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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Les Diables et les Dieux

mardi 16 juin 2015, par cath

Du 13 juin au 20 septembre 2015
Communs du château de Tanlay (89)
Tous les jours, sauf mardi, de 13h à 19h
Plein tarif : 4 €
Tél. 03 86 75 76 33
www.lyonne-en-scene.com/expositions/les-diables-et-les-dieux/

Quand on est invité à découvrir une exposition intitulée « Les Diables et les Dieux », il n’est pas surprenant d’être quelque peu effrayé par la « monstruosité » des figures qui accueillent le visiteur d’autant qu’il s’agit d’œuvres du peintre suédois Bengt Lindström.
C’est par ses toiles que commence le parcours proposé par Louis Deledicq, le commissaire de l’exposition qui se tient comme chaque été dans les communs du château de Tanlay dans l’Yonne. Il nous entraîne dans un étonnant voyage à travers le temps, dans le monde des vivants et des morts, des dieux et des ogres, des devins et des cultes anciens.
Figure historique d’un éphémère courant de peinture nordiste entre 1948 et 1951 (Cobra), Bengt Lindström, disparu en 2008, met en scène dans des cadres serrés, tout un univers de têtes, de bouts de corps ou de figures fantastiques d’ogres, de diablotins et autres chimères qui peuplent la mythologie nordique qui lui était familière. Des peintures rugueuses, faites d’épais empâtements de couleurs à peine mêlées, de verts, de rouges de bleus et de jaunes plus vifs les uns que les autres. Des coulées de matière appliquée sur des toiles posées à même le sol par un artiste dont on sent tout le poids du corps jeté dans l’acte de peindre.
À l’étage, c’est une atmosphère plus apaisée mais non dénuée de force et de puissance, avec deux espaces occupés par les dessins de Barthélémy Toguo, artiste français né au Cameroun en 1967, présenté cette année à la Biennale de Venise. Il s’agit de portraits en pied, d’études de crânes, figurés à l’encre de chine très diluée ou des figures aquarellées laissant voir un visage mi humain mi animal quand ce n’est pas celui d’un diablotin un peu inquiétant.
Les deux autres salles sont occupées par deux vitrines peuplées de statues, masques et autres objets funéraires ou architecturaux en provenance d’Afrique, d’Océanie et de l’Himalaya, sous le regard de photographies retravaillées par l’artiste française Coco Fronsac, née en 1962, qui « maquille » ces portraits anciens de masques ancestraux de ces trois continents, à la gouache à partir des modèles originaux.
Enfin, dans un second bâtiment, la dernière salle de l’exposition rend hommage à Cyprien Tokoudagba (1939-2012) avec une série d’œuvres que l’artiste, originaire du Bénin, avait réalisée dans ce même lieu, à l’occasion de l’exposition « Lumière noire » en 1997.
Des peintures murales sur bois ou sur toiles tendues sur châssis figurant toutes sortes de divinités vaudous. Des silhouettes stylisées, simplifiées dans leur dessin, peintes dans une matière un peu granuleuse avec des tons unis cernés de brun, chargées d’un contenu symbolique qui nous échappe mais que l’on sent puissant.
Un moment magique qui se déroule jusqu’au 20 septembre.

Marie-Ange Dutartre

Visuels page expo : Barthélémy Toguo – Jugement dernier IX, 2010 – © Barthélémy Toguo / courtesy Galerie Lelong, Paris. Photo F. Gibert.
Bengt Lindström, Salto mortallen, 1973 - collection galerie Vallois, Paris.