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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Eros Hugo. Entre pudeur et excès

mercredi 25 novembre 2015, par cath

Du 19 novembre 2015 au 21 février 2016
Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges – 75004 Paris
Tous les jours, de 10h à 18h, sauf lundis et jours fériés
Tél. 01 42 72 10 16
Plein tarif : 7€
www.maisonsvictorhugo.paris.fr

Étonnant Victor Hugo ! Est-ce le même homme qui arrive vierge à son mariage avec Adèle, écrits des poèmes d’une grande sensualité à ses grands amours que furent Juliette Drouet, Léonie Biard et Blanche Lanvin, sans toutefois les publier de son vivant…Mais se révèle aussi un coureur invétéré et fougueux, doué d’un bel appétit charnel avec des servantes, des prostituées ou des visiteuses occasionnelles.

Au 6, Place des Vosges (ex Place Royale) où l’écrivain vécu de 1832 à 1848 dans un appartement devenu un musée aménagé de façon à nous faire parcourir sa vie, une exposition dévoile ce Victor Hugo de pudeur et d’excès. Une double face que l’on retrouve dans son œuvre littéraire et graphique, et que le parcours chronologique met en scène avec une large sélection de dessins en lien avec ses romans, poèmes et pièces de théâtre, accompagnée de citations et enrichie d’œuvres d’autres artistes du XIXe siècle (Cabanel, Ingres, Corot, Deveria, Rodin, Rops...)

Mais s’il fut sensuel, passionné et libertin, excessif dans l’expression des passions comme au cours de deux scènes presque hallucinées de Notre-Dame de Paris et de L’Homme qui rit, Hugo ne versa jamais dans l’érotisme, fut-il littéraire, alors que le XIXe siècle lui voue presque un culte. Et Hugo, qui use souvent de métaphores pour parler d’amour et ne décrit jamais de scène d’amour physique, dessine de façon tout aussi allusive. À peine un sein nu dévoilé par un peignoir qui s’entrouvre (Le Lever). À peine trois coups de crayon pour évoquer une Silhouette de femme vue de face. Une pudeur et une retenue du crayon hugolien qui tranche face à la Nymphe enlevée par un faune d’Alexandre Cabanel, cette Esméralda assaillie par Frollo de Louis Boulanger et plus encore devant La vrille suggestive de Félicien Rops et les nus d’atelier tout aussi pornographiques de Francesco Hayez. Une manière de nous faire comprendre que Victor Hugo ne s’est jamais placé sur ce terrain là.

Cette relecture originale de l’œuvre de Victor Hugo, génie des contrastes, nous confirme surtout qu’entre pudeur et excès il est d’un romantisme absolu.

Catherine Rigollet

Visuel : Victor Hugo (1802-1885), Femme aux seins nus, un foulard autour du cou. Plume et lavis d’encre brune sur crayon de graphite, encre noire, fusain, gouache, papier vergé 17,5 x 12,8 cm. Maison de Victor Hugo, © Maisons de Victor Hugo / RogerViollet.