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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Eugène Isabey. Par les ruelles et par les grèves

vendredi 13 juillet 2012

Du 5 juillet au 17 septembre 2012
Musée du Louvre
Tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi
Nocturnes, mercredi et vendredi jusqu’à 21h45
Accès avec le billet d’entrée au musée : 10 €
Tél. 01 40 20 53 17
www.louvre.fr

Fils de Jean-Baptiste Isabey, le plus célèbre des miniaturistes de l’Empire, Eugène Isabey (1803-1886) avait le pinceau facile et s’est fait un prénom comme habile paysagiste. L’abondance de son œuvre, la virtuosité de son coup de crayon et son talent d’aquarelliste ont assuré sa postérité. La mer à particulièrement inspiré cet artiste qui a pensé dans sa jeunesse entrer dans la marine, avant de devenir peintre de marines, se passionnant à transcrire la violence des vagues, les tempêtes et la rudesse des côtes déchiquetées, orchestrant même des scènes de naufrage. La richesse du littoral normand le fascine tout particulièrement. À partir de 1820, il se rend régulièrement à Dieppe, au Havre, à Etretat, puis en Bretagne à partir de 1833. Il achètera même en 1853 une maison à Varengeville, sur les hauteurs de Dieppe, immortalisant les fermes du bocage alentours et le manoir d’Ango. Romantique comme son ami Paul Huet, il délaisse toutefois les ruines d’abbayes, se cristallisant sur les paysages de bord de mer et la vie quotidienne. Lors d’un séjour en Angleterre, il rencontre Bonington et subit son influence. Ses falaises, vagues, barques fendant l’eau font penser à l’aquarelliste anglais. Il enseignera lui-même à Jongkind et à Boudin tout en s’imprégnant de leur pré-impressionniste naissant. Un rapprochement qui semble évident face aux Rochers à Saint-Malo. Quelques unes de ses œuvres à la noirceur et au romantisme dramatique, comme ce très beau Port au pied des hautes falaises, font aussi penser à la touche de Victor Hugo. Toutefois, Isabey y ajoute très vite du blanc et sa manière d’ éclairer est très particulière, avec des petites touches posées ça et là, parfois comme des gouttes (Château de Vitré). Ce ténébrisme appliqué au dessin ne durera d’ailleurs pas. L’artiste se remet à privilégier la couleur dans son œuvre graphique, ainsi Jardin à Varengeville, aquarelle rehaussée de gouache très colorée. L’exposition se concentre sur la face estivale de son œuvre, les soixante vues des côtes et villes anciennes de Bretagne et de Normandie conservées au département des Arts graphiques du musée du Louvre, ensemble d’aquarelles acquises de l’artiste en 1864. « La qualité de ces presque-tableaux, en plus frais et lumineux, n’échappa pas à Napoléon III, qui fit acquérir en bloc cette sélection », souligne Christophe Leribault, commissaire de l’exposition, dans le catalogue “Eugène Isabey. Par les ruelles et par les grèves”. La présentation est complétée par d’autres dessins et deux tableaux sur le même thème, (Le fort de Berteaume et Vue prise de la côte normande) issus des collections du Louvre et de la Fondation Custodia. De même, dix-huit carnets de dessins, acquis en 1997, permettent de suivre au plus près la manière de croquer sur le vif de cet artiste-voyageur.

Catherine Rigollet

Visuel : Rochers à Etretat, 1851 [ou 1857] Aquarelle sur traits de graphite, gouache. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-GP (Musée du Louvre) / Michèle Bellot