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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Légendes des mers. L’art de vivre à bord des paquebots

mercredi 19 juin 2013

Du 15 juin au 22 septembre 2013
Palais Lumière
Quai Albert Besson, Évian (Haute-Savoie)
Tous les jours de 10h à 19h, sauf lundi de 14h à 19h
Plein tarif : 10 €, tarif réduit : 8 €
Le billet d’entrée donne droit à une réduction de 30 % sur le prix d’entrée des expositions en cours à la Fondation Gianadda de Martigny (Suisse) : « Modigliani et l’École de Paris » (du 21 juin au 24 novembre 2013).
www.ville-evian.fr

 

- Un catalogue richement illustré, « Légendes des mers. L’art de vivre à bord des paquebots », complète agréablement l’exposition. Somogy-Editions d’art, 35 €.

 

- Une suggestion pour commencer le voyage et « se mettre dans le bain » avant la visite de l’exposition : arriver en train par Lausanne, puis traverser le lac Léman en 35 minutes à bord d’un des navires de la Compagnie générale de navigation pour débarquer à quelques encablures du Palais Lumière.
www.cgn.ch

C’est un rêve, une nostalgie, les traces d’un passé englouti... La nouvelle exposition du Palais Lumière d’ Évian, Légendes des mers, nous invite à bord des paquebots à l’époque de leur splendeur, lorsque les compagnies occidentales rivalisaient de prouesses techniques et de prestations luxueuses. Nées sous le Second Empire, les deux compagnies maritimes françaises, les Messageries maritimes et la Compagnie générale transatlantique, ont porté le savoir-faire et le savoir-vivre tricolores sur les mers du globe pendant un siècle, des premières lignes postales aux géants des mers. Cette période des « légendes des mers » s’éteignit en 1974 avec le désarmement tumultueux de France, troisième du nom.
Cette exposition, conçue par la ville d’Évian en partenariat avec l’association French Lines qui s’occupe de la sauvegarde, de la conservation et de la valorisation du patrimoine des compagnies maritimes françaises, comprend 350 pièces (affiches, dessins, maquettes, dioramas, mobilier, photos, orfèvrerie, objets publicitaires...) qui retracent l’histoire de cette aventure maritime et font revivre l’ambiance à bord, un certain art de vivre « à la française ». La grande salle du premier niveau, au rez-de-chaussée, présente les affiches de paquebots, réalisées par de grands noms de l’illustration comme Georges Taboureau dit Sandy-Hook, Paul Colin ou Cassandre (fameuse affiche de Normandie en 1935), une invitation colorée au voyage qui met la plupart du temps en avant soit l’exotisme des destinations soit la masse impressionnante de ces monstres des mers. On ne pouvait sans doute pas échapper à une référence au Titanic, même s’il ne s’agissait pas d’un paquebot battant pavillon français ! Une section « destins croisés » met en parallèle le récit manuscrit de la journaliste américaine Helen Churchill Candee, rescapée du naufrage et modèle de l’héroïne du film de Cameron, manuscrit gardé au musée des lettres et manuscrits, et le lancement du paquebot France, second du nom, le 20 avril 1912, soit six jours après la tragédie du Titanic.
Aux fastes de la Belle Époque succèdent ceux des Années folles après la parenthèse dramatique de la Grande Guerre. Ces Années folles du retour de la joie de vivre, de la vitesse et de l’exploration, du voyage et du dépaysement, où l’on croise les ombres de Morand, Cendrars ou Scott Fitzgerald... Alors que le tourisme est une « idée neuve », mais reste réservé à une clientèle de « happy few », les paquebots, ouvrages de haute technologie, se transforment aussi en vitrines flottantes des arts décoratifs, des arts de la table, des arts culinaires d’une nation. Et la France n’est pas en rade ! « Normandie, écrit Madeleine A. Dayot dans « L’Art et les artistes » lors du lancement de ce navire-amiral de la Compagnie générale transatlantique fin mai 1935, est un musée flottant de l’art français de notre temps, une création artistique de haute classe dont l’ensemble n’est égalé par aucune manifestation architecturale et décorative contemporaine. » L’orgueil national se rengorge alors que la crise économique a fini par toucher notre beau pays. Le sous-sol de l’exposition est consacré à l’étalage de ces objets précieux, de cette vaisselle raffinée, de cette argenterie fine, signées Daum, Lalique ou Christofle... Un salon de Normandie est reconstitué qui nous fait entrer dans l’intimité de la vie à bord. Parmi les menus illustrés, on s’étonne de découvrir un menu pour chiens composé de cinq plats, dont un plat végétarien, et d’un dessert ! Entre photos et uniformes, la vie de l’équipage n’est pas oubliée dans cette exposition qui se tient étonnamment à Évian, si loin de la mer, bien que l’on puisse faire un rapprochement entre l’âge d’or des paquebots et l’essor que la ville thermale a connu à la même époque, souvent avec la même clientèle. D’ailleurs, jusqu’au 3 novembre 2013, se tient l’exposition inaugurale de la Maison Gribaldi (rue du Port, tous les jours de 14h à 18h), La Belle Époque sur les rives du Léman en 200 photographies inédites.

Jean-Michel Masqué

Visuel page expo : Sandy-Hook, Antilles, Centre-Amérique. Cie Gle Transatlantique, vers 1935. Affiche
© Collection French Lines.
Visuel page d’accueil : Sandy-Hook, Brésil-Plata. Affiche (détail de l’affiche de l’exposition), circa 1920. Collection Association Musée Maritime et Portuaire, Le Havre