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L’Odyssée des animaux : Les peintres animaliers flamands du XVIIème siècle

lundi 10 octobre 2016, par cath

Du 8 octobre 2016 au 22 janvier 2017
Musée de Flandre
26 Grand Place, 59670 Cassel, France
Du mardi au vendredi, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h
Sans interruption les samedi et dimanche
Fermé le 25 décembre et le 1er janvier
Entrée : 5€
www.museedeflandre.lenord.fr

Savez-vous à quoi ressemble un dodo, oiseau emblématique de l’ile Maurice qui ne volait pas et disparut au 17ème siècle ? La réponse est dans deux tableaux de cette exposition animalière flamande car en ce début du 17ème siècle, les animaux deviennent non plus un élément du décor ou un symbole mais un sujet d’inspiration à part entière. Les peintres flamands, précurseurs du genre, feront cohabiter animaux connus en Europe et animaux plus exotiques découverts sur des illustrations et représentés parfois avec des erreurs que les zoologues s’amusent à relever. Cette production animalière a pour base la ville d’Anvers où les peintres s’influencent, collaborent, et partagent les mêmes thèmes et motifs.

Pour certains, les animaux peuplent une nature paradisiaque dont l’homme est quasiment absent. Il vous sera plus facile de dénicher le dodo que Noé dans Noé remerciant Dieu d’avoir sauvé la Création de Roelandt Savery(1576-1639), spécialiste de ce genre de scènes. Ailleurs, les chiens, les oiseaux, les cervidés sont les héros de scènes de chasse réalistes, soit associées à des épisodes religieux chez Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625) (La conversion de saint Hubert), soit inspirées par une fable d’Ésope chez Franz Snyders (1579-1657) (Le lion mort), ou tout simplement acteurs d’une tragédie violente où la cruauté se mêle au courage, comme chez Paul de Vos (1591/2-1678)(La chasse au renard). À ces scènes de traque, on préférera, de de Vos, Un chien écrasé hurlant de douleur, le dos brisé par la chute d’un mur dont il ne peut s’extirper. Gibier à poil ou à plume destiné à la table, surveillé par des chiens ou des chats alertes, les natures mortes sont récurrentes chez Snyders et Jan Fyt (1611-1661), ce dernier théâtralisant les scènes par des éléments architecturaux ou des drapés (Trophée de chasse, 1642). Tous les artistes excellent dans l’expression des regards, que les animaux soient chasseurs ou chassés, la finesse de la touche du pinceau, l’utilisation de rehauts de couleur qui rendent plus réalistes encore les fourrures ou les ailes. Moins courants, les étals de poissons jouent sur la répulsion chez le regardeur, et la technicité de l’artiste qui se plait aux effets de viscosité.

Et les oiseaux ? On les retrouvera en concert chez Frans Snyders ou chez Jan van Kessel l’Ancien (1626-1679), perchés sur les branches dénudées comme les notes de solfège sur la portée, les plus gros opposant leur chatoyance (le rouge des aras) aux couleurs discrètes des petits passereaux. De ce dernier artiste, on savoure les petites huiles sur cuivre où sont minutieusement peints oiseaux en vol (un exploit à l’époque où la longue vue venait tout juste d’apparaitre), insectes, coquillages et fleurs légères.
Il était difficile de faire l’impasse sur Rubens (1577-1640), contemporain de tous ces peintres. La taille de ses toiles en interdisait l’exposition sur les cimaises du musée. Une seule œuvre donc, Esquisse d’un cheval blanc cabré avec cavalier, esquisse à l’huile remarquable pour le rendu des muscles, des veines, du mousseux de sa queue et de sa crinière, de sa robe blanche ombrée de gris.

La qualité de cette exposition lui a valu le label “Exposition d’intérêt national” décerné par le Ministère de la Culture. Une belle découverte à faire.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Frans Snijders (1579-1657) et Paul de Vos (ca.1596 ? – 1678), Le lion mort. Huile sur toile. Bordeaux, musée des Beaux-Arts. © Musée des Beaux-Arts - Mairie de Bordeaux. Cliché L. Gauthier.
Peeter Boel (1622-1674), Nature morte de chasse avec un cygne. Huile sur toile. Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen
© Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam / Studio Tromp, Rotterdam.