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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Elisabeth Vigée Le Brun. Portraitiste de l’Europe

mardi 22 septembre 2015

Du 23 septembre 2015 au 11 janvier 2016
Grand Palais
Tous les jours, de 10h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h
Fermé le mardi
Tarif plein : 13€
Tél. 01 44 13 17 17
www.grandpalais.fr

 

- Parmi les nombreuses publications anciennes et récentes consacrées à Elisabeth Vigée-Lebrun, notre coup de cœur va à ses Souvenirs (2 tomes), dans une édition féministe de Claudine Herrmann, publiée aux Editions des femmes, en 1984.

- Cette exposition, organisée par la Rmn-GP, le Metropolitan Museum of art de New York et le musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, sera ensuite présentée à New York, du 9 février au 15 mai 2016 et à Ottawa, du 10 juin au 12 septembre 2016.

Encouragée par son père, le pastelliste Louis Vigée qui repère très tôt le talent de sa fille, Élisabeth Vigée Lebrun (1755-1842) commence sa carrière à quinze ans, devient le peintre officiel de la reine Marie-Antoinette et une portraitiste célèbre dans toute l’Europe qu’elle traverse durant une période mouvementée, exilée de 1789 à 1802 à cause de ses fréquentations trop aristocratiques.
Femme, artiste et mère, elle utilise l’autoportrait pour diffuser cette triple image d’elle. Dans Tendresse Maternelle, l’un de ses tableaux les plus célèbres, elle serre contre sa poitrine sa fille Julie dans une attitude très rousseauiste, empreinte d’un idéal de la maternité heureuse. Son mariage avec le marchand d’art Jean-Baptiste Le Brun lui ouvre de nombreuses portes, mais elle le quitte assez vite, satisfaite de retrouver sa liberté et sachant parfaitement promouvoir sa carrière, ne laissant pas brider sa vocation et réussissant à s’imposer dans un milieu éminemment masculin où les femmes ont beaucoup de difficultés à être reconnues.

Élisabeth Vigée-Lebrun est sûre de son talent, jolie, d’esprit libre, et assez fine mouche pour embellir les grandes dames de Rome à Vienne, renforçant sa réputation et assurant ses revenus. Non autorisée en tant que femme à dessiner d’après des nus masculins et écartée de la peinture d’histoire, Elisabeth Vigée Le Brun se concentre donc sur les portraits (à l’huile et au pastel) et le monde qu’elle peint est essentiellement féminin, même si son œuvre compte aussi des portraits d’hommes, tels celui du peintre Hubert Robert d’une grande vigueur (l’un de ses meilleurs tableaux) ou ce spectaculaire portrait en pied de Mohammed Dervich Khan, ambassadeur du sultan de Mysore, ainsi que quelques compositions mythologiques et allégoriques et des paysages peints sur le vif dans un style romantique. Sa maîtrise de la couleur, sa touche sensible, son inventivité dans les poses, les tenues légères (chemise ou gaulle) dont elle revêt ses modèles suivant une nouvelle mode prônant le naturel et le confort, voire les costumes dans lesquels elle idéalise certaines femmes (Lady Hamilton en bacchante dansant devant le Vésuve ou Germaine de Staël en Corinne au Cap Misène), apporte une touche de fantaisie à ses portraits, tous empreints d’un certain sentimentalisme.

Cette grande rétrospective réunit plus de 150 œuvres, dans un parcours enrichi de citations extraites de ses souvenirs. Élisabeth Vigée Le Brun qui aimait écrire, et vécut jusqu’à 87 ans, eut tout le temps de raconter sa vie et ses récits regorgent d’anecdotes et de détails sur : son enfance, ses études dans l’atelier de Briard, les conseils de Joseph Vernet, les séances de poses de la reine à Versailles, ses nombreux voyages en Europe et à travers la France, sa famille, etc. Elle y donne aussi des conseils très précis pour peindre des portraits.
Un bel hommage de la France à Vigée Le Brun qui manquait ; la seule rétrospective connue remonte à 1982, à l’initiative du Kimbell Art Museum de Fort Worth (États-Unis). Les tableaux et pastels proviennent de prestigieux musées, –dont la Galerie des Offices à Florence, le musée du Louvre, le château de Versailles, le Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Metropolitan Museum of Art de New York ou encore le Kunsthistorisches Museum de Vienne– et de nombreuses collections particulières.

Catherine Rigollet

Visuels : Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Portrait de l’artiste avec sa fille, dit La Tendresse maternelle, 1786, huile sur panneau de chêne, 105 x 84 cm, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, © Photo Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux.
Élisabeth Louise Vigée Le Brun, Hubert Robert, 1788, huile sur panneau de chêne, 105 x 84 cm, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, don de Mme Tripier Le Franc, suivant le vœu de sa tante Mme Vigée Le Brun, 1843, © Photo Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi.