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L’Invention du passé. Gothique, mon amour…(1802-1830)

jeudi 24 avril 2014

L’Invention du passé. Gothique mon amour (1802-1830)
Du 19 avril au 21 septembre 2014
Monastère royal de Brou
63 boulevard de Brou
01 000 - Bourg-en-Bresse
Du 19 avril au 30 juin : de 9h à 12h30 et de 14h à 18h
Du 1er juillet au 21 septembre : de 9h à 18h
Tarif plein : 7,50€
Tél. 04 74 22 83 83
www.brou.monuments-nationaux.fr

 

- A lire : Catalogue de l’exposition. Sous la direction de Stephen Bann et Stéphane Paccoud. Éditions Hazan, 320 pages, 42€

 

- L’autre volet de l’exposition "L’invention du passé, Histoires de cœur et d’épée en Europe, 1802-1850" » , fut présentée au musée des Beaux Arts de Lyon, du 19 avril au 21 juillet 2014.

L’engouement des peintres pour le Moyen Age

Le monastère royal de Brou s’est associé au musée des Beaux arts de Lyon pour proposer une exposition, en deux parties, consacrée à la représentation de l’Histoire dans l’art en France et Europe au XIXe siècle, et plus particulièrement au regard romanesque et anecdotique porté par les artistes sur le Moyen Âge et la Renaissance. Tandis que Lyon met en lumière le rôle précurseur de la scène artistique de la ville dans cette nouvelle peinture d’histoire réinventant le passé, le monastère de Brou, imposant monument d’architecture gothique à vocation funéraire, montre au travers de 120 peintures, dessins, livres et objets d’art, l’importance de la mise en scène de l’architecture médiévale (châteaux fantastiques, églises gothiques, monastères, tombaux…) dans les œuvres de ces jeunes artistes romantiques réunis sous le vocable de « troubadours ».

Au lendemain de la Révolution, délaissant les sujets antiques, ils ont choisi de ressusciter l’histoire en peignant des « anecdotes », avec un fort penchant pour la sentimentalité, l’héroïsme et l’exotisme romanesque. Dessinant fidèlement l’architecture ou composant des décors néo-gothiques, ces artistes cherchent avant tout à émouvoir, comme dans la représentation funéraire, très prisée car elle favorise les ambiances mystérieuses et mélancoliques. Ainsi ce tableau de Saint Louis au tombeau de sa mère, à son retour de la 1ère Croisade. On peine à distinguer Louis IX dans la pénombre, toute l’attention du peintre Charles Marie Bouton s’est concentrée sur l’architecture de crypte et de tombeau. Ruines d’églises et tombeaux sont aussi très utilisés pour illustrer des histoires d’amour malheureuses : Abélard et Eloïse, Mathilde et Malek-Adhel, Comminge et Adélaïde, Roméo et Juliette…Une dramaturgie parfois accentuée par des effets de brouillard et de neige sur d’irréelles architectures comme sait le faire Louis Jacques Mandé Daguerre. Parmi les plus inventifs, Fleury François Richard n’a pas son pareil. « Inventeur » du genre anecdotique et de la peinture "troubadour" en 1802 avec sa Valentine de Milan pleurant la mort de son époux Louis d’Orléans, assassiné en 1407 par Jean, duc de Bourgogne (tableau conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg et présentée à Lyon), le peintre lyonnais affectionne les ruines, les cloîtres, les ambiances oniriques, voire surréalistes.

Les vues du Monastère royal de Brou et du tombeau de sa fondatrice Marguerite d’Autriche (1480-1530), femme à l’incroyable destin font l’objet d’une salle entière. Une invitation à poursuivre la visite dans l’église, ses gisants et son jubé en pierre, dans les trois cloîtres du monastère et les collections de peintures et sculptures du XVe au XXe siècle, exposées dans les cellules des moines bénédictins.

Catherine Rigollet

Visuel : Louis Jacques Mandé Daguerre, Effet de brouillard et de neige à travers une colonnade gothique en ruine, 1826. Huile sur toile (102 x 154 cm). Paris, collection Gérard Lévy. ©Galerie Gérard Lévy Paris.
Visuel : Rosalie Caron, Mathilde et Malek-Adhel au tombeau de Montmorency, 1812. Huile sur toile (120 x 100cm). Musée du Monastère royal de Brou. ©Guillaume Benoît.