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Splendeurs du Maniérisme en Flandre, 1500-1575

mardi 7 mai 2013

Du 4 mai au 29 septembre 2013
Musée de Flandre
26, Grand Place - 59 670 Cassel
Tél. + 33 (0)3 59 73 45 60
Du mardi au vendredi : 10h-12h30 et 14h-18h
Le samedi et le dimanche : 10h-18h
Fermeture le lundi
http://museedeflandre.cg59.fr

 

- A lire : « Splendeurs du maniérisme en Flandre (1500-1575). Très beau catalogue reprenant tous les tableaux de l’exposition commentés, enrichis d’autres illustrations. Sous la direction de Sandrine Vézilier-Dussart. Coédition musée de Flandre et éditions Snoeck. 260 pages. 39€

 

- Cette exposition, inscrite dans la manifestation « Capitale régionale de la culture, Dunkerque 2013 », est aussi l’occasion de visiter l’un des plus beaux bâtiments flamands du Nord-Pas de Calais, l’Hôtel de la Noble Cour à Cassel, où le musée de Flandre s’est installé depuis sa réouverture en octobre 2010. Le parcours permet de découvrir la richesse de la culture flamande du XVe siècle jusqu’à aujourd’hui, soit de Joachim Patinir à Jan Fabre.

Pose serpentine des corps, élongation des membres, éclairage irréel et clarté vespérale, goût pour les textiles aux plissements exagérés, pour les juxtapositions de coloris acidulés, attrait pour la nature et les paysages imaginaires avec leur fond lointain bleuté, pour l’insolite et l’exotisme… tout ce qui fait la spécificité du maniérisme se lit, de manière plus ou moins accentuée, dans les quelques quatre-vingt dix œuvres sur bois de la peinture flamande du XVIe siècle, exposées dans Splendeurs du Maniérisme en Flandre.
Quand on entend maniérisme, on pense à l’Italie avec Pontormo et le Parmesan, à l’Espagne avec El Greco, à la France avec les fresques de Rosso et du Primatice à Fontainebleau, mais rarement à la Flandre. Et pourtant, « ce style s’est aussi développé dans la peinture flamande au début du XVIe siècle, dans un grand foisonnement artistique », soutient Sandrine Vézilier-Dussart, directrice du musée des Flandres de Cassel et commissaire de cette exposition qui a pour ambition de proposer une vision inédite du maniérisme.

Dans une scénographie élégante, au fil des salles aux murs couleur mauve, gris anthracite et jaune, on parcourt cette Renaissance flamande complexe, d’une pluralité d’expressions et d’une diversité de genres et de styles. Le maniérisme y apparaît dès le premier quart du XVIe siècle, avec ceux qui furent appelés par l’historien de l’art Max Jacob Friedländer, les maniéristes « anversois ». Si beaucoup demeurent anonymes, leur production est considérable, issue de grands ateliers qui prospèrent en même temps que se développe le port qui fait d’Anvers une ville puissante ayant pris le pas sur Bruges. Ce maniérisme est d’abord antérieur au maniérisme italien qui a débuté dans les années 1520, et parfois remis en cause en raison de cette chronologie, mais il ne manque pas de ressemblances stylistiques que l’on retrouve dans les différents genres picturaux : scènes de genre, natures mortes et paysages, qui font leur apparition en ce siècle très riche, aux côtés de la peinture religieuse (vie des saints, de la Vierge, Passion du Christ…). Des prémices que l’on découvre notamment chez Joachim Patinir, Quentin Metsys, Jan Wellens de Cock, le Maître de 1518, ou encore Albert Cornelis et son Passage des âmes, un tableau qui tout en fourmillant de créatures à la Jérôme Bosch comporte de nombreux détails maniéristes : ange au corps déhanché, paysage mêlant réalisme et imaginaire.

On sent chez les artistes une volonté de diversifier les productions sérielles et de faire preuve de prouesses techniques. C’est sans doute dans cet aspect davantage formel qu’intellectuel que le maniérisme flamand du début du XVIe siècle diffère de la maniera italienne, née en réaction à la Renaissance. Il va faire place peu à peu à un maniérisme international qui va traverser le siècle avec les artistes flamands ayant fait le voyage à Rome : Jan Gossart, Henri Met de Bles ou encore Jan Sanders van Hemessen. Son allégorie de la musique et de l’amour (voir ci-contre) constitue une œuvre maniériste frappante avec cette jeune femme à la musculature exagérément soulignée, assise au bord du lit dans une pose totalement instable. Issus pour la plupart de collections privées et inconnus du grand public, ces tableaux dévoilent l’inventivité et la diversité des peintres flamands durant le siècle de Pieter Bruegel (absent volontairement du parcours) et interrogent sur la vision linéaire de l’histoire de l’art.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Jan Sanders van Hermessen (ca.1500 – ca.1556), Musica, Allégorie de la Musique et de l’Amour. Huile sur bois, 97 x 108 cm. Collection privée. © Jacques Quecq d’Henripret.
Visuel vignette : Maître de 1537 (actif à Mechelen ? entre 1520 et 1570). Portrait de fou regardant à travers ses doigts (détail). Huile sur bois, 48,4 x 39,6 cm. Cassel, musée départemental de Flandre, inv. D.2010.5.1 © Jacques Quecq d’Henripret.