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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Hiroshi Sugimoto. Aujourd’hui le monde est mort

dimanche 27 avril 2014

L’Etat du ciel, partie 2
- Hiroshi Sugimoto. Aujourd’hui le monde est mort
Du 25 avril au 7 septembre 2014
- Thomas Hirschhorn. Flamme éternelle
Du 25 avril au 23 juin 2014
- Les Modules (Vivien Roubaud-Thomas Teurlai-Tatiana Wolska)
Du 25 avril au 23 juin 2014

 

Palais de Tokyo
13, avenue du Président Wilson 75116
Tous les jours, sauf lundi, de midi à minuit
(fermé le 1er mai)
Plein tarif : 10€
Tél. 01 81 97 35 88
www.palaisdetokyo.com

La saison 2 de l’État du Ciel se corse avec l’arrivée au Palais de Tokyo de trente-trois fictions conçues par Hiroshi Sugimoto sur le thème de la fin du monde. « On trouvera dans cette exposition les pires scénarios nés de mon imagination concernant l’avenir de l’humanité », lance l’artiste japonais qui en appelle aux jeunes générations pour prendre toutes les mesures possibles pour que cela ne devienne pas réalité.

Dans une succession d’espaces barricadés de tôles de métal rouillé, Sugimoto a juxtaposé des objets « témoins », provenant d’époques et de cultures disparates, pour la plupart issus de ses collections personnelles. Une sculpture en bois du Dieu du Tonnerre (Japon, XIIIe siècle) trônant en haut d’un escalier en pierre tel un calvaire, des fossiles, des haches polies datant de 3000-6000 av. J.-C., des météorites, la dernière bombonne d’air pur de l’humanité, des ruches vidées de leurs abeilles, une momie, un ara bleu naturalisé, la Naissance du monde de Courbet dans une version hermaphrodite, du Viagra, des poupées Barbie, un masque à gaz, etc. Auxquels s’ajoutent des œuvres photographiques de Sugimoto, artiste à l’œuvre protéiforme, qui ne cesse d’explorer la nature du temps et les origines de la conscience.
À la seule lumière du jour, ou d’une lampe de poche le soir venu, le visiteur arpente les ruines de civilisations éteintes dont les derniers moments sont relatés dans des textes manuscrits, affichés à proximité des objets exposés. Une fiction philosophique en 33 stations, « racontée » par des personnages fictifs : le paléontologue, l’apiculteur, le politicien, le déchiffreur du génome humain, le bon dictateur…Des vestiges en résonance avec le Palais de Tokyo « dont l’intérieur donne par endroits une impression de ruine », raille malicieusement l’artiste japonais, né en 1948, marqué par les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki et qui laisse au dernier survivant le soin de consigner le déroulement réel de la fin de notre Histoire, qu’il imagine ici de façon très personnelle.

Parmi les autres nouveautés de cette seconde partie de l’État du ciel témoignant de l’attention portée par des artistes aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde, un coup de projecteur sur trois jeunes artistes de la Villa Arson, dont le prometteur Vivien Roubaud avec ses pétards partiellement explosés, cristallisés dans une résine transparente et ses stalactites urbaines. On se lasse vite en revanche de Flamme éternelle, la gigantesque installation de Thomas Hirschhorn (« situation » préfère dire l’artiste) faite de hautes piles de pneus, de meubles enveloppés d’adhésif, de flammes et de banderoles façon mai 68 portant des slogans interrompus du style : « L’esclave de l’esclavage est celui qui… », « Pas de démocratie sans… », Nos vies valent plus que… », etc. On a vite compris que la flamme doit s’entretenir, celle de la réflexion, de la poésie, de l’art, des idées ou du foyer. Le concept méritait-il une démonstration aussi lourdingue ? Pour digérer, on peut lire des ouvrages en libre accès, regarder des DVD dans les sofas scotchés ou faire des graffs avec des bombes de couleurs.

Et surtout, si vous n’avez pas encore eu le loisir de découvrir Les Nouvelles histoires de fantômes de Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger, dans la Saison 1 de l’État du ciel, précipitez-vous, elles se poursuivent jusqu’au 7 septembre.

Catherine Rigollet

Visuel : Portrait d’Hiroshi Sugimoto
Installation de ruches ©C.R
Visuel page d’accueil : Hiroshi Sugimoto, Lightning Fields 130, 2009. Courtesy Gallery Koyanagi, Tokyo. © Hiroshi Sugimoto