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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Le Voyage à Nantes

dimanche 7 juillet 2013

Le Voyage à Nantes 2013
Du 28 juin au 1er septembre 2013
La majorité des sites sont en accès libre
Tous les jours, de 10h à 19h
Pour les sites payants : possibilité du "Pass du Voyage" (8€ pour les adultes)
Tout au long du parcours (15 km), une ligne verte est tracée au sol
www.levoyageanantes.fr

 

Informations touristiques :
www.nantes-tourisme.com

 

- Et pour une petite fringale : direction "La Cantine du Voyage", quai des Antilles sur les bords de Loire. Sous une immense serre agricole protégée du soleil par un velum, on y partage un repas collectif, façon banquet de 300 couverts, autour de larges tables en bois brut de Wudthing, label fondé par le designer Franck Buschmann. Tous les jours, de 12h à 0h, sauf dimanche soir. Pas de réservation.

Cet été à Nantes l’art s’installe partout en ville et sur les bords de Loire. Il suffit de suivre le fil de l’eau et en ville, la ligne « verte » (clin d’œil à la Cité des Ducs, élue Capitale verte de l’Europe en 2013) tracée au sol qui nous conduit du Lieu unique à la pointe Ouest de l’île de Nantes, d’installations pérennes ou éphémères au cœur de l’espace public aux expositions dans des lieux d’art ou de patrimoine en passant par de nouveaux lieux de convivialité comme la Cantine du Voyage, quai des Antilles qui se veut un « centre culturel culinaire, vitrine vivante de la qualité de l’offre agricole de la région ».

Créé à la demande de Jean-Marc Ayrault qui fut maire de Nantes avant d’être Premier ministre, Voyage à Nantes dirigé par Jean Blaise, le créateur d’Estuaire en 2007-2009 et 2012 permet tout autant de voir des œuvres d’art, participer à des événements culturels que de re(découvrir) des sites patrimoniaux ou des points de vue.
C’est le cas, Quai des Antilles, sur l’Ile de Nantes ou la Loire semble couler par les 18 grands anneaux réalisés par Daniel Buren et Patrick Bouchain pour Estuaire 2007. Une œuvre pérenne qui offre une double perspective sur le fleuve et la ville. Felice Varini, artiste de la collection permanente Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire a entièrement investi la HAB Galerie, au hangar à Bananes avec une vingtaine d’œuvres. Dès ses débuts en 1978, l’artiste suisse s’est affranchi du cadre de la peinture pour la développer dans l’espace et sur les murs d’architectures de toutes tailles. Si on peut déambuler dans le labyrinthe de ses Suites d’éclats à grandes échelles peintes en monochrome essentiellement rouge, elles ne se découvrent vraiment qu’à partir d’un point de vue, là ou l’œuvre prend tout son sens, où apparaissent des géométries parfaites et non plus des formes étirées ou éclatées. Varini a aussi laissé sa trace dans la crypte de la cathédrale, avec des plumes blanches cette fois.
Sur l’Ile de Nantes toujours, rue de La Noue-Bras-de-Fer, Lilian Bourgeat qui s’attache à sur-dimensionner des objets du quotidien, a déroulé un monumental mètre ruban jaune dans la cour du groupe Aethica, dont le métier est justement de construire des projets immobiliers. Une création pérenne.

Dans l’ancien parc du couvent des Oblates, désormais propriété de la Ville, Helen Evans et Heiko Hansen – qui forment depuis 1999 le collectif HeHe – invitent à nous interroger sur le réchauffement climatique et l’environnement avec un triptyque constituée d’une installation sonore romantique et high-tech mêlant craquement de feu et bruits d’eau, diffusée dans le petit bois entourant le minuscule cimetière des religieuses, couplée à deux œuvres spectaculaires installées dans une fruitière et nous plongeant au cœur d’un incendie de forêt.

Place du Bouffay, Follow the Leaders, l’armée de figures solitaires et mélancoliques de l’Espagnol Isaac Cordal évoque un pays minéralisé envahi par les gravats et le béton et habité par des personnages standardisés. Composée de petites sculptures de 25 cm de haut qui prennent la forme d’archétypes de nos sociétés (business man, soldat, simple citoyen…), son œuvre stigmatise « les dérives de la société qui peuvent nous rendre esclave ».

Au château des Ducs de Bretagne, tandis que dans les douves surnagent et dérivent d’autres personnages « bétonnés » de l’artiste Isaac Cordal qui a essaimé des œuvres dans la Ville au cours d’une résidence de trois mois, Kader Attia a planté sa vidéo Open your eyes au milieu d’une salle obscure. Acquise par le FRAC des Pays de Loire en 2011, cette œuvre forte (et parfois difficilement soutenable) mêle pots cassés-réparés et gueules cassées-réparées de la Grande guerre, accompagnant fort à propos l’exposition En guerre, 1914-1918 / 1939-1945, Nantes/Saint-Nazaire, organisée par le musée d’Histoire de Nantes. Le musée des beaux-arts de Nantes a aussi sorti quelques unes de ses œuvres phares hors ses murs pour les donner à voir dans d’autres lieux. C’est le cas de l’émouvant Vielleur de Georges de La Tour, longtemps attribué à l’artiste espagnol Murillo en raison de son réalisme « d’une ignoble et effroyable vérité » et qui trône, tout fraichement restauré, dans l’Hôtel Montaudouin, lieu méconnu abritant l’étonnant Cercle Louis XVI, fondé en 1760, et toujours actif !

Le Lieu unique, ancienne biscuiterie Lefèvre-Utile devenue Scène nationale et repérable de loin grâce à son dôme, accueille Sans tambour ni trompette (jusqu’au 11 août), une exposition de sept artistes qui, autour de Roland Topor, artiste pluriel et engagé, génie d’un humour noir et surréaliste, explorent les interstices de ce qui existe (ou non), de l’autre côté de la page.

Ce passionnant et très diversifié voyage à Nantes qui sillonne la Ville se poursuit bien évident sur l’Estuaire, qui peut se parcourir toute l’année à pied, à vélo, en voiture et en bateau (croisières l’été). Treize œuvres pérennes sont réparties sur 12 communes, du Pendule de Roman Signer à Rézé, jusqu’au Serpent d’Océan de Huang Yong Ping à Saint-Brévin les Pins, en passant par la désormais célèbre Maison (engloutie) dans la Loire de Jean-Luc Courcoult sur le Canal de la Martinière ou l’Observatoire de Tadashi Kawamata à Lavau-sur-Loire, une autre immersion, dans la nature cette fois.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Les anneaux de Daniel Buren & Patrick Bouchain, Quai des Antilles, sur l’Estuaire (à proximité du Hangar à bananes). Œuvre réalisée pour estuaire 2007. Et Felice Varini, vue de l’exposition Suite d’éclats, HAB Galerie/Hangar à bananes. Voyage à Nantes, 2013. Photographie L’Agora des Arts.
Visuels page d’accueil : Œuvres de Lilian Bourgeat, Felice Varini, Isaac Cordal. Photographies L’Agora des Arts, 2013.