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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Jacques Emile Blanche. Peintre, écrivain, homme du monde

lundi 11 mai 2015

Du 7 mai au 6 septembre 2015
Palais Lumière
Quai Albert Besson - 74500 Evian
Ouvert tous les jours de 10h à 19h (14h à 19h le lundi),
Y compris les jours fériés
Plein tarif : 10€
Tél. 04 50 83 15 90
www.ville-evian.fr

Une rose éclose orne la boutonnière d’un « brillant jeune homme qui semblait poser devant tout Paris sans timidité comme sans bravade… » C’est Proust qui décrit son portrait (le seul) dans Jean Santeuil, effigie aujourd’hui mieux connue que son créateur. Il faut donc se rendre au Palais Lumière d’Évian pour découvrir Jacques-Émile Blanche (1861-1942), un peintre qui écrivait aussi (roman, critiques, chroniques) et sut se lier d’amitié et peindre avec simplicité les écrivains et musiciens de son époque. Sont ainsi rassemblées plus d’une centaine de toiles, prêtées par le Musée des Beaux-Arts de Rouen auquel le peintre fit une vaste donation de ses œuvres en 1921.

Fils du Docteur Blanche qui donna son nom à la clinique où Maupassant finit ses jours, Jacques-Émile est élevé dans un milieu bourgeois où il fréquente Manet, Degas, Renoir ou Berlioz, Gounod et d’Indy. Il décide d’être peintre, se forme aux côtés de Gervex et de peintres anglais dont Walter Sickert (la romancière américaine Patricia Cornwell soutenait il y a quelques années qu’il était Jack l’Éventreur) et rencontre, en Angleterre, Whistler. L’exposition rassemble des portraits à l’huile ou au pastel, en pied, en buste, de sa famille, de ses amis, d’enfants, de gens ordinaires. Blanche n’est pas un peintre mondain qui flatterait ses modèles, il est plutôt un peintre du monde et dans ses toiles transparaissent l’empathie, voire la tendresse, comme l’intuition du peintre pour la psychologie de ses modèles. Sur leur visage souvent, les trainées de rouge si typiques des portraits de Frans Hals, dont Blanche avait vanté la modernité dans un premier article. Aux portraits de ses parents, de Cocteau, Mauriac, Stravinsky, s’ajoutent des natures mortes, des intérieurs, et les scènes de rue du couronnement de George V à Londres, commande de l’ambassadeur de France. Ou encore la frise, dans un style tout à fait libre dans la couleur et le coup de pinceau, qu’il réalise pour le premier pavillon français de la Biennale de Venise en 1912.

C’est ainsi qu’on découvre un peintre, dont les œuvres reflètent un microcosme raffiné, érudit et talentueux, et qui traverse sereinement, accompagné de ses modèles à taille de guêpe ou au col cassé, une époque qui allait vivre la Grande Guerre. L’écrivain prend alors le pas sur le peintre pour quelques années, avec les Cahiers d’un Artiste (1914-1917). Mais Blanche retournera à sa palette pour témoigner avec le Mémorial d’Offranville en l’honneur des morts de la guerre, commencé en 1917 et représenté ici par une réduction et quelques esquisses à l’huile des personnages.

Elisabeth Hopkins

À lire :
- Catalogue de 220 pages, dont plus de 180 illustrations et une centaine de notices d’œuvres détaillées. Éditions Silvana Editoriale. 35€.
- Jacques-Emile Blanche, portrait d’une société, Ed. des Falaises, mai 2016. 19€

Visuels page expo : Jacques-Emile Blanche, Marcel Proust, 1892. Huile sur toile, 73,5 x 60,5 cm. Paris, musée d’Orsay © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.
Et Le Groupe des Six, 1922. Huile sur toile, 190,5 x 112 cm © Musées de la ville de Rouen / Photographie C. Lancien - C.Loisel