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Ferrante Ferranti. « Itinerrances »

vendredi 12 juillet 2013

Ferrante Ferranti. "Itinerrances"
Maison européenne de la photographie
Du 26 juin au 15 septembre 2013
5/7 rue de Fourcy - 75004 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche, de 11h à 20h
Tarif plein : 8€
Tél. 01 44 78 75 00
www.mep-fr.org

 

- À voir aussi à la MEP cet été :
Costa-Gavras. Carnets photographiques
Auteur de films mythiques, de Z à Capital, son dernier film, en passant pas "L’Aveu", "Clair de Femme" et "Missing", Costa-Gavras est aussi photographe. L’exposition à la Maison Européenne de la Photographie donne à voir cet aspect méconnu de son œuvre. Avec environ 70 photographies de voyage (en Palestine, Russie, Amérique latine…), de portraits (sa famille ainsi que des personnalités du monde du cinéma et de la politique), et de ses engagements politiques.

Les images de Ferrante Ferranti suscitent autant l’émotion que l’imaginaire. Car la démarche de ce grand photographe-voyageur tient autant du corps que de l’esprit. En 1984, dans le Banquet des Anges déjà, ses clichés uniques révélaient avec sensibilité le génie du baroque raconté avec culture par Dominique Fernandez. Depuis plus de trente ans, Ferrante Ferranti se passionne pour ce baroque découvert lors de ses études d’architecture et il s’est engagé dans une exploration de nombreuses civilisations, cultures et peuples à travers le monde en commençant par la Sardaigne et la Sicile, terres de ses ancêtres. Car, écrit ce fils d’une mère sarde et d’un père sicilien : « Je suis né en Algérie (en 1960 ndlr), et j’ai grandi en France. Mais, au cœur des civilisations d’Europe, c’est l’Italie de mes origines qui m’a tout appris. » Si depuis, les photographies de Ferrante Ferranti dialoguent souvent avec les textes de Dominique Fernandez, qui le définit dans l’album Itinerrances (Actes Sud, 2013) comme « l’inventeur d’un langage qui relie le soleil aux ruines, en quête du sens caché sous les formes « , lui aussi est un écrivain, de l’image, évoquant le contexte de ses prises de vue comme autant de bribes de son existence itinérante en quête de pierres, de lumière, de vies, de cultures, et avec la sagesse de ceux qui savent prendre le temps de regarder et capter la quintessence des choses et l’esprit des lieux. « La pluie tropicale s’était transformée en fine bruine. Je m’abritais encore sous le porche de l’église, devant le parvis qui domine le paysage montagneux du Minais Gerais. L’enfant est arrivé par la droite du sanctuaire, isolé au sommet de la colline, puis a disparu. Il en faisait le tour afin d’amorcer l’envol de son cerf-volant. J’ai imaginé qu’il pouvait ressurgir. » Et il ressurgit, sur la terrasse des Prophètes, entre deux statues se reflétant dans l’eau, courant son cerf-volant flottant doucement derrière lui. C’était à Congonhas do campo, au Brésil, en 1993 et Ferrante Ferranti a su attendre le moment propice. Guidé par l’obsession du cadrage, fasciné par la lumière, ses jeux avec les formes des architectures, Ferrante Ferranti sait rendre la pierre vivante, comme celle de la statuaire à laquelle il redonne relief des corps et sensualité de la chair.
Ce photographe sait aussi que l’image ne nait pas du seul hasard. Il la cherche pour lui donner du sens, pour mener à la connaissance, tout en provoquant l’émotion. Il joue avec les couleurs jusqu’à l’extrême limite de l’aspect « cliché touristique », mais n’est jamais aussi sensible et romanesque, voire dramaturge qu’avec le noir et blanc, qui s’y prête bien il est vrai. Dans la série Itinerrances, présentée à la Maison européenne de la photographie durant tout l’été, ses élans l’ont mené d’un village sicilien en ruine traversé par un étalon noir sauvage (Santa Margherita di Belice, Sicile, 1987), jusqu’au sommet du mont Girnar, haut lieu de pèlerinage jaïn et hindouiste, dans les terres sèches du Gujarat, en Inde, en passant par le Japon, le Guatemala, la Bolivie, le Brésil, l’Éthiopie, etc. en cherchant paradoxalement l’errance tout autant que la trace. 130 œuvres sont à découvrir autour de trois thèmes : Pierres sauvages- Pierres vivantes, Rencontres et Empreintes du sacré.

Catherine Rigollet

Visuel : Hommage a Gian Lorenzo Bernini, “Le rapt de Proserpine”, Villa Borghese, Rome, Italie, 1997. ©Ferrante Ferranti.
Visuel page d’accueil : Santa Margherita di Belice, Sicile, 1987 © Ferrante Ferranti