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Les Bas-fonds du Baroque. La Rome du vice et de la misère

Oubliez la scénographie grandiloquente de Pier Luigi Pizzi, dont on préfère le travail pour les grandes scènes lyriques ; ne vous laissez pas décourager par la foule qui se presse devant des tableaux souvent mal éclairés sur les murs trop sombres de pièces trop petites, malgré les grands miroirs réfléchissant à l’infini. (Que de regrets pour l’accrochage aéré de la plupart de ces mêmes tableaux sur les murs blancs de la Villa Médicis à Rome il y a quelques mois !
Ce n’est pas la Rome papale, avec ses pompes et ses ors, ce n’est pas la Rome aristocratique et bienséante que vous allez découvrir ici. Au contraire, vous allez entrer de plain-pied dans les bas-fonds de cette Rome interlope, salace, vulgaire, joyeuse mais dangereuse aussi, où s’ébattent dans des lieux de perdition artistes bambocheurs, femmes douteuses, amateurs de rixes, et petits ou grands escrocs de tout poil.
Environ 70 toiles, dessins et estampes d’artistes italiens et européens du 17e siècle, attirés par les fastes de la Ville Éternelle, narrent dans un clair-obscur réaliste les beuveries, les initiations, les sorcelleries et autres chiromancies dans les tavernes enfumées, ou détaillent sans pitié les scènes de violence ou de séduction dans la campagne romaine ou à l’ombre des ruines. Les grands musées européens ont prêté ces toiles explicites de Bartolomeo Manfredi, Salvatore Rosa, de Simon Vouet et Claude Lorrain, et des caravagesques de l’Europe septentrionale, pour n’en citer que quelques uns. Les gestes salaces, la fameuse « fica », y côtoient des culs nus, des trognes enluminées, des gestes vicelards, éclairés parfois par un sourire féminin fort peu honnête.
Et si l’on ne retient qu’un tableau, ce sera Le Jeune homme au chat, vers 1620, une « Vénus masculine » de Giovanni Lanfranco, dont la pose sensuelle n’a rien à envier aux nudités allongées de Titien, Goya ou Velázquez. Christine de Suède le présentait avec sa collection de nus féminins ! Beaucoup de ces tableaux ornèrent, en leur temps, les cimaises des palais des cardinaux romains, essayant de se convaincre que les représentations du vice ont des vertus moralisatrices. Tout n’est-il pas dans l’œil de celui qui regarde ?
Elisabeth Hopkins
Visuel page expo : Giovanni Lanfranco, Jeune homme nu sur un lit avec un chat, 1620-1622. Huile sur toile, 60 x 113 cm © Londres, Walpole Gallery. Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Visuel page accueil site : Anonyme caravagesque nordique (Simon Vouet ?), Homme faisant le geste de la fica, vers 1615-1625. Huile sur toile, 51 x 39 cm. Lucques, Museo Nazionale di Palazzo Mansi © Archivo fotografico Soprintendenza per i Beni Architettonici, Paesaggistici, Storici, Artistici ed Etnoantropologici per le province di Lucca e Massa Carrara.

Du 24 février au 24 mai 2015
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Tel. 01 53 43 40 00
Plein tarif : 11€
www.petitpalais.paris.fr
 
- Autour du thème des bas-fonds de la Rome baroque sont prévus un cycle de conférences d’histoire de l’art, un colloque scientifique, des projections de films le dimanche après-midi, des concerts de musique baroque à l’auditorium, des activités pédagogiques pour tous les âges avec notamment des cours de dessins, et même une salle à manger reconstituée permettant de se faire photographier à table, en costume à la mode de l’époque !

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