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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Berlin. Julian Rosefeldt : Manifesto

lundi 25 avril 2016, par cath

Du 10 février au 10 juillet 2016
Hamburger Bahnhof
Invalidenstrasse 50-51
10557 Berlin
Du mardi au vendredi, de 10h à 18h (20h le jeudi)
Le samedi et dimanche, de 11h à 18h
Fermé le lundi
Entrée : 8€
www.smb.museum/ausstellungen/detail/julian-rosefeldt-manifesto

Prévoyez trois heures pour cette exposition/installation due au photographe/vidéaste berlinois (né en 1965). Sur 13 grands écrans d’une salle tendue de noir, 13 films se déroulent en boucle. L’actrice australienne Cate Blanchett y incarne, avec le talent qu’on lui connait, divers personnages, passant de la mère de famille traditionnelle à la “trader”, à la conductrice de machine en usine, à un jeune professeur, à une chorégraphe sur le retour, voire même à un clodo. Des scènes quotidiennes, filmées sans hâte, de face, avec des travellings avant-arrière et probablement l’utilisation de drones lorsqu’il faut prendre de la hauteur sur le sujet.

Sur ces tranches de vie, allant d’une demi-heure à quelques heures, mais recadrées en 10 minutes, Julian Rosefeldt a plaqué des extraits de “manifestes” d’artistes, d’architectes, d’écrivains le plus souvent en décalage avec la scène montrée. Le manifeste de 1961 de Claes Oldenburg, I am for an art est récité, tel un bénédicité, par la mère de famille traditionnelle au début du repas familial ; des extraits du Manifeste Dada (1918) de Tristan Tzara, mêlés à d’autres sentences tirés d’autres manifestes Dada, sont lus à un enterrement très formel ; les manifestes futuristes accompagnent la “trader” au cœur de la salle des marchés. Récités ou psalmodiés, les monologues poétiques appellent à l’action, à la provocation, au changement dans la société, ou sont là pour le simple plaisir des mots, pour la glorification de l’inutile.

Une œuvre à la fois fascinante et exaspérante. Avec le bruit de fonds, il n’est pas toujours facile d’entendre les textes, en anglais. C’est donc une exposition qui se mérite. Un conseil : achetez le catalogue (27€) et lisez les extraits de textes, mis en parallèle avec le scenario de chaque film, avant de plonger dans le noir de l’exposition.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Cate Blanchett dans le rôle du clodo. Julian Rosefeldt : Manifesto, 2014/2015. © VG Bild-Kunst, Bonn 2016.