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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Il était une fois l’Orient Express

jeudi 3 avril 2014

Du 4 avril au 31 août 2014
Institut du Monde arabe
1, rue des Fossés-St-Bernard - 75005 Paris
Du mardi au jeudi, de 9h30 à 19h
Nocturne vendredi jusqu’à 21h30
Samedi et dimanche jusqu’à 20h
Plein tarif : 10,50€
Tél. 01 40 51 38 38
www.imarabe.org

 

- La voiture restaurant a été confiée au chef multi-étoilé Yannick Alléno qui assure du mardi au samedi deux services le soir. Réservation sur :
www.yannick-alleno.com

L’incroyable saga d’un palace roulant

Il fait toujours rêver, incarnant la magie de l’art du voyage à la française, avec ses hôtes les plus prestigieux, parmi lesquels Marlene Dietrich, Lawrence d’Arabie, Mata Hari ou Joséphine Baker. Une grande exposition à l’Institut du monde arabe retrace l’épopée de L’Orient Express qui est bien plus qu’un train de luxe, un véritable trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, entre l’Europe et l’Asie.

Tout un train a pris place sur le parvis de l’Institut du monde arabe, locomotive à vapeur en tête dont on entend déjà au loin les sifflements, suivie de trois voitures exceptionnelles datant de 1929 et 1949 et d’un wagon-restaurant construit en 1925. Ils sont des joyaux de la SNCF, propriétaire de la marque Orient-Express qui rêve de redonner ses lettres de noblesse à cet emblème du luxe ferroviaire.
Vous montez à bord, ça vibre un peu pour vous donner l’illusion de rouler, vous êtes en route pour l’Orient. L’atmosphère luxueuse et feutrée qui accompagnait les prestigieux voyageurs tout au long de leur périple est bien reconstituée dans ces voitures décorées de boiseries en acajou et de fines marqueteries, de laitons étincelants, de panneaux de pâte de verre aux motifs de naïades réalisés par le maître verrier René Lalique. L’existence même des voyageurs à bord du train se donne à voir ou s’imagine à travers leurs vêtements et effets personnels négligemment posés dans les cabines, leurs bruits de conversation, et tous ces objets sur les tables du grand salon Pullman aux fauteuils profonds : des journaux de l’époque, un guide de voyage, une machine à écrire, des tasses de thé et des verres de vin…Les références littéraires et cinématographiques sont omniprésentes au fil de la déambulation (Le Crime de l’Orient Express d’Agatha Christie avec le célèbre détective belge Hercule Poirot et le film éponyme de Sydney Lumet ou encore The Lady Vanishes -Une femme disparaît- d’Alfred Hitchcock) et les surprises ne manquent pas !

La visite se poursuit à l’intérieur de l’Institut du monde arabe avec, sur deux niveaux, un véritable « musée » de l’Orient Express : gravures de l’intérieur des voitures conçues par George Pullman, meubles en acajou décorés par René Prou, argenterie, vaisselle, verrerie de Saint Gobain, affiches touristiques, tableaux (Vue de Constantinople de Félix Ziem), cartes montrant les différents itinéraires du train et les correspondances permettant, à partir d’Istanbul, de rallier Alep, Damas, Beyrouth, Bagdad, Le Caire, Louxor, Assouan…mais aussi films et photographies, parfois montrés dans d’immenses malles-vitrines qui sont autant d’allégories du voyage… Cette vaste exposition conçue par Claude Mollard et scénographiée (théâtralisée même) par l’agence Clémence Farrell permet de comprendre les origines de l’Orient Express rêvé et créé par l’homme d’affaires belge, Georges Nagelmackers, fondateur de la Compagnie internationale des Wagons-Lits. Mais aussi ses aspects techniques, sociaux, culturels et politiques. On y découvre que, depuis son déplacement inaugural le 4 octobre 1883 entre Paris et Constantinople (les invités étant priés de venir armés), le voyage en Orient Express ne fut pas toujours de tout repos : prise d’otages et voyageurs rançonnés par des bandits grecs en mai 1891, train bloqué par la neige à la frontière turque durant cinq jours en 1929, attentat politique en Hongrie en 1931, etc. D’ailleurs la route de ce train mythique épousera les contours de l’Histoire, passant d’abord par Vienne et Budapest, filant ensuite à Istanbul via Venise, Zagreb et Sofia à partir de 1919, grâce au creusement du tunnel du Simplon. La visite s’achève et on a envie de réserver illico ses billets pour refaire le voyage, en vrai.

Catherine Rigollet

Affiche pour le Simplon-Orient Express, représentant la Citadelle d’Alep, De La Nezière, 1927