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« Une sélection des meilleures expositions à voir actuellement à Paris et en Ile de France »

Expo à Paris

Histoire naturelle de l’architecture. Comment le climat, les épidémies et l’énergie ont façonné les bâtiments et la ville.

Quel est le lien entre les petits pois et la construction des cathédrales gothiques ?
Pour bien comprendre l’histoire de l’architecture- et de la ville-, il faut se rappeler les raisons physiques, climatiques ou sanitaires qui l’ont fondée, de la forme des bâtiments à l’aménagement urbain.
Pour maintenir notre température corporelle à 37 °C, se mettre à l’abri du froid ou de la chaleur du soleil, on a élevé des toits et des murs. Pour stocker et protéger les céréales contre les pillages et les aléas climatiques, la ville s’est constituée comme un grenier. La révolution de l’an mil, qui inclut notamment l’invention de la charrue et le développement de l’assolement triennal, a fait entrer les légumineuses – et leur haute teneur en protéines- dans l’alimentation humaine, fournissant la force musculaire permettant d’élever les cathédrales qui sont parvenues jusqu’à nous. En l’espace de trois siècles, de 1050 à 1350, la France a extrait plusieurs tonnes de pierre pour bâtir 80 cathédrales, 500 grandes églises et des dizaines de milliers d’églises paroissiales. Au XVIIIe siècle, la peur de l’air stagnant a entraîné l’alignement des fenêtres pour faciliter la ventilation et l’édification des dômes des églises ou des hôpitaux pour servir d’aspirateur aux miasmes.
L’épidémie mondiale de choléra qui débute en 1816 va engager les grandes transformations urbaines du XIXe siècle, notamment la planification de larges « boulevards à vent ». L’usage de la chaux blanche qui parcourt toute la modernité est avant tout hygiéniste ; les architectes modernes, cherchent à reproduire dans leur construction les vertus des sanatoriums du début du XXe siècle. On sait depuis le début du XIXe siècle que le lait de chaux, naturellement blanc, est un puissant antiseptique dont on recommande l’usage pour détruire les miasmes qui s’incrusteraient dans les parois. D’autres part, car le blanc amplifie les rayons du soleil que l’on croit bactéricides, notamment contre le microbe de la tuberculose.
Plus récemment, le pétrole permet de développer des villes dans le désert... et aujourd’hui le combat contre le réchauffement climatique modifie la forme architecturale.

Dans un parcours chronologique et thématique en 13 chapitres, l’exposition déroule une histoire inédite de l’architecture, de la préhistoire à nos jours, fondée sur les causes naturelles, énergétiques ou sanitaires, l’évolution des matériaux de construction mais également l’évolution, au travers d’objets échelle 1, des énergies et des techniques d’éclairage. L’ensemble fait émerger les fondements réels des formes, des matières et des aménagements nécessaires pour vivre, stocker, rafraichir, protéger, ventiler, soigner…

Un passionnant éclairage qui donne aussi des pistes pour mieux construire face à l’urgence climatique et aux nouveaux défis sanitaires.

C.R

Visuel : La Reconstruction de Troie par Priam. Miniature de Jean Colombe, vers 1490. Coll. Kupferstichkabinett (SMPK), Berlin. © BPK, Berlin, dist. RMN-Grand Palais/Jörg P. Anders.
Cheminées d’usines dans une ville industrielle d’Angleterre. Gravure sur bois de Roth, vers 1880. D.R.

Archives des expos à Paris
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Du 24 octobre 2020 au 28 février 2021
Pavillon de l’Arsenal
21, Bd Morland 75004
Du mardi au dimanche, de 11h à 19h
Entrée libre
Tél. 01 42 76 33 97
https://www.pavillon-arsenal.com