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Des lieux de patrimoine et des maisons d’artistes à visiter. L’occasion de balades "découvertes culturelles et artistiques"
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Patrimoine

Lascaux. Aux commencements de l’art

Cerf, Lascaux II
Chevaux chinois. Lascaux II
Grand taureau. Lascaux II
Lascaux II
Rotonde. Lascaux II
Nef, scène du puits. Le Thot

Ce creux où dansent les bêtes dans l’épaisseur du temps, le mystère enfoui de l’histoire, vers les racines de l’être humain empreint de nature, souverain et chétif, convoquant la couleur et invoquant la lumière dans l’obscurité d’une grotte et la nuit des siècles. Pour plusieurs raisons, Lascaux fascine. Mystères des origines de l’Homme, premières représentations esthétiques, interrogations sur la naissance de l’art, choix d’une grotte comme singulier « atelier d’artistes », milliers d’années entre la création des peintures et gravures pariétales et leur découverte, interprétation de ces peintures et gravures, romanesque de la découverte en 1940...

On connaît l’histoire du chien de Marcel Ravidat qui, sur la colline de Lascaux proche de Montignac (Dordogne), disparaît dans un trou à la poursuite d’un lapin le 8 septembre 1940. Son maître découvre une cavité qu’il ne peut explorer bien loin. Quatre jours plus tard, le jeune homme, accompagné de Georges Agniel (décédé le 3 mai 2012), de Simon Coencas (le dernier découvreur survivant) et de Jacques Marsal, revient poursuivre le travail de désobstruction. Ils pénètrent dans la grotte et découvrent les premières peintures. Quelques jours encore pour prévenir un ancien instituteur féru de préhistoire qui lui-même avertit l’abbé Henri Breuil, préhistorien renommé réfugié alors dans la région. Premier spécialiste à étudier Lascaux, Breuil surnomme la grotte « La Chapelle Sixtine de la préhistoire ». Entre spécialistes qui analysent ses œuvres d’art de Cro-Magnon et visiteurs qui modifient son atmosphère protectrice, Lascaux commence son histoire moderne au cœur du Périgord Noir, dans cette partie de la vallée de la Vézère où les sites préhistoriques et grottes ornées sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Emblématique des enjeux liés aux « lieux de mémoire » français, Lascaux a été qualifié par l’archéologue Jean-Paul Demoule d’ « objet de rêve, objet d’argent, objet de science. »

Fermée au public depuis 1963 après quinze ans d’exploitation touristique, la grotte de Lascaux ne vit aujourd’hui qu’à travers ses fac-similés de Lascaux II et du Thot, deux des Grands sites du Périgord du réseau Semitour. Après avoir franchi deux sas pour s’habituer à la pénombre et prendre quelques informations, c’est l’animal fantastique et composite surnommé « licorne » qui lance avec ses deux étranges « cornes » la sarabande du bestiaire de la Salle des taureaux. À 200 mètres de la grotte originale, le fac-similé de Lascaux II reproduit avec minutie et une étonnante véracité les deux premières salles de la grotte primitive, celle des taureaux et le Diverticule axial qui regroupent à elles deux 90 % des peintures découvertes ici. Mouvement, couleur, perspective, mise en scène, enchevêtrements, utilisation du relief de la paroi, tout montre que nous avons affaire à des œuvres d’art réalisées il y a environ 17 000 ans ! L’émotion est telle qu’on en oublie presque que Lascaux II n’est qu’une réplique.

À quelques kilomètres de là, dans le centre d’initiation à l’art préhistorique du Thot, d’autres peintures sont reproduites selon le même procédé fidèle aux techniques préhistoriques, dont la fameuse scène du Puits, où se distingue la seule représentation humaine de Lascaux, et qui a tant fait fantasmer archéologues et poètes, ou encore les trois panneaux principaux de la Nef (cerfs, vache noire et bisons). Au Thot, on peut aussi s’initier aux gestes de l’art pariétal ou aux fouilles archéologiques dans des ateliers, recueillir de multiples informations sur l’époque de Cro-magnon et, dans le parc animalier, tomber face à face avec les « descendants » des animaux représentés dans la grotte. Troublant !

Un Lascaux 4 en 2016

L’objectif est de récréer d’ici à 2016 un Lascaux 4 ; réplique intégrale de la célèbre grotte ornée qui renforcerait l’attractivité d’un territoire dont l’économie dépend à 22 % du tourisme. Sélectionné en octobre 2012 pour construire ce futur Centre international d’art pariétal, le cabinet norvégien Snohetta (lauréat du prix Mies van der Rohe en 2009) prévoit un bâtiment de 8000 m² en forme de faille, au pied de la colline à Montignac et dans lequel on se promènerait avec des torches. Début des travaux en 2014. Coût annoncé : 50 millions d’euros. La contribution de l’État n’est toujours pas fixée ; la Dordogne espère beaucoup du côté du mécénat.

Jean-Michel Masqué (Reportage Lascaux II - mai 2012)

Visuels : © Semitour

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Lascaux II Agrandir l'image (pop up)

Rotonde. Lascaux II Agrandir l'image (pop up)

Nef, scène du puits. Le Thot Agrandir l'image (pop up)


Lascaux II - 24290 Montignac
Tél. 05 53 51 95 03
Le Thot : 05 53 50 70 44
Du 6 février au 31 décembre
www.semitour.com/lascaux-ii
 
Actualités :
Le Centre international d’Art pariétal de Montignac-Lascaux (dit Lascaux IV) a ouvert ses portes au public le 15 décembre 2016.