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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Jean Martin, de l’atelier à la scène

vendredi 15 juillet 2016, par cath

Du 25 juin au 9 octobre 2016
La Piscine, Musée d’art et d’industrie André Diligent
23, rue de l’Espérance - 59100 Roubaix
Entrée : 5,5€
Ouvert du mardi au vendredi, 11h à 18h (20h le vendredi)
Le samedi et dimanche de 13h à 18h
Fermé le lundi
www.roubaix-lapiscine.com

 

A lire :
- "Les Jean Martin de la Piscine", sous la direction d’Alice Massé et J.C. Stuccilli, Ed. Snoeck, Gand, 2016 - 304 pages, 450 illustrations. 29€.

- "Jean Martin (1911-1996), peintre de la réalité", par Jean Christophe Stuccilli, historien de l’art, préface de Bruno Gaudichon, directeur de La Piscine. Coédition Association des Amis de Jean Martin/Somogy Editions d’Art, 320 pages, 337 illustrations, 39€.

Stimulée par un historien de l’art lyonnais, Jean Christophe Stuccili, auteur d’une monographie sur Jean Martin (1911-1996), artiste quasi-inconnu, La Piscine, riche de trois tableaux et de l’intégralité des maquettes de costumes pour le théâtre reçus de la famille du peintre, offre ses cimaises au peintre.

Soyons francs ! Jean Martin, comptable de profession mais happé par l’amour de la toile et de la palette, est aujourd’hui tombé dans l’oubli et l’on ne peut être sûr que cette exposition (et la brillante monographie) lui assureront une réputation durable. Mais on ne regrettera pas le temps que l’on y passera. Les œuvres peintes (la partie la plus intéressante) cèdent la place en deuxième partie aux maquettes de costumes et aux “imageries” télévisuelles.

Ce sont les toiles qui nous séduisent ici, peintes dans les années 30 et 40. Réalistes, mais lourdes de signification, expressionnistes sans excès dans leur exécution qui fait la part belle au jeu de la matière. Autodidacte, Jean Martin connait ses références picturales, de Grünewald à Modigliani. Elles sont visibles dans la théâtralité des postures de mains, dans l’allongement du cou, dans la palette aux couleurs discrètes. Le personnage, le plus souvent seul, occupe la majorité de la surface, fixé dans un moment intime qui n’appartient qu’à lui. Les toiles contemporaines de la guerre civile espagnole, Le Noyé, l’Exilé, Le Crucifié, résonnent des inquiétudes et incertitudes de l’époque. Un peu plus tard, ses portraits d’ouvriers isolés relèvent d’un réalisme social qui ne se croit pas investi d’une mission dénonciatrice.

Au début des années 40, Martin n’a toujours pas percé sur la scène artistique. Un ami lui conseille d’intégrer le milieu du théâtre. À la fin de la même décennie, il participe à des mises en scène, réalise des masques, collabore même avec Picasso sur les décors d’une pièce de Sophocle. Après la gestion de la galerie d’art d’église ATC qu’il crée dans les années 50 et abandonne en 67, Martin se lance dans l’imagerie télévisuelle. Plus que les dessins de costumes (un genre difficile à renouveler) conçus pour l’émission, ce sont ses petits panneaux à la tempera peints pour l’émission "La Chronique des Siècles" (1969-70) qui séduiront. Empruntant à la fois à l’iconographie des livres d’heures et aux miniatures persanes, ils étaient photographiés et reproduits en grand format pour servir de décors devant lesquels les acteurs évoluaient.

Dans notre monde d’abstractions, d’installations ou d’art urbain, ces toiles réalistes d’un peintre qui porte témoignage sans toutefois partir en croisade, mérite une bonne part de notre attention, voire de notre admiration.

Elisabeth Hopkins

Visuel :Jean Martin, Le Veilleur, 1934, huile sur toile, 115 x 80cm, Collection particulière @ PhotoFrance/Patrick Chevrolat.