Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > Henri Cartier-Bresson > Henri Cartier-Bresson. Rétrospective 2014

Henri Cartier-Bresson. Rétrospective 2014

mardi 18 février 2014

Du 12 février au 9 juin 2014
Centre Pompidou - Paris
Tous les jours, sauf mardi, de 11h à 23h (nocturne exceptionnelle tous les jours sauf le mardi pour cette expo)
Tarif plein : 13€
Tél. 01 44 78 12 33
www.centrepompidou.fr

 

- A lire :
Les quêtes incessantes et l’évolution du travail d’Henri Cartier-Bresson sont présentées dans le très complet catalogue de l’exposition par un spécialiste du photographe, Clément Chéroux et illustrées par une iconographie exceptionnelle (plus de 500 images dont certaines inédites). 400 pages, 49,90 €.

 

- L’exposition Henri Cartier-Bresson sera présentée à l’Institute de Cultura / Fundacion Mapfre, Madrid, du 28 juin au 8 septembre 2014. Au museale dell’Ara Pacis, Rome, du 25 septembre 2014 au 6 janvier 2015.

Quel œil ! Prédisposition artistique et apprentissage assidu ne font pas tout, Henri Cartier-Bresson (1908-2004) avait cette sensibilité du regard et cet instinct de l’instant décisif qui font de lui l’un des plus grands photographes du XXe siècle. Le premier à voir ses œuvres exposées au Louvre, le seul à figurer dans la fameuse collection de monographies de Tériade, aux côtés de Bonnard, Matisse ou Picasso. Un artiste couronné de nombreux prix et un maître à l’origine d’innombrables vocations. On pourrait juger pléthorique la rétrospective en 500 photographies, dessins, peintures, films et documents que le Centre Pompidou lui consacre dix ans après sa mort. Mais pas une seule photo n’est en trop. Chacune est aboutie, a du sens, révèle un peu plus l’ampleur de l’œuvre de Cartier-Bresson, la conviction de ses engagements et son talent pour la composition, le cadrage, le mouvement capturé. Ainsi, cette image iconique d’un homme sautant par-dessus une large flaque d’eau Derrière la gare Saint-Lazare. Si elle avait été prise une seconde plus tard, son pied serait venu brouiller son reflet dans l’eau et l’effet de redoublement sur lequel repose l’image. Hasard ou coïncidence, le photographe avait-il vu aussi dans son objectif l’étrange similitude entre la position du corps en extension au premier plan et celle d’un petit personnage sur une affiche en arrière plan ? Un clin d’œil surréaliste qui rappelle la connivence de Cartier-Bresson pour ce mouvement, auquel il n’a toutefois jamais adhéré. L’exposition, conçue par le commissaire Clément Chéroux de manière thématique, évoque cette attraction à travers des photographies d’objets empaquetés, de corps déformés, de rencontre fortuite, de « hasard objectif », comme dans une très curieuse photo d’un homme lisant son journal dans une rue de Livourne en Toscane, saisi au moment magique où un coup de vent agitant un rideau noué, transforme son visage en « tête de nœud ».

Le parcours se poursuit avec l’engagement militant de Cartier-Bresson, farouche anticolonialiste et antifasciste, couvrant la révolution menée par les Républicains espagnols, mais aussi les luttes et revendications économiques et sociales en France dans les années 30, les années de guerre. Réalisant plusieurs films entre 1935 et 1945 sur les ruines du village d’Oradour-sur-Glane, la libération de Paris et le retour des prisonniers d’Allemagne. Cofondateur de l’agence Magnum en février 1947, il couvrira comme photoreporter des événements clés dans le monde : les funérailles de Gandhi en 1947, la « ruée vers l’or » des Chinois pendant les derniers jours du Kuomintang en 1948, le quotidien des Russes après la mort de Staline en 1954, la France en Mai 68, etc. La rétrospective suit l’itinéraire de Cartier-Bresson, l’évolution du photographe, la richesse de son parcours, retraçant au travers de son regard, l’histoire du XXe siècle. À partir des années 1970, sans quitté son Leica, Cartier-Bresson, qui vient d’épouser la photographe Martine Franck rencontrée en 1966, s’éloigne du reportage pour se consacrer à une photographie plus contemplative faite de portraits, de paysages et d’objets. Surtout, revenant à une passion d’enfance, il dessine. Dans un besoin de méditation après l’immédiateté photographique, il passe des heures sur le motif : tableaux de maîtres au Louvre, ossuaire préhistorique au Museum d’histoire naturelle ou lui-même, face au miroir. Des œuvres au crayon noir d’un photographe qui aura toujours refusé la couleur.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Henri Cartier-Bresson, Derrière la gare Saint-Lazare, France, 1932. Epreuve gélatino-argentique. Tirage réalisé en 1953. Photo © Coll. Centre Pompidou/ G. Meguerditchian/ Dist. RMN-GP ©BNF, ©HCB/ Magnum Photos, Courtesy Fondation Henri Cartier-Bresson.
Visuel page d’accueil : George Hoyningen-Huene, Henri Cartier-Bresson, New York, 1935. The Museum of Modern Art, Thomas Walther Collection, Purchase, New York © George Hoyningen-Huene : © Horst / Courtesy-Staley / Wise Gallery / NYC. Crédit photographique : © 2013. Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence.