’il se détache du réalisme contemporain avec ses monstres, ses grotesques et ses hallucinations, Bosch n’en est pas moins un peintre de la Renaissance, profondément croyant, influencé par la “devotio moderna”, une spiritualité prônant l’ascèse et l’imitation du Christ. Pessimiste, Bosch voit l’homme, né innocent mais plombé par ses péchés, perpétuellement tiraillé entre sa quête du paradis et la menace de l’enfer.

La datation des œuvres étant sujette à caution, l’accrochage est thématique : Nouveau Testament, Saints, Du paradis à l’enfer, Le Jardin des Délices, les œuvres non religieuses et la Passion du Christ. Au fil des œuvres, on peut s’émerveiller de la virtuosité du peintre, que ce soit dans l’opulence des vêtements ou dans les détails des objets (Adoration des Mages, Triptyque, c. 1494) ; dans l’architecture imaginative des villes en arrière-plan, dans les paysages sereins ou enflammés qui occupent le haut des tableaux, dans les visages caricaturaux des scènes bibliques (Le portement de croix, c. 1505) et dans ses créatures mi-hommes mi-bêtes ou mi-objets, qui se livrent dans un festival chromatique séducteur à des ébats violents qui restent bien mystérieux.

Mais il faudra lire le catalogue (particulièrement bien documenté sur la technique picturale de l’artiste) pour découvrir en partie la signification de la symbolique de Bosch dans les triptyques quasi surréalistes (La Tentation de Saint Antoine, Le Jardin des Délices, Le Jugement dernier). Ou pour comprendre la complexité des thèmes, par exemple, du Jardin, montrant hommes et femmes lubriques dans un paradis fallacieux, se livrant aux injonctions du Dieu de la Genèse “soyez féconds, multipliez…”, pour finir en enfer.

Il faut donc absolument braver les foules, branchées sur leurs écouteurs, qui s’agglutinent en plusieurs rangs devant les tableaux, savourer les dessins -moins fréquentés- et découvrir les facettes d’un peintre spirituel et … spirituel.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Jheronimus Bosch (c. 1450–1516), La nave de los necios - The Ship of Fools. Oil on panel, 58.1 x 32.8 cm. Paris, Musée du Louvre, département des Peintures. Don de Camille Benoit, 1918.