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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Jordaens (1593-1678). La gloire d’Anvers

mercredi 25 septembre 2013

Du 19 septembre 2013 au 19 janvier 2014
Petit Palais
Avenue Winston Churchill - 75008 Paris
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 20h
Fermé le lundi et les jours fériés
Plein tarif : 11€
L’entrée est gratuite pour les collections permanentes et pour le jardin du musée
Tel : 01 53 43 40 00
www.petitpalais.paris.fr

Moins connu que ses confrères anversois Rubens et van Dick qui partirent chercher fortune et notoriété dans les cours européennes, Jordaens sort de l’ombre grâce à une superbe rétrospective qui met en lumière la peinture à la fois baroque et truculente de ce maitre flamand qui a su insuffler autant de vie et de pittoresque dans une scène de ripailles que dans une peinture mythologique.

Au XVIIe siècle, si Anvers a perdu de son influence économique, la production locale de luxe demeure florissante et des centaines d’artistes : peintres, sculpteurs, ébénistes, architectes, verriers et imprimeurs contribuent à l’essor artistique et culturel de la ville. C’est dans cette capitale artistique du Nord que Jacques Jordaens (1593-1678) a vécu tout au long de sa vie. La grande exposition que le Petit Palais lui consacre ouvre sur une évocation d’Anvers et sur la reconstitution d’un salon de la grande bourgeoisie avec meubles et tableaux. Ce pourrait être celui de l’artiste qui s’est représenté, dans un autoportrait avec femme, fille et servante, en bourgeois flamand immodeste, menant une vie paisible et prospère. Un tableau réaliste et très emblématique, tant il concentre la vie, les talents et la spécificité de l’art de Jordaens. Celui d’un grand coloriste, d’un adepte d’un clair-obscur caravagesque illuminant de monumentales compositions saturées de personnages, d’animaux, de motifs signifiants, et dans lesquelles le baroque inspiré par Rubens se mêle à un naturalisme spontané. Cette virtuosité et ce style très personnel, Jordaens va l’appliquer aussi bien dans la peinture religieuse, les décors profanes, la peinture mythologique, l’art de la tapisserie que dans les scènes de genre qui constituent parfois des métaphores évoquant la vie politique.
Dans ces scènes de festivités débridées, telle que celle du Roi boit ! Jordaens y représente avec pittoresque et truculence des trognes rubicondes, des femmes plantureuses, des convives éructant et même les fesses à l’air d’un marmot torché par sa mère en plein repas. Mais la popularité des scènes du quotidien peintes par Jordaens, l’érotisme de ses peintures d’histoire comme Candaule faisant épier sa femme par Gygès ou cette Suzanne au bain surprise par deux vieillards prêts de toucher au but, ne doivent pas occulter son intense activité de peintre religieux, certes converti au calvinisme, mais qui soucieux de la prospérité de son atelier travailla constamment pour l’Église, grande pourvoyeuse de commandes dans ce bastion catholique qu’était Anvers.
Toiles d’autel, sujets mythologiques, « proverbes », esquisses, dessins, tapisseries… cette première rétrospective jamais consacrée à Jordaens en France retrace en 120 œuvres la carrière de l’artiste et invite à redécouvrir toutes les facettes de son œuvre à la fois monumentale et d’une grande humanité. Dans une élégante mise en scène, le parcours aux cartels bien documentés intègre astucieusement un atelier qui, parmi les œuvres du maître, permet gratuitement au public de s’essayer quelques instants au dessin. L’exposition se clôt par un passionnant cabinet de curiosité décoré d’après des gravures d’Erik Desmazières et qui dévoile des objets évoquant l’art et les techniques de Jordaens.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Jacques Jordaens (1593-1678), Autoportrait de l’artiste avec sa femme Catharina van Noort, leur fille Elisabeth et une servante dans un jardin.1621-1622 © Madrid, Musée national du Prado.
Visuel page d’accueil : Jacques Jordaens (1593-1678). Le Roi boit !, vers 1638-1640. © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles/Photo J. Geleyns.