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L’Etat du ciel 1. Des artistes scrutent le monde

jeudi 20 février 2014

L’État du Ciel 1
Du 14 février au 7 septembre 2014
- Nouvelles histoires de fantômes/ jusqu’au 7 septembre
- Terre de départ" / Angelika Markul / Jusqu’au 12 mai
Palais de Tokyo
13, avenue du Président Wilson 75116 Paris
Tél. 01 81 97 35 88
Tous les jours, sauf le mardi, de midi à minuit
Plein tarif : 10€
www.palaisdetokyo.com

 

- Installée en 2013 dans le cadre de la saison Nouvelles Vagues, l’œuvre d’Henrique Oliveira, "Baitogogo", est toujours en place. On ne peut manquer cette spectaculaire sculpture organique qui s’hybride avec l’architecture du Palais de Tokyo comme les arbres s’enroulant autour des temples d’Angkor.

Dans son essai Le Promontoire du songe, Victor Hugo qui avait observé la Lune à l’Observatoire d’Arago, écrit de façon poétique et philosophique : « l’état normal du ciel, c’est la nuit ». Au Palais de Tokyo, sous le ciel, c’est la terre que scrutent des artistes, comme des sentinelles faisant part de leurs inquiétudes, de leurs espoirs et avançant des solutions à travers leurs propositions artistiques.
Décliné en trois temps et une dizaine d’expositions ou d’événements, s’échelonnant du 14 février au 7 septembre 2014, L’État du Ciel témoigne de leur regard sur le monde et de leur désir d’agir sur sa surface en mutation.

Belle entrée en matière avec les Nouvelles histoires de fantômes, une spectaculaire installation de 23 extraits de films projetés au sol de la grande verrière du Palais de Tokyo et se regardant depuis une coursive. Toutes ces images issues de films d’auteurs (Eisenstein, Pasolini, Théo Angelopoulos, Godard…) et de documentaires ethnographiques ou politiques, montrent des guerres, des révoltes, des morts, les gestes de lamentation des survivants, ces « peuples en larmes » qui peuvent parfois se transformer en « peuple en armes ». Conçue par Georges Didi-Huberman, cette installation rend hommage à l’atlas Mnémosyne (nom grec de la déesse de la mémoire), un immense corpus d’images collectées par l’historien Aby Warburg (1866-1929), et plus particulièrement à la planche 42 consacrée aux gestes de lamentation. Ces scènes qui passent en boucles se regardent autant qu’elles se méditent ; la musique et les bribes de sons des films y contribuent. Elles mettent en évidence la vie fantomatique des images dans notre quotidien, interrogent notre mémoire historique et artistique. À l’invitation de Georges Didi-Huberman, Arno Gisinger présente de grandes photographies imprimées sur papier, collées aux murs, côte à côte, dans un effet presque cinématographique. Une série conceptuelle, constituée de détails d’œuvres de son exposition Atlas, montrée à Hambourg en 2011, qui questionne la mémoire et ses traces.

Dans Terre de départ, Angelika Markul nous entraîne dans ses préoccupations écologiques, de manière plutôt onirique, au moyen d’installations et de vidéos. Gorge du diable, tournée aux chutes d’Iguaçu (à la frontière de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay) est l’une des plus spectaculaires avec ses chutes d’eau au mouvement ascendant, comme remontant le cours du temps, effaçant les traces. Des images fascinantes projetées sur deux écrans séparés par un chaos d’éléments organiques difficiles à identifier dans l’obscurité, mais à l’effet inquiétant garanti.

Catherine Rigollet

Visuel : vue de l’installation Nouvelles histoires de fantômes de Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger. L’Etat du ciel, Palais de Tokyo, 2014. © D.R.