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"Une sélection des meilleures expositions en France"

Expo en France

Là où l’âme se plaît

Dans les communs du château de Tanlay, les sculptures, peintures, photographies et installations d’une quinzaine d’artistes montrent la richesse spirituelle du Bénin et la vitalité de son art contemporain

Non seulement la tenue d’une exposition d’art dans les communs du château de Tanlay tient du prodige en 2019, mais en plus cette dernière offre un bel ensemble d’art contemporain venu d’Afrique, et plus précisément du Bénin.

Pratiquement sans appui financier public sinon celui de la municipalité, Louis Deledicq, qui a dirigé le centre d’art de Tanlay pendant de nombreuses années, a réussi grâce à sa coopération avec la galerie Vallois, Paris, (avec la complicité de Valentine Plisnier) et avec le soutien d’un sponsor privé, à monter une exposition remarquable.

Les œuvres d’une quinzaine d’artistes béninois, du moins originaires du Bénin pour certains, se déploient dans les communs du château. On retrouve une installation de Prince Toffa déjà venu à Tanlay en 2016 dans l’exposition « Hommage au Bénin », cette fois environnée des photos d’Éric Bottero qui introduit dans ses clichés de mannequins de mode africains des marques de maquillage colorées qui leur donnent un aspect mystérieux et hiératique.

Une large place est faite d’emblée à l’artiste Dominique Zinkpè, avec ses huiles et ses sculptures qui occupent les deux premières salles de la visite. Suit à l’étage, une plongée dans le cœur du culte vaudou avec les photos de Catherine de Clippel qui témoigne de la fête des Revenants, qui a lieu tous les quatre ans au Bénin (là où est née précisément cette religion animiste). Le grand patchwork de drapeaux nationaux d’Edwige Aplogan, qui se déploie sur les murs extérieurs des communs, est là pour témoigner de la diaspora africaine.

Impossible d’énumérer tous les artistes exposés. Pourtant il faudrait citer la virtuosité de Didier Viodé quand il peint les corps des danseurs. On pourrait parler aussi de la puissance obsédante des dessins au stylo bille de MAKEF, de l’humour des techniques mixtes de Tchif ou du saisissant portrait à l’huile de Julien Vignikin (Sans titre, 2018).

L’accrochage est passionnant et l’exposition porte un titre qui n’est pas seulement joliment poétique mais qui est une vraie invitation à un voyage intérieur.

Marie-Ange Dutartre

Visuels : Didier Viodé, Danseurs du crépuscule (série), encre et techniques mixtes sur papier. Richard Afanou Korblah, sculptures. Julien Vignikin, masque, bois. Photos D.R.

Archives des expos en France
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Du 23 juin au 29 septembre 2019
Communs du château de Tanlay- 89430
Tous les jours, sauf mardi, de 13h à 19h
www.chateaudetanlay.fr/accueil/expo-afrique/