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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Avignon. La Disparition des lucioles

lundi 19 mai 2014

Du 18 mai au 25 novembre 2014
Prison Sainte-Anne
Rue Bannasterie - 84000 Avignon
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h
En juillet et août, tous les jours, de 11h à 19h
Tarif plein : 10€ - tarif réduit : 8€
Tel. +33 (0)4 90 16 56 20
www.collectionlambert.com

 

- Catalogue, (Français-Anglais), Éditions Actes Sud. Textes d’Eric Mézil, Georges Didi-Huberman, Philippe Artières et Sylvestre Clap. 382 pages illustrées. 39€

 

- Une première grande collaboration sera initiée avec Olivier Py et la nouvelle équipe du festival d’Avignon. La cour de la prison sera envisagée comme lieux d’accueil pour le public du festival de théâtre où seront programmées lectures, projections et conférences.

 

- L’Hôtel de Caumont ouvrira en juillet 2015 avec deux grandes expositions : une exposition des chefs-d’œuvre du fonds, dont certaines œuvres monumentales jamais montrées depuis l’exposition inaugurale de 2000, et une exposition autour du travail de Cy Twombly, organisée en collaboration avec le Madre, Musée d’art contemporain de Naples.

Une ancienne prison de 12 000 m² aux trois étages de cellules et de couloirs entièrement investis par l’art, l’événement est rare et l’exercice à priori délicat. La confrontation est réussie. Le dialogue entre cet univers carcéral encore intensément « habité » par la mémoire et les traces (graffitis, dessins) des détenus et les deux cents sculptures, peintures, photographies, vidéos, œuvres sonores et installations de plus d’une centaine d’artistes -essentiellement contemporains- fonctionne. L’émotion est partout palpable face à la dimension humaine, sociale, politique et artistique des liens créés.

L’idée d’investir la prison Sainte-Anne, construite au XIXe siècle à l’ombre du Palais des Papes, désaffectée depuis 2003 et propriété de la Ville, est née de l’obligation de quitter l’hôtel de Caumont, fermé jusqu’à l’été 2015 pour des travaux d’agrandissement afin d’accueillir l’importante donation de 556 œuvres d’art contemporain d’Yvon Lambert à l’État français. Éric Mézil commissaire de l’exposition et l’équipe de la Collection Lambert dont il est le directeur ont donc décidé de faire de cette période de fermeture imposée, un moment conjuguant art contemporain, travail de mémoire et patrimoine laissé (presque) en l’état. Ainsi est né le projet La disparition des lucioles.

Le titre emprunte à ce texte que Pasolini publia en 1975 dans le Corriere della sera, une allégorie dans lequel le cinéaste compare les lucioles, ces petits êtres luminescents épris de liberté et disparus du fait de la pollution, à des résistants face à la montée d’un nouveau fascisme celui de la fausse lumière de la télévision, du conformisme, du dépérissement de la culture et de la connaissance. Cette thématique, comme celle récurrente de la poésie et des poètes emprisonnés, de Verlaine à Jean Genet, imprègne tout le parcours de l’exposition et en fait une expérience sensible et philosophique, dans laquelle la mémoire des lieux et les œuvres-lucioles nous interrogent sur l’état du monde.

Au fil des couloirs et des portes grillagées, des cours venteuses et des cellules aux peintures écaillées rongées par l’humidité qui remonte du Rhône, il est surtout question d’enfermement, d’exclusion, de solitude et du temps qui passe. On y voit : les Policiers de Xavier Veilhan ; la Surveillance camera en marbre du dissident chinois Ai Weiwei ; la chaise électrique d’Andy Warhol ; les gueules cassées de Kader Attia ; le témoignage (spécialement recueillis pour l’exposition) de Marceline Loridan-Ivens revenant voir la cellule où elle fut incarcérée durant la guerre, avant d’être envoyée à Auschwitz avec son père Szlama Rosenberg ; les tableaux de morceaux de ciel découpé de Markus Schinwald ; la photographie d’un homme tatoué dans le dos d’un « guilty » de Douglas Gordon ; la vidéo de Kimsooja montrant, cadrage serré, une femme de dos regardant couler l’eau d’un fleuve ; ou encore ce corps emballé comme dans une camisole de force de l’ Aanéén-Genaaid de Berlinde de Bruyckere que l’on découvre à travers l’œilleton de la porte d’une cellule. Une œuvre du collectionneur italien Enea Righi, grand prêteur de l’exposition La disparition des lucioles aux côtés d’Yvon Lambert, de galeries, musées et autres collections privées.

Dans La disparition des lucioles, il est question d’espérance aussi, avec ces Hurleurs de nouvelles, photographiés par Mathieu Pernot, essayant de se faire entendre des détenus depuis l’extérieur, ces lucioles de retour sous la forme de milliers de ballons suspendus dans un couloir de 100 m de long par Philippe Parreno ou ce fil de néon rouge de Claude Lévêque, fuyant vers le fond d’un couloir plongé dans l’obscurité comme dans une caverne. Rêve platonicien de sortir vers un nouveau monde ouvert à la lumière.

Catherine Rigollet

Visuels page expo : Kiki Smith, Girl with Globe, 1998, installation dans une cellule de la prison Sainte-Anne, courtesy Galleria Raffaella Cortese. Photographies François Halard.
Markus Schinwald, Skies, 2009, huile sur toile, 12 éléments, Collection Enea Righi, Italie, courtesy de l’artiste et Yvon Lambert, Paris.