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Frédéric Bazille. Etoile filante de l’impressionnisme

lundi 14 novembre 2016

"Frédéric Bazille. La Jeunesse de l’Impressionnisme"
Du 15 novembre 2016 au 5 mars 2017
Musée d’Orsay
Tous les jours, sauf lundi
De 9h30 à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h45
Tarif plein : 12€
www.musee-orsay.fr

La Réunion de famille, l’une des pièces majeures de la rétrospective dédiée à Frédéric Bazille, est un tableau précurseur. Car si on trouve ce genre de représentation dans la peinture flamande et hollandaise au XVIIe siècle, les portraits de groupe réalisés en plein air en France sont encore un sujet de recherche. Pour y parvenir, Frédéric Bazille a du faire poser plusieurs fois certains personnages, mais toujours en plein air.

Présentée en avant première, du 25 juin au 16 octobre 2016, au musée Fabre, à Montpellier, ville qui l’a vu naître le 6 décembre 1841, l’exposition « Frédéric Bazille : la jeunesse de l’impressionnisme » est à l’affiche jusqu’au 5 mars 2017 au musée d’Orsay à Paris (qui conserve après Montpellier, la plus importante collection de tableaux de Bazille, dont La Réunion de famille), avant d’être montrée à la National Gallery of Art, à Washington.

Elle rassemble 120 œuvres, dont une soixantaine de peintures et dessins de Bazille, et des œuvres de ses contemporains que sont Courbet, Manet, Monet, Renoir ou Fantin-Latour, replaçant judicieusement la carrière du peintre montpelliérain au cœur des recherches de la peinture d’avant-garde des années 1860. Elle permet surtout de s’immerger dans la peinture de cet artiste à la carrière courte, mais à la maturité singulière et que l’on connaît finalement si peu.

Parti à 21 ans à Paris, en principe pour y poursuivre ses études de médecine, Bazille, doué pour la peinture s’inscrit dans l’atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Monet au printemps 1863, et se met à peindre comme lui en extérieur, à Chailly proche de Fontainebleau et en Normandie, des paysages influencés par Corot, un modèle pour la délicatesse de ses feuillages, et par l’École de Barbizon. C’est à Chailly que Bazille posera lui-même pour le monumental Déjeuner sur l’herbe de Monet. Dans son atelier parisien (il en changera sept fois en sept ans, hébergeant souvent ses amis peintres dont Monet et Renoir), Bazille peint aussi des natures mortes comme les Poissons (1866) avec réalisme, sur un seul plan, dans une filiation avec Manet, ou Vase de fleurs sur une console (1867-1868), d’une fraîcheur incroyable des coloris.

Mais c’est dans la lumière du Sud, quand il redescend chaque été en vacances à Montpellier et à Méric qu’il réalise ses plus beaux tableaux : La Robe rose, portrait de sa cousine Thérèse des Hours assise sur un parapet face au village de Castelnau-le-Lez, Les Remparts d’Aigues-Mortes à la palette libre et claire, Le Pêcheur à l’épervier, un tableau d’une grande sensualité par le contraste entre la nudité de l’homme prêt à jeter son filet dans la rivière et le vert tendre de l’étendue herbeuse, La Réunion de famille bien sûr, et dans la même lignée, Vue de village (1868). Bazille a choisi cette fois d’isoler un modèle, une jeune et jolie brune endimanchée, assise sagement à l’ombre d’un pin dans le bois dominant la rivière Lez et les maisons ocre du village de Castelnau, écrasées de soleil. Son chef d’œuvre.

Deux ans plus tard, le 28 novembre 1870, engagé volontaire dans un régiment de zouaves lors de la guerre franco-prusienne, Frédéric Bazille est tué à Beaune-la-Rolande. Il n’a pas 29 ans et a peint une soixantaine de tableaux. Une vie trop courte pour avoir pu donner à l’histoire de la peinture la pleine mesure de son talent.

Catherine Rigollet

- À lire :
Publié par les éditions Flammarion, sous la direction de Michel Hilaire, Directeur du musée Fabre, et de Paul Perrin, Conservateur des peintures au musée d’Orsay, le catalogue retrace la vie et la carrière de Frédéric Bazille avec des illustrations de tableaux, des détails en pleine page et des fac-similés des lettres écrites par ce grand épistolier. Une deuxième partie est consacrée au catalogue des œuvres exposées enrichi d’informations sur le contexte dans lequel chacune a été peinte. Une troisième partie réunit les annexes, dont une chronologie illustrée et des informations sur la famille Bazille, qui compte des orfèvres montpelliérains. 45€.

Visuels : Frédéric Bazille, La Réunion de famille, 1867-1868. Huile sur toile, 152 x 230 cm. Paris, musée d’Orsay. ©RMN Grand Palais- H. Lewandowski.
Frédéric Bazille, La Vue de village, 1868, Huile sur toile, 137,5 x 85,5 cm, Montpellier, musée Fabre © Photo Frédéric Jaulmes, Montpellier Méditerranée Métropole.
Frédéric Bazille, Autoportrait à la palette, 1865-1866, huile sur toile, 108,9 cm x 71,1 cm. Chicago © The Art Institute of Chicago.