Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos en France > Archives expo en France > Fiat Flux : La nébuleuse Fluxus 1962-1978 > Fiat Flux : La nébuleuse Fluxus 1962-1978

Fiat Flux : La nébuleuse Fluxus 1962-1978

dimanche 11 novembre 2012

FIAT FLUX. La nébuleuse Fluxus : 1962-1978
Du 27 octobre 2012 au 27 janvier 2013
Musée d’art moderne de Saint-Etienne Métropole
Rue Fernand Léger - 42270 Saint-Priest-en-Jarez
Tous les jours, sauf mardi, de 10h à 18h
Entrée : 5€
Tél. 33 (0)4 77 79 52 52
www.mam-st-etienne.fr

 

- Catalogue en français et en anglais avec une chronologie Fluxus de 1952 à 1995 et la biographie des artistes. 288 pages. 120 photographies. Éditions Silvana Éditoriale. Prix 28 euros.

 

- Parallèlement à l’exposition Fluxus et très à propos, le Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art moderne présente les collages des années 1960 de Jean-Jacques Lebel (né en 1936 à Paris), un artiste agitateur refusant les étiquettes. Du 27 octobre 2012 au 27 janvier 2013.

Cinquante ans après la fondation du groupe Fluxus (du latin flux, le courant), comment présenter dans un musée la « nébuleuse » de ce mouvement artistique de la seconde moitié du XXe siècle dont les protagonistes refusent la notion d’œuvre et sont rebelles à toute exposition et reconnaissance des institutions ? S’en tirant par une pirouette en proclamant qu’ « exposer, ce n’est pas imposer : libre à chacun d’ôter l’étiquette invisible « ceci est de l’art », le musée d’Art moderne de Saint-Étienne a relevé le défi, présentant un corpus inédit de deux cents œuvres pour célébrer et ouvrir le regard sur le mouvement en présentant non pas une exposition Fluxus, mais sur l’esprit Fluxus. Nuance.
Retour au printemps 1961 à New-York. De jeunes artistes influencés par le dadaïsme, la philosophie zen, le gag et la musique novatrice de John Cage, fédérés par l’artiste galeriste et éditeur américain George Maciunas (1931 – 1978), organisent une série de concerts et de performances musicales, sonores et poétiques à la AG Gallery. Le mot Fluxus y apparaît pour la première fois. En septembre 1962, George Maciunas organise le premier festival Fluxus, le « Fluxus Internationale Festspiele neuester Musik » à Wiesbaden en Allemagne avec Dick Higgins, Alison Knowles, Wolf Vostell et Nam June Paik, etc. marquant ainsi les débuts officiels du mouvement et la formulation d’une nouvelle forme d’expression artistique où la musique, la performance et la création visent à construire un lien entre l’art et la vie. Très vite, des dizaines d’artistes internationaux en quête d’espace de liberté viendront revendiquer une telle pratique de l’art. Fluxus comptera parmi ses membres des personnalités aussi diverses que Yoko Ono, Joseph Beuys, Nam June Paik, Wolf Vostell, Charlotte Moorman, Takako Saito, Mieko Shiomi, Carolee Schneeman et en France, Robert Filliou, Ben Vautier (Ben), George Brecht, Daniel Spoerri.

La première salle de l’exposition, à travers les publications Fluxus et des photographies de performances, présente les jalons de ce mouvement si complexe, dans une approche chronologique : du 21 mai 1962, jour du lancement par Maciunas de sa lettre d’information Fluxus newsletter destinée aux artistes, au 9 mai 1978, date de la mort de Maciunas à Boston. Le mouvement n’en continuera pas moins après son décès. La grande salle résonne de l’installation monumentale et assourdissante de Wolf Vostell Fandango (1975), une trentaine de portières de voiture frappées par un marteau sur fond de toiles d’accidents de voitures. Plus sage dans ses installations, Nam June Paik dont l’univers est celui de l’image, de la lumière et du son, nourrit ses sculptures d’objets de consommation récupérés comme Ecce Homo (1989), immense robot construit de postes de radio usagés ou Jeune Boudha sur lit Duratrans (1989-1992), un assemblage de néons et de postes de télévision posés sur un ancien lit chinois. Les artistes Fluxus court-circuitent les galeries en créant des fluxshops. Il est aussi possible de commander un objet par correspondance. Le visiteur participe et fait l’expérience de l’œuvre en jouant avec Same card flux deck (1967), 52 cartes identiques du quatre de cœur, objets proposés par Maciunas. L’art doit s’ancrer dans le quotidien, des pains deviennent chez Bob Watts 10 miches de pains en plâtre (1964) et Ben peint sur des Mouchoirs (1978) l’inscription La Joie ou Le Caffard (sic). Per Kirkeby tricote un Flux finger sweater, pull pour doigt (1969) et Robert Filliou duplique 89 fois son pouce sur un carton pour inventer un Monde des fausses empreintes digitales (1974). Le monde de Fluxus est aussi celui de la musique, de nombreux artistes fluxus suivent l’enseignement du compositeur américain John Cage, l’auteur de 4’ 33 ’’ (soit 4 minutes trente-trois de silence). Vostell tourne cinq films différents avec la même bande son d’une alarme antiaérienne. Une salle vidéo présente des films d’une durée de 3 secondes à 10 minutes tournés par des artistes fluxus ; l’idée de Maciunas était de les assembler et de les projeter en continue sur un mur pour qu’ils deviennent un papier peint mobile. Laissons le dernier mot à Ben et à sa toile de 1975 sur laquelle il écrivit « Les limites de l’art ».

Gilles Kraemer

Visuel : Robert Filliou, La Joconde est dans les escaliers (vers 1968). Dimensions de la pancarte : 33 x 11 cm. Donation Vicky Rémy. Musée d’Art Moderne, Saint-Étienne Métropole. Photo Yves Bresson